Marie Henri Raoul de Lostanges-Béduer

Photo Petit (Paris)

Marie Henri Raoul est né le 21/1/1836 à Moreuil (Somme). C'est le fils du Comte de Lostanges et Mme née de Rougé.
Il s'engage le 25/2/1853 au 5e régiment de Hussards où il est nommé brigadier en décembre de la même année.
Désigné comme porte fanion du Maréchal de Saint Arnaud, commandant en chef du corps expéditionnaire d'Orient, De Lostanges est muté au 4e régiment des Chasseurs d'Afrique et embarque pour la Crimée le 23/3/1854. Promu Maréchal des Logis le 13/7/1854, il se distingue au côté du Maréchal lors de la bataille de l'Alma. Celui-ci écrit ainsi à son frère : "Raoul de Lostanges est très brave. Mon fanion a été traversé d'une balle et le cheval de Raoul touché". A la mort du maréchal Saint Arnaud, terrassé par le choléra, de Lostanges conserve sa position auprès du Maréchal Canrobert, successeur de Saint Arnaud à la tête de l'armée en Crimée. Il est alors nommé chevalier de la Légion d'Honneur en octobre 1854, distinction rare pour un sous-officier, sa proximité avec le commandant en chef n'étant pas pour rien dans cette récompense.

Le faveurs du commandement se succèdent, car il est promu Sous-Lieutenant en septembre 1855 au prestigieux régiment des Guides de la Garde et rentre en France le 30/9/1855.

Resté proche du Maréchal Canrobert, de Lostanges est désigné comme son aide de camp et suit cet officier, tout en étant rattaché au 8e régiment de chasseurs, régiment où il ne paraîtra jamais.

Parti pour la campagne d'Italie, de Lostanges a alors une nouvelle fois l'occasion de se distinguer lors de la bataille de Magenta :
A 7 heures la partie droite du village de Ponte Vecchio vient d'être reprise pour la 5e fois. Le Maréchal Canrobert se porte au-delà, le long du canal, pour s'assurer de la position des tirailleurs chargés d'en couvrir les approches, juger du terrain et se rendre compte des mouvements que l'ennemi peut vouloir exécuter ; "Pour mieux juger de la situation, le maréchal se tient avec son état major sur un petit monticule à gauche du village. [...] Un mouvement se fait dans les mûriers, on entend un bruit de chevaux et apparaissent à travers le feuillage, des hussards en pelisse blanche. "Ne tirez pas ce sont des Français !" crie-t-on. Alors en un bond, ces hussards dont l'uniforme les a fait croire français, mais qui sont autrichiens du régiment du roi de Prusse, tombent sur l'état-major. Les pelisses blanches se mêlent aux aiguillettes et aux épaulettes d'or, les chevaux se cabrent, s'entre croisent, font des voltes faces, ou bien, lancés au galop, bousculent tout sans s'arrêter. Les éclairs des sabres qui se lèvent et s'abaissent traversent l'espace. Le maréchal est saisi au collet ; il pique son cheval qui s'emporte et laisse entre les mains de son agresseur la criméenne qu'il a autour du cou. L'intendant Mallarmé, la joue estafilée, s'abat avec son cheval gris et roule sur la berge du canal dans lequel il tombe. Le capitaine Armand a le menton tailladé ; le cheval du Colonel de Bellecourt, blessé à mort, fait un soubresaut qui envoie en l'air son cavalier que l'on voit retomber comme une masse à huit pas ; De Verigny et de Lostanges sont sabrés. Ils tombent à terre à côté d'un cheval qui perd tout son sang et couché sur le côté, lance en saccades des ruades continuelles." (Le maréchal Canrobert - G Bapst). Le maréchal est finalement dégagé et de Lostanges s'en tire avec un léger coup de sabre à la tête.

Photo Petit (Paris)

Promu Lieutenant le 30/5/1860, de Lostanges suit les affectations du maréchal Canrobert et est transféré au 3e régiment de lanciers, autre régiment qu'il ne rejoindra pas, mais dont il arbore la tenue.

Particulièrement apprécie de Canrobert, celui-ci lui octroie de belles notations : " Intelligent, actif, énergique, officier des plus distingués par l'élévation de ses sentiments et sa naissance. Modeste, sûr, maintes fois j'ai pu constater en campagne son courageux dévouement. […] Si les circonstances le favorisent, il réunit toutes les conditions d'energie, de capacité et d'activité pour réussir dans la carrière des armes. "

Marié en mai 1863 à Mlle Charlier de Gerson , Il est promu Capitaine le 12/3/1864.

Photo Petit (Paris)

Ayant suivi Canrobert nommé en poste à Nancy, notre officier a là encore occasion de se distinguer, mais sur d'autres champs de bataille, comme en témoigne Gyp dans ses "Souvenirs d'une petite fille" : "Toutes les jolies femmes se précipitent au gouvernement, attirées surtout par un des aides de camp qui est la coqueluche de Nancy. Le vicomte Raoul de Lostanges est l'aide de camp favori du maréchal qui l'avait avec lui en Crimée. Très jeune capitaine, aimable pimpant et fêtard il est parait-il irrésistible et a de fréquentes occasions de s'en assurer." De Lostanges occupe aussi son temps libre en composant de la musique et certains de ses partitions seront jouées à l'opéra-comique.

Le capitaine de Lostanges se range à la vie civile et démissionne le 26/4/1865 pour profiter de sa fortune et s'occuper de sa femme qui semble souffrante. Il ne profite cependant pas longtemps de la vie civile, car il meurt le 18/12/1868 au château de Wideville dans les Yvelines.

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