Auguste Hilarion ALLEMAN né le 29/7/1824 à Joncquière (Hérault)

Photo Delarue (camp de Chalons)

 

Ne le 29/7/1823 à Joncquiere (Hérault), Auguste Hilarion rentre dans l'armée en 1850, comme remplaçant du sieur Leloup Étienne. À cette date, il réside à Versailles et exerce la peu courante profession d'artiste dramatique, avec peu de succès probablement, ce qui expliquerait qu'il ait choisi une carrière militaire à 27 ans.
Il est alors incorporé au 4e régiment d'infanterie le 31/1/1851. Nommé caporal en novembre 1852, puis sergent en janvier 1855, la carrière militaire semble lui convenir car il se rengage pour 7 ans au début de 1857.
A peine ayant débarqué pour rejoindre son régiment en Algérie en mai 1859, il est informé du décret du 2/5/1859, créant deux nouveaux régiments pour la campagne de Chine (les 101e et 102e). Le 4e régiment doit fournir un cadre de compagnie, 10 grenadiers, 10 voltigeurs et 80 fusiliers. Alleman en fait partie et doit rembarquer pour la France en juin 1859. Il rejoint le nouveau régiment au camp de Sathonay proche de Lyon, comme sergent d'une compagnie de grenadiers.

Alleman embarque pour la Chine en décembre 1859 et suit toutes les péripéties de la campagne. Il a notamment l'occasion de se signaler lors de la journée du 18/9/1860 sur la route de Pékin. Alleman est désigné pour faire partie d'un détachement d'élite de 80 hommes du régiment chargé d'accompagner un colonne escortant l'ambassadeur de France en route pour négocier les conditions de paix à Pékin. Celle-ci, arrêtée sur la route par une armée de 2000 tartares, force le passage. Le détachement du 101e prend le village de Yat-Sou, ainsi que deux canons. Alleman est cité à l'ordre de l'armée pour sa belle conduite et reçoit la médaille militaire.
Après la fin des opérations en Chine (victoire de Palikao, occupation de Pekin), il embarque pour servir en Cochinchine avec le 2e bataillon du 101e. Débarqué à Saïgon le 21/4/1861, le bataillon fait plusieurs colonnes, avant de rentrer en France en avril 1862.

À la dissolution des régiments envoyés pour faire campagne en extrême orient, le sergent Alleman est affecté au 12e régiment d'infanterie qu'il rejoint le 7/5/1862 au Camp de Chalons où il fait réaliser cette photographie. Portant ses décorations, notre sous-officier semble amaigri, possiblement une conséquence du climat asiatique mal supporté.

Rengagé de nouveau, Alleman est nommé sergent d'une compagnie de grenadiers et suit le régiment envoyé en Algérie en mai 1864 pour mater l'insurrection. Alleman débarque à Mostaganem avec son régiment qui rejoint alors immédiatement Relizane et va faire colonne au coeur de l'insurrection de la province d'Oran. Début juin, une colonne est formée est va construire une redoute à Dar-Ben-Abd-Allah, centre des opérations. Le 5 juin, la tribu insurgée des Flita, qui harcelle les français, l'attaque avec une dizaine de millier d'insurgés, laissant sur le terrain 5 à 600 victimes.
Le 16 juin la marche reprend et la colonne est de nouveau attaquée, le 12e RI subissant quelques pertes. Il manque de succomber à la soif durant le difficile marche, ne devant son salut qu'au ravitaillement providentiel effectué par le 1er régiment de Hussards. Les Flita font finalement leur soumission fin juin.

Peut être encore usé par une maladie contractée en Asie, le climat de l'Algerie lui est encore moins favorable, car il meurt le 27/6/1867 à l'hôpital de Mascara.

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