Joseph valéry CARLLIER Né le 1/1/1827 à Festieux (Aisne)
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Photo Gabriel Blaise (Tours) |
Joseph Carllier est le fils d'un vannier. Appelé de la classe 1847, il rejoint le 39e régiment d'infanterie le 27/4/1849, comme fusilier, le régiment occupant la garnison de Paris, puis Bourg en Bresse et Lyon en 1860.
Plutôt de grande taille (son état signalétique indique 1m72), il passe dans une compagnie de grenadiers où il est nommé caporal en octobre 1851. L'historique du régiment indique qu'il participe à la repression des journées de juin 1848. Mais les états de service de Carllier ne mentionne pas sa participation.
Il est nommé sergent le 5/1/1853. À cette date le régiment est en garnison à Nîmes.
En mars 1854, au déclenchement de la guerre de Crimée, le régiment est mis sur le pied de guerre et affecte à la 4e division de l'armée d'Orient.
Carllier embarque à Toulon avec le 2e bataillon le 11/5/1854 et rejoint Gallipoli à la fin mai. Fin juin le bataillon qui a été rejoint par le 1er, se rassemble à Varna où il subit de plein fouet l'épidémie de cholera qui lui enlève deux officiers et 500 hommes. Le 39e régiment débarque en Crimée à Eupatoria en septembre.
Le 39e de ligne est alors engagée à la bataille de l'Alma, decrite ainsi dans l'historique régimentaire :
"Les troupes du général, Canrobert arrivent au pied des hauteurs que bordent l'ennemi, posent leur sac à terre et ses lancent sur ces pentes difficiles. Parvenues au sommet, elles sont reçues par un feu violent mais s'accrochent à la position et s'y maintiennent. La situation est des plus critiques, il faut absolument vaincre la résistance de l'ennemi. Le Maréchal engage sa réserve.
Le trente-neuvième ayant à sa tête le général d'Aurelles et le colonel Beuret, franchit l'Alma aux cris de " vive l'empereur ". Un silence de mort succède brusquement à ses clameurs. On sent qu'une résolution suprême est au cœur de chaque soldat. On arrive au pied des pentes qui semblent inabordables. Le 39e, les gravit en colonnes serrées et sentir un coup de fusil.
Une fois sur le plateau, le régiment se trouve en face des réserves d'infanterie russe qui se sont formées en un grand carré. Appuyée au point saillant du Télégraphe, l'artillerie russe tire à la mitraille. Le 39e essuie sans broncher cette pluie de projectiles, se déploie rapidement et en ordre, puis, au moment où notre artillerie atteint le plateau, s'ébranle en poussant des hourras. Le colonel, Beuret à la tête de son régiment, l'entraîne vers le Télégraphe. On se précipite sur les batteries ennemies qui n'ont que le temps de retirer leurs pièces, puis sur le carré russe qui, rompu, s'enfuit en laissant une longue traînée de blessés et de morts. Le sous-lieutenant Poidevin plante le drapeau du 39e sur le Belvédère, mais au milieu de cette mitraille, il est frappé à mort. Le colonel lui prend le drapeau des mains et le confie au sous-lieutenant Véro. Le Télégraphe, véritable clé de la position, est à nous. La bataille est gagnée au cri enthousiaste de vive l'empereur. À 04h00, toute l'armée russe est en retraite sur Sébastopol."
S'ensuit le siège de Sébastopol où le 26/11/1854, le sergent Carllier est blessé d'un coup de feu à la jambe droite.
Carllier rentre en France le 15 janvier, puis retourne en Crimée au mois de juin suivant avec des renforts du régiments. Il echappe ainsi à l'assaut manqué du 18/6/1855 durant lequel le 39e régiment subit des pertes importantes (13 tues et 214 blessés).
En septembre le régiment participe à la prise de Sébastopol en attaquant le bastion central.
Carllier est décoré de l'ordre du Medjidie de Turquie à la fin 1855, puis quitte définitivement la presqu'île en décembre 1855.
Il s'est entre-temps rengage pour cinq ans en août 1855. De retour en France, il est nommé sergent major vaguemestre en 1857 et reçoit la médaille militaire le 15/8/1860.
Le 28/12/1861, il renouvelle son engagement pour trois années de plus.
Promu adjudant en janvier 1864, en décembre 1864, il complète son engagement pour deux nouvelles années.
Sous officier méritant Carllier est promu sous lieutenant en janvier 1865 et rejoint comme officier le 34eRI.
Le 24/7/70 à la déclaration de guerre, il est promu Lieutenant Il est fait prisonnier à Sedan et interne à Erfurt jusqu'en avril 1871.
Promu Capitaine le 13/5/1875, il passe au 49e RI
Décore de la légion d'honneur le 3/8/1875, il prend sa retraite en juillet 1879 et se retire dans son village natal. Il est mort le 4/3/1907 à Reims, célibataire.