Jean Etienne DUMAS, né le 20/4/1824 à Avignon
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Photo Crespon (Nîmes) |
Dumas Jean Étienne est né le 20/4/1824 à Avignon, d'un père ouvrier en soie.
Il entre au service au 3e RI le 23/6/1845, et passe caporal deux ans plus tard.
En décembre 1851, le 3e régiment est en garnison à Paris, il est alors engagé dans les opérations de répressions de l'insurrection des parisiens opposés au coup d'Etat. Il y subit quelques pertes dans les journées où il prend notamment quelques barricades. Dumas inscrit une premiere campagne sur ses États de services (" Paris 1851 "), il en aura d'autres, plus glorieuses pour le drapeau français.
Ayant réussi un concours en 1853, il est nommé chef de musique sur le vaisseau " Le Montebello " en octobre 1853. Ce vaisseau mixte (voile et vapeur) est affecté à l'escadre de Méditerranée pour les opérations contre la Russie en 1854. Dumas qui a échappé à l'épidémie de choléra qui touche durement la flotte en Mer Noire, accompagne son vaisseau qui porte le pavillon de l'amiral Bruat, pour débarquer puis soutenir les opérations de l'armée en Crimée, notamment lors du bombardement infructueux de la marine sur les fortifications de Sébastopol le 17/10/1854.
Il a ainsi l'occasion de diriger la musique du navire devant tous les officiers de l'escadre lors de la cérémonie du transfert le 2/2/1855 d'un tableau représentant la Vierge offert par l'Empereur, transféré du vaisseau " Ville de Paris " vers " Le Montebello " lors de la réorganisation de l'escadre qui voit Bruat prendre le commandement de la flotte française.
La flotte n'est pas engagée lors de la prise Sébastopol le 8 septembre, mais son rôle est de nouveau mis en lumière lors de l'expédition et la prise de Kinburn au débouché du Dniepr, le 17 octobre 1855, premier engagement de navires cuirassés de la France. Techniquement dépassé, le vaisseau " Le Montebello " sera désarmé après la campagne mais servira encore quelques années de vaisseau école.
Dumas quitte son poste de musicien de la marine et est nommé le 7/11/1855 sergent au 1er régiment de la Légion étrangère, toujours en Crimée. En février de l'année suivante, il y est nommé musicien de 1ere classe, puis sous chef de musique le 7 mars. Peu avant le rembarquement des troupes pour la France, il passe au 6e régiment de ligne. Il revient aussi décoré de la médaille commémorative britannique de la campagne.
En septembre 1858, il est nommé au 2e régiment des grenadiers de la Garde, mais ne fait pas partie des troupes envoyées en Italie. Peut être déçu de n'a pas être parti en campagne, il se porte volontaire lors de la constitution du corps expéditionnaire envoyé en Chine. Il est alors nommé le 25/11/1859, chef de musique du 101e régiment d'infanterie, régiment spécifiquement créé pour cette campagne. Dumas quitte une nouvelle fois la France, cette fois pour l'extrême Orient et participe à toutes les péripéties de la campagne jusqu'en avril 1862, date du retour du régiment en France et de sa dissolution.
Après un congé bien mérité, il reprend son service comme chef de musique, au 5e régiment d'infanterie. C'est à Nîmes, garnison du régiment qu'il est photographié, arborant se nouvelle médaille : celle de l'expédition de Chine.
En 1870, le 5e RI est affecté au 7e corps de l'armée du Rhin. Concentré à Belfort, il doit faire retraite sur Chalons après les premiers revers de Mac Mahon en Alsace et participe ensuite à la campagne de Sedan où il doit capituler début septembre. Dumas suit les affres de la campagne sans dommage personnel, si ce n'est qu'il doit subir quelques mois de captivité en Allemagne jusqu'en mars 1871.
Notre homme reste encore quelques mois comme chef de musique du 5e RI reconstitué après la guerre. Il prend sa retraite en 1873, peu après avoir reçu la croix de la Légion d'honneur, ultime récompense de sa belle carrière (" 28 ans de services, sept campagnes ").
S'étant retiré en Normandie, il meurt le 29/09/1886.