Jean Jules BOUSSON, né le 13/3/1834 à Vincennes

Jean Jules Bousson est le fils d'un colonel d'artillerie. Elève de l'école de Saint Cyr (promotion de l'Empire 1852-1854 dont il sort classé 69e sur 279), il fait partie de la section de cavalerie. Il est nommé Sous Lieutenant le 1/10/1854 au 2e régiment de carabiniers, régiment auquel sa grande taille (1m91) le prédestinait. Après un bref passage au 2e régiment des Cuirassiers de la Garde (juin 1856-janvier 1857), il passe à l'escadron des Cent Gardes de l'Empereur.

Nommé Lieutenant le 14/3/1859, il participe à la campagne d'Italie, puis en novembe 1860, il fait partie de l'escadron d'escorte de l'Empereur, lors de la visite de Napoléon III en Algérie.

Nommé Capitaine le 12/8/1861, il est capitaine adjudant major, puis commandant d'un escadron en 1865. Sa position dans cette unité d'élite lui permet d'acquerir quelques décorations étrangères (chevalier de l'Ordre de Saint Maurice et Lazare, du Nicham Iftikar et de l'Ordre de Saint Anne de Russie), mais surtout de bénéficier des faveurs impériales pour un avancement plus rapide, d'autant que notre officier est bien noté par ses supérieurs :

- Le type d'officier de grosse cavalerie. Homme du monde et de bonne compagnie. Sujet hors ligne sous tous les rapports" (note de 1864).
- Vrai type de l'homme de guerre. Officier complet sous tous les rapports. Physique superbe. Caractère parfait. Sera toujours à la hauteur des toutes les positions que l'avenir lui reserve." (note de1867).

Capitaine de l'escadron des Cent-Gardes
Photo Crémière (Paris)

 

Ainsi, le 10/8/1868, après seulement sept ans d'anciennenté comme Capitaine (et 14 ans après être sorti de Saint Cyr), il est promu Chef d'escadrons au 4e chasseurs à cheval. Il rejoint alors son régiment récemment revenu d'un séjour en Algérie.
Au déclanchement de la guerre de 1870, le commandant Bousson commande les deux premiers escadrons du régiment, affecté au 2e Corps d'armée du général Frossard.
Engagé une première fois à Forbach le 6 aout, le régiment subit de légères pertes, avant d'assiter le 16 aout à la bataille de Rezonville où un de ses escadrons doit charger des hussards prussiens qui menacent d'enlever le Maréchal Bazaine. Après la défaite de Saint Privat, le 4e régiments de chasseurs, avec l'ensemble de l'armée de Bazaine, va s'enfermer dans Metz. Pour son attitude durant ces jours de guerre, et notamment à Forbach, Bousson est nommé chevalier de la Légion d'Honneur le 19/8/1870.
Lors du siège de Metz, il se fait photographier chez le photographe Bourens, peu avant la capitulation de la place et son départ en captivité à Hambourg.

Chef d'escadrons à Metz en octobre 1870
Photo Bourens (Metz)

Durant sa captivité, le 2/12/1870, le commandant Bousson signe la protestation des officiers français internés en Allemagne contre la restauration de l'Empire :
"A M. le rédacteur en chef de L'Indépendance.
Pendant que notre pays fait des efforts énergiques pour repousser l'étranger, le parti bonapartiste cherche à fomenter la dissension par le bruit d'une restauration impériale, secondée par l'armée française prisonnière en Allemagne.
Nous, prisonniers de guerre, nous protestons contre de pareilles manoeuvre, et nous déclarons que nous ne nous associerons jamais, ni maintenant, ni plus tard, à une entreprise de ce genre, contre la volonté de la nation.
Nous avons l'honneur de vous prier de vouloir bien insérer cette protestation."

Cette déclaration plutôt étonnante pour un officier ayant servi plusieurs années à l'escadron des Cent-Gardes va durant quelques temps porter un coup d'arrêt à sa carrière.
Ainsi revenu en France en avril 1871, Bousson retrouve son régiment qui est reconstitué à Tarascon. Lors de la première inspection de la troupe en 1872, le général Bonnemains rédige une appréciation très négative :
"M. le commandant Bousson avait 34 ans quand il a été nomme chef d'escadrons. Il avait fait tout son avancement aux Cent-Gardes. Néanmoins, il a été l'un des premiers à signer des protestations contre le gouvernement tombé. Hélas ! est-ce de la nonchalance, est-ce de l'insouciance, est-ce de l'incapacité ? Cet officier fait preuve de bien peu d'intelligence.
Je l'ai trouvé sans chevaux, démonté depuis 18 mois, depuis sa rentrée de captivité. Il trouvait cela tout naturel. Il est vrai que son Colonel qui le premier n'aurait pas dû le souffrir, lui en donnait le même mauvais exemple. Devant un ordre formel de ma part, il a demandé dès le lendemain à prendre à titre onéreux l'un des chevaux du régiment. Le peu que j'ai pu le voir sur le terrain de manoeuvre, il s'en est tiré assez bien. On dit qu'il s'est bien conduit durant la campagne. M.Bousson est ridicule par son physique dans la cavalerie légère."
.
Le commandant Bousson va alors végéter plusieurs années dans son grade, malgré des notes positives de ses chefs de corps : "M le Commandant Bousson est le plus ancien des chefs d'escadrons et il serait à désirer qu'on oublie enfin le moment d'erreur qu'il a eu pendant sa captivité. Je le demande avec insistance. C'est un officier rempli du désir de bien faire, intelligent, travailleur et zêlé. Conduite très bonne, instruction générale et militaire des plus complètes. En somme très bon officier. On ne saurait trop le recommander. cavalier hors ligne." (note de 1878)

Toujours Chef d'escadrons
Photo Grand (Montpellier)

La délivrance arrive le 1/11/1879 : Bousson est promu Lieutenant Colonel et rejoint le 3e régiment de cuirassiers, une troupe plus à sa mesure...

Dès lors sa carrière reprend un cours plus normal. Il est promu Colonel le 13/7/1884, au 8e régiment de dragons, puis au 7e cuirassiers. Ses notes restent bonnes, même si certaines remarques mettent en évidence une diminution du feu sacré :
"Esprit fin, caractère bienveillant avec fermeté. Au courant des devoirs professionnels, dont il s'aquitte régulièrement, cavalier vigoureux. M le Colonel Bousson présente un bon ensemble des qualités désirables chez un chef de corps. Tempérament tranquille qu'on voudrait parfois sentir plus vivement animé de cette ardeur communicative si précieuse chez un colonel de cavalerie" (note de 1885).

Le 7/11/1890, le Colonel Bousson est nommé commandant par interim de la brigade de cavalerie du 13e corps d'armée à Moulins, position qui est confirmée par sa promotion comme Général Brigadele 28/10/1891. Il reçoit cette même année la croix d'Officier de la Légion d'Honneur.

Général, enfin...
Photo (Moulins)

Il est nommé commandeur de la légion d'honneur le 30/12/1895, peu avant son passage au cadre de reserve.

Il meurt à Paris le 3/9/1906.

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