La Garde Nationale Mobile

La guerre contre l'Allemagne apparaissant inévitable après 1866, le gouvernement impérial décide de renforcer la reserve instruite de l'armée. Le 14 janvier 1868 la Garde nationale mobile est créée sous l'impulsion du ministre de la guerre le Maréchal Niel.


Section de mobiles avec (de g à d) son clairon, le sous lieutenant, le sergent et 13 mobiles

 

INFANTERIE

Elle est composée durant cinq ans des hommes ayant tiré le bon numéro lors du tirage au sort (les malchanceux effectuant 5 ans de service actif), les exemptés et les remplacés (qui moyennant rétribution ont trouvé un remplaçant). Leur instruction militaire est réduite (quinze séances annuelles au maximum d'une journée, déplacement compris), mais les effectifs sont sur le papier importants (600.000 hommes). En effet, chaque département met sur pied un régiment de Mobiles comportant un nombre variable de bataillons. 89 régiments sont donc créés, du numéro de leur département de rattachement.

Cette réforme n'existe cependant que sur le papier, car faute de credits et en raison de l'opposition du successeur du Maréchal Niel, seuls les mobiles de la Seine seront astreints à quelques exercices.


L'uniforme des Mobiles se distingue de la troupe régulière par la dotation d'un pantalon bleu foncé et non garance. La dotation en armement est celle de fusils à tabatière (fusils à percussion transformés en chargement par la culasse), même si quelques régiments reçoivent le fameux Chassepot. 


Officiers d'un bataillon de Mobiles durant le siège de Paris
Photo Petit (Paris)

L'uniforme est composé d'une tunique droite (non marquée à la taille) bleue foncée, de deux rangées de cinq boutons (contre 7 dans la ligne). Le collet et les manches à parements sont en drap garance. Deux poches ornent cette tunique. Le pantalon est bleu, orné sur les côtés d'une bande de drap garance de 40 mm. Le képi bleu est surmonté d'un pompon orné du numéro du régiment. En grande tenue, le képi est orné d'un plumet de 7 à 8 plumes de coq noir-vert inclinées.

Seuls les bataillons de la Seine (num 75) seront réelement organisés en temps de paix et recevront l'uniforme reglementaire, ainsi que le fusil chassepot.


Sergent de mobile de la Seine, avec son équipement
Photo Carjat (Paris)


Sergent fourrier des mobiles de la Seine en grande tenue
Photo Legros (Paris)


L'uniforme des officiers ne se distingue que par ses galons ou ses tresses de grade (qui peuvent être droits ou à la hongroise). Le plus souvent, les officiers arborent le képi simplifié, sans numéro du bataillon, mais avec les tresses figurant le grade.

Photo Disdéri (Paris)

Photo Berthault (Angers)

Photo Gatel (Paris)

Durant la guerre de 70, les mobiles sont mis sur pied dans des conditions disparates, selon les départements. Il en existe 321 bataillons (pour 58 régiments formés de trois bataillons) en septembre. La numérotation prévue initialement est vite abandonnée. Ainsi les bataillons de la Seine sont regroupés en 6 régiments (numérotés de 1 à 6) composés de 3 bataillons chacun.

Au moment de l'armistice, 109 régiments et 54 bataillons indépendants auront été formés (346.000 hommes) et engagés dans des conditions d'efficacité discutable.

 

ARTILLERIE

Tunique similaire à l'infanterie, mais avec collet écarlate, pantalon bleu foncé, avec deux bandes de drap écarlate sur les côtés, képi orné d'une grenade, ceinturon d'artillerie et sabre de cavalerie légère.


Photo Karen (Caen)

d'autres mobiles

Historique du 1er bataillon des mobiles de l'Indre

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