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Antoine de Vézins est le petit fils, par sa mère, du Maréchal Oudinot. Il est né à l'hôtel des Invalides dont son grand père était Gouverneur.
Il fait Saint Cyr (promotion de Puébla, 1862-1864) et est nommé sous lieutenant le 1/10/1864 au 93e de ligne.
Au déclanchement de la guerre de 1870, il est lieutenant au 93e RI, régiment faisant partie du 6e Corps d'armée. Le 16 aout, il est engagé lors de la bataille de Rezonville.
Dans l'ouvrage "Français et Allemands" Dick de Lonlay décrit la mort du lieutenant :
" de Levezou de Vezins, un des plus beaux officiers de l'armée, était
profondément royaliste ; jamais, pour rien au monde, on ne lui eût fait chanter
au régiment la Marseillaise.
Le 16 aout, il commandait sa compagnie car son
capitaine remplissait les fonctions de major et le colonel avait fait rester ce
dernier en arrière avec les bagages et le convoi. Dans cette situation de Vézins
eut cette conscience de se dire qu'après tout on doit, à certains moments,
mettre tout en oeuvre pour tirer de ses hommes le summum de l'entrain et du
dévouement. Aussi, loyalement convaincu qu'un chant partriotique comme la
Marseillaise a toujours un certain effet sur le coeur du soldat, il se mit à
entonner à pleine voix, en marche, le sabre haut, le premier couplet de cet
hymne.
A peine achève-t-il ce couplet qu'il tombe, la jambe fracassée par un
éclat d'obus. Il essaie de se soulever, mais presqu'aussitôt il est frappé par
une balle à la tête et par une seconde en pleine poitrine.
Ses soldats se précipitent et veulent l'emporter à l'ambulance : "non, non, mes amis leur dit-il, ne quittez pas vos rangs, j'ai peu d'instants à vivre". Son sergent major Morel s'approche et lui demande ses ordres : "Morel, lui dit le mourant, ne vous occupez pas de moi ; c'est à vous que revient le commandement de la compagnie, puisqu'il n'y a plus d'officiers. Prenez le et marchez à l'ennemi, mais avant je vous prie de recevoir cette montre et cet anneau. Vous remettrez l'un et l'autre à ma mère et vous lui direz que je meurs en soldat et en chretien." Le pauvre Morel, qui pleurait à chaudes larmes, serra une dernière fois la main à son officier et reçut les objets qu'au retour de la captivité, il remit religieusement à Mme Levezou de Vézins.

Un anneau qui fit bien
pleurer une mère...
Vers la fin de 1871, le père du lieutenent de Lévezou de Vézins vint
passer quelques jours à St Etienne où le 93e de ligne était en garnison,
éprouvant, disait-il, le besoin de se retrouver dans l'atmosphère, dans la
famille militaire, où avait vécu son fils.
Il manifesta le regret de n'avoir pu
retrouver le corps de son enfant, malgré toutes ses recherches. Deux soldats du
régiment, ayant entendu parler de cela, vinrent le trouver et lui dirent
:"Monsieur, nous savons où repose votre fils. C'est nous qui l'avons enterré,
étant avec lui à l'ambulance de Vionville. Nous avions tenu à ce que ce fût nous
qui l'enterrions, parceque c'était un officier de notre régiment." Ces deux
hommes étaient libérables et allaient quitter le régiment. M. de Vézins père les
conduisit à Metz et ces braves gens déterrèrent le cadavre de leur lieutenant
qui était parfaitement conservé. On l'emporta au chateau de Caylus, près de
Montauban, où, après lui avoir rendu des devoirs solennels, on
l'inhuma."
La famille fera plus tard ériger une stèle sur le lieu de sa mort.

La stèle de Levezou sur
le champ de bataille de Rezonville (photo gérard Schutz)