Joseph Nicoles René BROCHIN, Né le 10 prairial an XIII (30/05/1805) à Jonville (Meuse)
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Daguerreotype "de labruyere" 1845 |
Joseph Nicolas René Brochin est le fils d'une famille de cultivateurs.
Appelé comme soldat de la classe 1825 au 6e régiment léger le 19/7/1828, il est promu caporal (19/7/1829), puis sergent fourrier (19/7/1830). Sergent major le 14/2/1831, puis adjudant le 3/8/1837.
Après onze ans de carrière, Brochin est promu Sous
Lieutenant le 2/6/1839, et prend les fonctions de porte-drapeau un an plus tard.
En 1841, le régiment est appelé pour faire campagne en Algérie. Brochin embarque avec le 1er bataillon sur le vaisseau " Alger " le 3/4/1841 et débarque à Oran. En mai/juin 1842, le 1er bataillon fait partie de l'expédition de Mascara et s'y se distingue en occupant l'arrière garde de la colonne. Mascara est prise le 1/6/1841. Lors du retour vers Mostaganem, le 6e léger se distingue au col d'Akh Kredda en résistant énergiquement à une nuée de cavaliers arabes qui attaquent l'arrière garde.
Durant l'été le régiment va ravitailler Mascara à deux reprises et de nouveau doit combattre à plusieurs reprises à l'arrière garde et y subit plusieurs pertes.
Brochin est promu Lieutenant le 17/7/1841 et fait de nouveau campagnes, durant lesquels son Colonel, Renault, y gagne le surnom de " Renault de l'arrière garde ". Il participe à l'expédition du Maroc et combat à Isly (1844), puis à l'expédition sur Sidi bel Abbes (1845) et dans l'Ouarsenis (1846).
Rentré en France le 1/8/1845 rejoindre le dépôt à Avignon, Brochin est promu Capitaine le 9/11/1845, ce qui nous vaut ce beau daguerréotype dédicacé à sa mère où il étrenne sa nouvelle tenue. Il a notamment posé sa nouvelle casquette d'Afrique (modèle 1840) sur la table.
Il retourne en Algérie dès le 27/11/1845 pour y continuer à faire campagne jusqu'à son retour final en France le 24/4/1848 avec son régiment qui à cette occasion reçoit un ordre du jour élogieux du commandant de la province :
Au quartier général à Oran le 9 avril 1848.
Officiers, Sous-Officiers et Soldats du 6e régiment d'infanterie légère, recevez les adieux de la garnison d'Oran.
Ce n'est pas sans émotion que je vous ai transmis les ordres qui vous rappellent dans la Patrie. Parmi les vaillants régiments qui ont soutenu, en Algérie, la réputation de l'infanterie française, vous êtes celui peut-être auquel m'a le plus souvent réuni ma destinée militaire : de loin comme de près, je vous serai toujours lié par le souvenir du danger.
Vous débarquiez à Mers-El-Kébir, il y a 7 ans, le 3 avril 1841 ; vos premières opérations se concentrèrent dans la zone d'Oran, de Mostaganem et de Mascara; vous étiez à la seconde prise de possession de cette capitale de l'Emir. Vous avez vu flotter votre drapeau sur les ruines fumantes des forts de Tegedempt et de Saïda, par lesquels il croyait avoir assuré sa puissance militaire.
Bientôt s'ouvrit cette campagne de Mascara, titre si brillant pour le jeune général qui a tant fait pour l'avenir de cette province et pour la gloire de nos armées.
Il vous souvient, soldats, de cette vie d'épreuve.... Bien grandes étaient les difficultés, mais plus grands encore furent votre discipline, votre patience, votre courage. Rien n'abattit vos coeurs intrépides, ni les marches incessantes, ni la faim, ni les neiges de Frendah.
En 1843, vous occupiez Bel-Assel et Orléansville, vous coopériez à la soumission de la vallée du Chéliff et des revers de Soumata et de Mouzaïa. En 1844, on vous voit partout, à Bel-Assel, à Mostaganem, à Zebdou, à Ain-Temouchent, à Lalla-Maghrnia, à Djemma-Ghazaoua; vous assistiez à la journée d'Isly: là, sous les regards victorieux du maréchal, nous avons vu fuir, désespérée, cette cavalerie si nombreuse et si vantée du Maroc. En 1844, quelques fanatiques tentaient une surprise sur votre garnison de Sidi-Bel-Abbès; ils y trouvèrent leur tombeau. Bientôt, passant dans la province d'Alger, vous gravissiez les pentes de l'Ouarensenis; puis vous entriez dans le Dahara, où vous avez contribué à châtier complètement des tribus insolentes et perfides. L'expédition de Delhys vint couronner tant de marches et de travaux. Depuis, rentrés dans l'Est, vous avez occupé Tlemcem et Mascara, et trois fois vous avez pris part aux courses lointaines exécutées dans le désert.
Pendant sept ans de séjour, vous vous êtes embarqués six fois. Vous avez fourni deux généraux à l'armée d'Afrique, et tous deux s'enorgueillissent de leur titre de colonel.
Vous partirez, braves Soldats du 6 Léger, avec la conscience du devoir accompli ; vous partirez animés de cet esprit d'union et d'ordre qui a toujours fait de votre régiment une famille généreuse: ce lien sacré de la discipline, qui vous a rendu si fort devant l'ennemi, vous le rapporterez intact au sein de la République. Jusqu'à ce jour, rien n'a pu l'ébranler chez vous, ni chez vos frères d'armes de la province : c'est là ce qui fait la dignité et la force de cette division et de cette noble armée d'Afrique dans laquelle seront empreints à jamais le respect des lois militaires et l'amour de la patrie.
Le Général de brigade, commandant la province d'Oran par intérim, Sign?: PÉLI?SIER.
A peine rentré d'Algérie, le régiment est dirigé sur l'armée des Alpes et se distingue dans la répression de l'insurrection de Lyon en juin 1848. Brochin est alors fait Chevalier de la Légion d'Honneur le 30/4/1849 et en reçoit la décoration le 8/7/1849.
Marié le 14/2/1851, il meurt peut de temps après, toujours en activité, le 13/7/1851.