Historique du 3e régiment de Dragons

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IInd Empire et la IIIe République
(1851-1914)

 

Le 3e Dragons a reçu ses aigles le 10/5/1852. Il sert en garnison durant toute la période de l'Empire, n'étant engagé ni en Crimée ni en Italie.

En 1870 il est affecté à la division de cavalerie du général Legrand (4e corps d'armée). Rassemblé à Metz, il est engagé une première fois à Borny. Le 16 aout à Mars la Tour, il occupe l'aile droite de l'armée. "Vers 4 heures, un gros de cavalerie prussienne exécuta un mouvement tournant, appuyé par une batterie à cheval qui tirait à bonne portée et commençait des dégâts. Le 2e chasseurs d'Afrique le chargea en fourrageurs et le 3e dragons reçut l'ordre d'appuyer cette charge. Mais l'artillerie ennemie ayant cessé le feu en laissant voir une cavalerie imposante, les chasseurs durent se retirer. La division prit alors ses dispositions d'attaque ; les 2e et 7e hussards en première ligne, le 3e dragons en deuxième. L'ordre de se porter en avant était à peine donné qu'un régiment de dragons ennemi fit un changement de front et menaça de prendre la division par son aile droite. Le 3e dragons lui fut immédiatement opposé. Le régiment, vigoureusement entrainé par le général Legrand, par son colonel et par ses officiers, aborda franchement et aux cris de "Vive la France !" le régiment ennemi qui fut complétement culbuté dans cette glorieuse charge. Le régiment fit des pertes douloureuses. le général Legrand fut tué, 7 officiers furent disparus (dont le colonel et le lieutenant colonel) et 7 autres blessés, 17 cavaliers disparurent et 41 furent blessés. (historique du régiment)" A Saint Privat il est chargé de défendre une batterie d'artillerie un moment menacé par la cavalerie ennemie. Il laisse 5 blessés sur le terrain. Il subit les affres du siège de Metz et capitule avec l'armée le 29/10/1870.

Reconstitué en 1871, il reste en garnison metropolitaine jusqu'en 1914.   

Louis Gustave Maxime Abel de Libran

Né le 7/2/1835 à Aix en Provence. Saint Cyrien de la promotion du Prince Impérial (1855-1857), il est nommé Sous Lieutenant au 3e régiment de dragons.

Promu Lieutenant le 12/3/1864, il suit les cours de l'école de cavalerie en 1867, comme officier d'instruction. Il sort de l'école classé 3e sur 27 et est photographié par le Roch, photographe habituel des officiers de Saumur.

Capitaine le 12/3/1870, il occupe la fonction d'adjudant major au régiment au déclanchement de la guerre de 70. Le 16/8/1870 à la bataille de Rezonville, le régiment charge et Abel de Libran est blessé. La gravité de ses blessures diverge selon les souces. Ses états de services officiels indiquent deux coups de sabre, le premier sur les reins, l'autre au bras droit. N.Hardouin dans "Français et Allemands" indique lui 17 coups de sabre et un coup de lance. Dans tous les cas, il est laissé comme mort aux mains des Prussiens. Après la guerre, il est promu chevalier de la légion d'Honneur pour son action lors de ce jour mémorable. 

Après la guerre, il est promu Chef d'Escadrons au 18e Chasseurs le 12 Avril 1877 et en 1878 est nommé professeur adjoint de tactique de cavalerie à l'école supérieure de guerre. il reçoit la croix d'officier de la Légion d'Honneur le 18/1/1881.

Il poursuit ensuite une brillante carrière : Lieutenant Colonel au 17e Chasseurs le 22/12/1882, Colonel le 29/12/1887 du 14e Dragons, puis Général de brigade le 26/12/1893. Il commande alors la 10e brigade de cavalerie.

Il décède le 3 Février 1897 à Dinan. C'est le frère de l'amiral de Libran.

Photo Le Roch (Saumur)

     


      

Louis-Charles-Valbert de Masson d'Autume.

Né le 23 juin 1843 à Autume (Jura), il est le fils de François-Ernest de Masson d'Autume, Marquis de Masson d'Autume (1813-1872)  et de Madeleine-Jeanne-Stéphanie de Thy (1820-1864).

Il est nommé Sous-lieutenant au 3e Dragons le 1er Octobre 1865, grade dans lequel il est pris en photo alors qu'il est à l'école de Saumur. Il porte l'habit vert qui ne sera détroné par la tunique qu'en 1868, ainsi que le chapeau d'officier de cavalerie.

En 1870, il sert au 2e escadron et charge avec le régiment lors de la bataille de cavalerie de Mars la Tour. Il fait partie des officiers emmenés en captivité après la capitulation de Metz.

Il est promu Lieutenant le 30 Avril 1872. En 1879 on le retrouve Capitaine (en date du 16 Octobre 1875) à l'Escadron de Dragons du 7e de Cavalerie Territoriale à Gray.

Il n'apparaît plus dans l'Annuaire de 1884 - il avait épousé le 5 mai 1883 Jeanne-Louise-Marie Pernot de Fontenelle (1863 - 1916). Ils seront les parents de François-Régis-Léonel-Marie de Masson d'Autume, Marquis de Masson d'Autume en 1884.

Il décède le 22 mars 1918 à Lausanne (Suisse).     

Photo Le Roch (Saumur)


Joseph Durdilly

Né le 16/11/1821 à Lyon, il s'engage à vingt ans au 4e régiment de chasseur. Nommé brigadier, il abandonne ses galons pour rejoindre le 1e régiment de chasseurs d'Afrique en juillet 1843 et faire campagne en Algérie. Il retrouve ses galons de brigadier, puis est nommé maréchal des logis en avril 1844. En décembre 1845, il obtient de rejoindre l'école de Saint Cyr et sort 235e de la promotion d'Ibrahim.

Il est nommé Sous Lieutenant le 1/10/1847 au 1er régiment de chasseurs d'Afrique dont il devient le porte drapeau en mai 1850.

Lieutenant le 15/8/1852, il est envoyé en Orient le 10/4/1854, avec 4 escadrons de son régiment. Débarqué à Gallipoli, puis rassemblés à Andrinople, il fait campagne autour de Varna dans la desastreuse opération de la Dobrutcha qui voit l'armée mise à genoux par le choléra. Embarqué pour la Crimée en septembre, il assite à l'investissement de Sébastopol, à la bataille de Balaclava et est engagé avec son escadron à la bataille d'Inkermann le 5 novembre 1854. Il est nommé chevalier de la Légion d'Honneur à la suite de cette journée qui voit le régiment subir quelques pertes. Durdilly participe ensuite aux diverses opérations de reconnaissances menées par son régiment dans la valée de la Tchernaïa.

Capitaine le 30/5/1855, il revient en Afrique en octobre, non sans avoir servi de major de tranchée durant le siège  Après deux nouvelles années de campagne africaine, Durdilly rejoint le régiment des chasseurs de la Garde le 15/5/1857 et prend le commandement d'un escadron jusqu'en avril 1859, date ou il interrompt quelques temps sa carrière militaire. Revenu à l'activité, il est affecté au 3e régiment de lanciers.

Chef d'escadrons le 2/3/1864, il est nommé major du 3e régiment de Dragons et est promu officier de la Légion d'Honneur le 28/12/1867. Il est ici photographié en petite tenue, arborant se légion d'honneur, la médaille de Crimée et l'ordre turc du Medjidié, tous reçus pour sa campagne de Crimée.

En 1870, il reste au dépot du régiment, mais les premiers revers nécessitent la mise sur pied de nouveaux régiments. Il est ainsi nommé Lieutenant Colonel le 9/9/1870 et mis à la tête du 3e régiment des dragons de  marche, formé le 16/9/1870 à Limoges de 4 escadrons des 6, 7, 10 et 12e dragons. Il rejoint Orléans et est placé au 15e corps d'armée. Il fait la campagne autour d'Orléans, puis en décembre est envoyé à l'armée de l'Est. Sous la conduite de Durdilly, le régiment évite la retraite sur la Suisse, ainsi que l'internement en Suisse. Parti de Limoges avec 505 hommes et 551 chevaux, il termine la campagne avec 190 hommes et 200 chevaux.
Après la guerre, il revient brièvement avec son grade au 3e régiment de dragons, avant de passer au 18e régiment de chasseurs.

Il est nommé Colonel le 16/10/1874 en restant au 18e chasseurs, puis commande le 7e régiment de Hussards du 6/12/1876  jusqu'au 20/9/1878, date de sa mise à la retraite.

Il est mort le 16/9/1885.

   

Les colonels du 3e régiment de Dragons

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