Henri Felix Théodore JUNG. né à Paris le 12/3/1833

 

 

Fils d'un artiste peintre en fonction au dépôt de la guerre, il fait l'école de Saint Cyr en 1851, puis l'école d'état major, d'où il sort 26e sur 30 élèves ("Esprit dissipé très léger et superficiel. très faible en théorie. Officier très médiocre avec de grandes dispositions pour le dessin qu'il aime et qu'il cultive avec goût").

Lieutenant, il passe quatre années en stage d'application dans des régiments stationnés en Algérie.

Promu capitaine en 1857. En 1859, il participe à la guerre d'Italie comme aide de camp au 1er corps d'armée et recoit la légion d'honneur après Solférino. Après la guerre, il reste quelques mois supplémentaires en Italie pour effectuer des croquis des lieux des combats.. De retour en France, il est affecté au dépôt de la guerre à l'établissement de la carte de France. Entre 1862 et 1864, il est aide de camp du général Daumas commandant le 4e division militaire. En 1864, il retourne au dépôt de la guerre et y effectue des études historiques. Ses recherches historiques et ses réflexions critiques sur l'armée ne lui donnent pas la faveur de ses supérieurs dans une armée du Second Empire où les travaux intellectuels sont mal vus. Cependant, entre 1866 et 1870, l'armée sort un peu de sa torpeur et, avec son nouveau chef, le colonel Lewal, il tente de mettre sur pied un service de renseignement militaire. Au déclanchement de la guerre de 70, il est envoyé à la frontiere pour monter, dans l'improvisation, un service de renseignement sur les activités de l'ennemi, puis il est affecté à Metz où il va subit la capitulation de l'armée.
De retour en France, il se lie avec les Républicains et sa carrière en est affectée.  En 1871, il est muté à l'état major du 7e corps d'armée, alors qu'il avait souhaité un poste au dépôt de la guerre. Il s'attire ensuite de nombreux blâmes pour ses participations à des articles publiés et est muté à Lille en 1874. Il lui faut attendre 17 ans de grade de capitaine avant d'être nommé chef d'escadron.

En 1879, avec la prise de pouvoir des Républicains, sa carrière s'accélère enfin et il est nommé sous chef du cabinet du général Farre, nouveau ministre de la guerre, puis Lieutenant Colonel en 1880. En 1880, à la supression du corps de l'état major, il est affecté  dans l'artillerie, arme pour laquelle il n'a aucun goût. En 1880, il est compromis dans l'affaire du général de Cissey, ce dernier étant accusé d'avoir livré des secrets à une espionne autrichienne, qui est l'ex femme de Jung. L'affaire se conclut par un non lieu. Jung, qui a été muté au 14e régiment d'artillerie, est envoyé en mission à la frontière espagnole pour le compte des affaires etrangères.

Promu colonel en 1883, il est nommé directeur à Brest. Pendant deux années il fait toutes les démarches pour revenir à Paris. Ces dernières aboutissent enfin lorsqu'il est nommé le 10/1/1886, chef de cabinet du nouveau ministre de la guerre, le général Boulanger. Cette nomination le laisse au centre des intrigues politiques et à la demission de Boulanger.

Jung doit quitter Paris. Promu général de brigade le 23/7/1887, il est nommé gouverneur de Dunkerque.

En 1893, il est mis à la retraite avec le grade de général de division et entame une carrière politique comme député de Dunkerque. La campagne electorale est violente, puisqu'il se bat en duel avec son adversaire. Elu, il siège durant trois ans sur les bancs républicains. Il est mort le 3/10/1896.

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