La Garde Nationale


Garde nationale - Daguerreotype
Uniforme de 1846 (parements rouges à pattes blanches)

Héritière de la révolution, la Garde Nationale avait le tort aux yeux de l'Empereur Napoléon III d'avoir eu une attitude passive lors de la révolution de 1848, voire parfois favorable aux insurgés. Réformée en 1852, les officiers étaient désormais nommés par le souverain et devaient lui préter serment. Faute de crédit elle tomba largement en désuétude et cantonnée à des tâches subalternes.

Uniforme

Depuis 1852, les Gardes Nationaux portent la tunique en drap bleu, boutonnant droit par 9 boutons, passepoil écarlate. Collet droit en drap bleu, avec brandebourg de chaque côté, terminé d'un macaron avec frange. 


Détail du collet

Parements bleus en pointe à passepoils écarlates, fermé par deux petits boutons. Epaulettes en fil blanc, pantalon en drap bleu. Schako en drap bleu, avec galon écarlate sur le bord supérieur, plaque de schako en metal jaune représentant un aigle aux ailes déployées, la tête tournée à droite. Ceinturon de buffle blanc, avec plaque ornée d'un aigle.

Les officiers portent l'habillement de la troupe, avec des brandebours d'argent au collet, les marques de grades sur les épaulettes et un schako avec le pourtour supérieur caractéristique du grade, et un hausse col.


Lieutenant au 36e bataillon
Ambrotype (21/7/1857)

L'uniforme des musisiens, tambours et sapeurs est laissé à la libre décision de chaque département.

 

Garde National
Photo Weyler (Paris)

Colonel de la Garde Nationale
Photo Faure (Amiens)

 

Sapeur
Photo réhaussée

 

Sapeur
Photo Bourlier (Paris)

Lors de la guerre de 70, les Gardes Nationaux furent mobilisés en complément de la Garde Mobile. Aux 51 premiers bataillons s'en ajoutèrent théoriquement 9 de plus le 12/8/1870, puis 60 nouveaux le 12/9/1870. Mais ces textes ne furent pas appliqués et il fut mis sur pied près de 260 bataillons au total, d'un effectif et d'un armement disparate. Lors du siège de Paris, ces troupes fournirent des effectifs de garnison, mais ne furent pas engagées dans les combats contre les Prussiens. Des regroupements de volontaires furent constitués en compagnies de marche (ou de guerre).

Cet important accroissement des troupes s'accompagne évidemment de difficultés d'approvisionnement des équipement, ce qui explique une relative hétérogénéité des tenues. On peut néanmoins décrire un képi en drap noir, avec le chiffre du bataillon en métal jaune sur le bandeau, ainsi que le numéro de la compagnie sur le pompon.


229e bataillon
Fusil à tabatière
Photo Rensch (Paris)

 


Sergent major -111e bataillon
Fusil Snider
Photo Le Jeune (Paris)


116 bataillon (3e cie)
Fusil Remington
Photo Petit (Paris)

Dans les compagnies de marche, formées de volontaires, le numéro peut être surmonté d'un cor, d'une grenade ou d'un "M" suivant le numéro du bataillon. Pour les Gardes nationaux auxiliaires, formés des hommes les plus vieux, le képi est aussi orné d'un chiffre romain.


3e compagnie (de marche) du 117e bataillon
Photo Quinet (Paris)


Signé "M de la Ferrière - Garde civique - 21/11/1870"
Photo Bazin (Paris)

Les bataillons étaient composés d'officiers élus, là aussi d'un niveau hétérogène et globalement médiocre.


Commandant du 172e bataillon
Photo Girard (Paris - Belleville)


Sous Lieutenant
Photo Liouville (Paris)


Capitaine
Photo Deffonds (Paris)

La Garde Nationale est finalement dissoute en aout 1871, après les événements de la Commune qui virent ces formations des arrondissements populaires de Paris rejoindre les communards.

 

Suite : la Garde Mobile

Retour