Charles Raimond de Coynart né le 10/3/1806 à Dreux

Photo Bisson frères (Paris)

Biographie tirée du "Panthéon de la Légion d'Honneur"

Fils, d'une famille dont les ancêtres avaient figuré avec honneur dès le commencement du XVIe siècle aux Parlements de Toulouse et de Paris. Un membre de cette famille, intendant de Bretagne en 1576, mit au service d'Henri IV une partie de sa fortune pour l'aider à conquérir son royaume. Le père de Charles Raymond, blessé aux Tuileries, le 10 août, en défendant le roi, fidèle aux mêmes traditions de sa famille, mit aussi sa fortune au service de la maison de France, en levant à ses frais dans l'Ouest une petite armée de partisans.

Désireux de suivre la carrière des armes comme son père, son aïeul et son bisaïeul, il se présenta aux examens de l'école spéciale militaire où il fut admis le 1er octobre 1824 à l'âge de 18 ans.
Sorti de Saint-Cyr un des premiers de sa promotion en 1826, il passa à l'École d'application d'état-major le 1 er janvier 1827 et quitta cette école en 1829, le deuxième de sa promotion.
Nommé sous-lieutenant détaché au 9e de chasseurs à cheval, à Arras, il fut nommé lieutenant aide-major d'état-major le 1er octobre 1830 au 13e léger et détaché de son régiment pour les travaux de la carte de France.
Promu capitaine le 2 janvier 1833, il s'adonna à ces travaux avec le zèle, l'ardeur et la conscience qu'il mettait à tout ce qui concernait le métier militaire ; aussi fut-il bientôt considéré comme un des meilleurs officiers topographes et reçut-il à diverses reprises des témoignages de satisfaction du ministre de la guerre.
Lorsque les chemins de fer commencèrent à faire leur apparition en Europe, M. de Coynart, frappé de leur utilité pour le transport rapide des troupes et du matériel de guerre, écrivit sur cette question des articles qui attirèrent l'attention des chefs de l'armée et le firent désigner pour remplir une mission des plus importantes. Il reçut l'ordre de voyager chez les puissances de l'Europe qui appliquaient le système des voies ferrées, afin de rendre compte des enseignements que l'on en pouvait tirer, au point de vue de la guerre. Bientôt on le nomma d'une commission chargée de faire un règlement pour le transport par les chemins de fer, l'embarquement et le débarquement des hommes, des chevaux, du matériel et des munitions. Le capitaine de Coynart fut l'âme de celte commission et rédigea une théorie encore en vigueur aujourd'hui. Lui-même fut bientôt appelé à en faire l'application lors de la guerre de Crimée d'abord, puis pour celle d'Italie.

En 1847, M. de Coynart fut appelé à la section historique du Dépôt de la guerre, où sa place était marquée, par suite de ses études et des travaux qu'il avait publiés dans différents recueils et principalement dans la grande revue militaire intitulée le Spectateur militaire.

Chevalier de la Légion d'honneur le 22 avril 1847, chef d'escadron en 1851, officier de la Légion d'honneur le 24 décembre 1855, il fut promu lieutenant-colonel en 1850, en récompense des services rendus par lui à l'armée d'Italie en organisant les transports nécessités par cette campagne. Le lieutenant-colonel de Coynart fut placé à la tête de la section historique du Dépôt de la guerre.

Admis à la retraite par limite d'âge le 21 mai 1864, il se livra entièrement à des travaux archéologiques. Reçu à cause de ses études à l'académie de Dijon, à la commission de la carte des Gaules, à celle des antiquités de la Côte-d'Or, il vint fixer sa résidence à Dijon, continua à se livrer à des recherches scientifiques importantes et à publier des ouvrages qui l'ont classé au nombre des auteurs militaires les plus érudits. Il est mort le 22 mai 1880 emportant l'estime et l'amitié de tous ceux qui ont été en relations avec lui.
Conteur aimable, savant modeste, véritable et sans prétention, toujours prêt à rendre service, il a été regretté surtout à Dijon où il était apprécié de tout le monde. Ses principales publications, dont le nombre est considérable, sont : Études historiques topographiques et militaires sur la cité gauloise d'Alésia, parues dans le Spectateur militaire du 15 novembre 1856. - Le siège d'Alésia (15 février 1857. ) L'Alésia de César laissée à sa place (15 décembre 1857) - Note sur le combat qui a précédé le siège d'Alésia. Note sur les hipposandales. - Examen du mémoire intitulé : Étude sur la bataille qui a précédé le blocus d'Alésia. Un travail sur l'ensemble des opérations de la guerre de la sécession d'Amérique, travail fort apprécié par les militaires instruits ; enfin un fragment d'histoire sur la guerre de 1870, dans le département de la Côte-d'Or, intitulé La guerre à Dijon. On trouve dans ce dernier récit de M. de Coynart, des observations critiques très justes sur le rôle des gardes nationaux mobilisés, sur les francs-tireurs et sur les corps irréguliers.

M. Charles Raymond de Coynard était commandeur de 2 e classe de Philippe-le-Magnanime, chevalier de Dannbrog et des Saints-Maurice et Lazare. Il était aussi officier de l'instruction publique.

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