Pierre Simon Bugeaud
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Photo Le Roch (Saumur) |
Né le 23/11/1836 à Juvénie (Dordogne), c'est le fils de Jacques Bugeaud, parent du marechal de France.
Pierre Simon est reçu à l'école de Saint Cyr en 1856. Il en sort 41e (sur 298 élèves), mais premier classé des cavaliers. Nommé Sous Lieutenant le 1/10/1858 (promotion de Djurjurah), il est affecté au 2e régiment de chasseurs d'Afrique.
Il sert donc en Algérie en 1858 et 1859, avant de participer à la campagne d'Italie.
Bugeaud retourne en Algérie avec son régiment et va y servir sans discontinuer jusqu'en 1867.
Il est nommé Lieutenant le 12/8/1864, puis Capitaine en octobre 1867.
Durant cette période, il reçoit des notes élogieuses de ses supérieurs :
"Officier de cavalerie modèle. Possède les plus belles qualités militaires. Plein d'énergie et de bravoure. Brillant et vigoureux cavalier. Aime et connait le cheval. Sait son métier à fond. caractère ferme et loyal. Instruit, très intelligent et capable. Officier à pousser (Général Legrand)"
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Photo Dupont (Oran) |
En octobre 1867, il rejoint l'école de Saumur pour suivre les cours de Lieutenant d'instruction. Mais durant sa formation, il est victime d'un grave accident et d'une fracture des deux malléoles de la jambe droite, qui l'oblige à interrompre sa formation et passe la fin de l'année 1869 en convalescence.
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Photo Le Roch (Saumur) |
Revenu en Algérie, il dirige l'escadron du 2e chasseurs d'Afrique qui fait l'expédition de l'oued Guir sous le commandement du général Wimpfen. En 1870, il est une nouvelle fois noté favorablement :
"Officier remarquable sous tous les rapports. Distinction en toutes choses. Cavalier accompli, ne peut manquer de faire son chemin. Commande bien et avec fermeté. fera un brillant officier supérieur de cavalerie et honneur au nom qu'il porte. (Général Ameil)"
Envoyé en France pour la guerre de 1870, son régiment sert à la division de cavalerie du général du Barail, puis au 6e corps de l'armée de Metz. Il est fait prisonnier par les allemands à la capitulation de Metz (le 29/10/1870) et libéré en avril 1871..
Après la guerre de 70, il rejoint son régiment et retourne en Algérie où il reçoit la croix de la Légion d'Honneur en novembre 1872. Ayant permuté avec un officier de métropole, il est alors nommé au 20e régiment de Dragons en France.Le 21/2/1876, il est nommé Chef d'escadron, toujours en poste au 20e régiment de dragons, dont il occupe la fonction de Major durant deux ans. Un grave maladie le tient éloigné quelques temps de ses fonctions, ce qui ne l'empeche pas de reçevoir de bonnes notes ("Officier supérieur recommandables à tous égards. Excellent homme, très bon camarade, très bon militaire. Aimé et estimé de tous").
Pierre Simon Bugeaud est promu Lieutenant colonel au 9e régiment de chasseurs à cheval le 30/12/1881.
Il meurt le 23/6/1884 dans des cisconstances dramatiques décrites dans un PV de gendarmerie :
Aujourd'hui, 23/6/1884 à 02h00 du soir, nous soussignés, Versini (Antoine Dominique), brigadier, Baux (Joseph) et Prat (Paul) gendarmes à pied à la résidence de Béziers (département de l'Hérault), revêtus de notre uniforme et conformément aux ordres de nos chefs, certifions que ce jour à 05h30 du matin, avons été informés que Monsieur Bugeaud (Siméon), lieutenant-colonel au 9e régiment de chasseur en garnison à Béziers, venait de se suicider en se tirant un coup de revolver dans la bouche.
Après nous être assurés du fait, nous avons fait prévenir notre capitaine et Monsieur le procureur de la République, qui se sont rendus au domicile du suicidé, avenue de Pézenas, numéro 121. En attendant leur arrivée, nous avons constaté que rien dans les appartements n'avait été dérangé, que sur une table se trouvait un billet écrit et signé de sa main contenant les mots suivants. Auguste Crouzillard Juvénie " Je veux être enterré à Saint-Yrès ou à Toussac, ton oncle qui t'embrasse ". Bugeaud. Ce billet nous a confirmé qu'il s'était suicidé.
Monsieur le médecin major du régiment a constaté que la mort avait été instantanée et avait eu lieu vers les 4 h du matin, que l'infortuné avait le cerveau attaqué depuis 2 jours et qu'il aurait succombé dans les 8 jours.
Monsieur Périgord de Villechenon, Colonel, nous a déclaré qu'ayant remarqué la veille un grand égarement d'esprit chez son lieutenant-colonel, avait prescrit à son ordonnance de décharger toutes les armes et de cacher les cartouches de ce dernier.
Monsieur Baudry (Jules), âgé de 23 ans, cavalier au dit régiment, déclare s'être conformé aux dires de son colonel, avoir caché toutes les cartouches et déchargé le revolver de poche avec lequel il s'est suicidé. Que vers 01h00 du matin, il était venu dans sa chambre pour lui demander s'il avait besoin de quelque chose, qu'il lui avait répondu " non, je suis allé assez tranquille, allez vous coucher " et qu'il n'avait pas entendu la détonation de l'arme à feu. Qu'il était rentré dans la chambre vers 05h00 du matin pour prendre ses ordres, mais en voyant qu'il rendait le sang par la bouche, tenant le revolver dans la main droite, il avait été épouvanté et il était accouru prévenir le médecin major et Monsieur le Colonel, mais celui-là n'a pu que constater la mort et qu'il a dit qu'il n'était pas étonné. De la suite des événements, Monsieur le procureur de la République a ordonné la mise des scellés qui a eu lieu en présence d'un chef d'escadron du 2e régiment de chasseurs et de Monsieur le Maire de Béziers. En foi de quoi nous avons dressé le présent en triple copie.
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