Gustave Alexandre Léonidas Toussaint TRIOULIER
![]() |
Photo Lemaire (Paris) |
Né le 20/03/1826 à Clermont Ferrand, fils de Michelle Trioulier et de père inconnu, il s'engage en 1847 pour 7 ans au 43e régiment d'infanterie.
En janvier 1848, il rejoint son régiment qui fait campagne en Algérie dans la province de Constantine depuis 1845. Il va y faire campagne durant trois ans.
Le soldat Trioulier est nommé caporal en avril, puis rejoint une compagnie de grenadier en janvier 1849.
Le 43e régiment d'infanterie fait une difficile campagne en Algérie, participant notamment à la terrible prise et destruction du village de Zaatcha. Arrivé le 7 octobre devant la Place, le régiment est très rapidement engagé lors du premier assaut infructueux, raconté dans l'historique du corps :
"Le 19 octobre le général Herbillon annonça aux troupes que les travaux d'attaque étaient arrivés à leur terme, l'assaut serait livré le lendemain. Deux brèches avaient étét considérées comme praticables. Malheureusement, elles ne l'étaient pas, beaucoup de projectiles de l'artillerie, datant du siège de Constantine, n'ayant éclaté ni dans les terres ni dans les maçonneries. Quoiqu'il en soit, la brèche de droite avait été réservée aux 43e régiment.
Le 20 à la pointe du jour, les grenadiers du premier bataillon essaient en vain de combler avec une voiture, puis avec des tonneaux, le fossé plein d'eau de l'oasis. Le capitaine qui les dirige reçoit une balle en pleine poitrine. Le feu des Arabes redouble et devient d'autant plus vif que l'attaque de la brèche de gauche a été abandonnée.
Nos hommes ne se rebutent pas. Un capitaine et un sergent major du génie ont trouvé un passage où le niveau n'est qu'un 1m20 au-dessus du fond. Ils s'y portent et, plaçant leurs cartouchières autour de leur cou, ils élèvent leurs fusils à hauteur de la tête et traversent le fossé ayant de l'eau jusqu'aux épaules. La terre détrempée est au pied de l'escarpe en rend l'escalade plus que difficile. Cependant, en s'aidant mutuellement, les grenadiers parviennent jusqu'au pied de la muraille où ils sont reçus à bout portant. Au lieu d'une brèche accessible, ils trouvent devant eux un mur à peine ecrété.
Les uns cherchent à le percer par sa base, tandis que d'autres tentent de le franchir en gravissant les pentes formées par les décombres, malgré les feux qui convergent sur eux et contre lesquels ils n'ont aucun abri. Toutes les fractions du bataillon s'avancent successivement. Mais l'escalade devient de plus en plus glissante, les débris de maçonnerie forment des points d'arrêt où les hommes sont livrés au coups de tireurs embusqués et invisibles qui font feu à coup sûr.
Le chef de bataillon Guyot et 4 officiers tombent mortellement blessés, 21 sous-officiers et soldats sont frappés, 17 sont tués. Malgré ses pertes, le bataillon qui depuis deux heures, dont une sur la brèche, soutient une lutte inégale, n'est pas ébranlé et ne se retire que sur ordre du général après avoir enlevé ses blessés et dans le plus grand ordre."
La place tombe finalement le 26 novembre et l'ensemble de la population du village revolté est massacrée par les Français qui veulent ainsi faire un exemple terrible pour le reste de la province.
Revenu en France, après quelques années passées en garnison, le 43e régiment est de nouveau désigné pour faire campagne, cette fois en Italie. Engagé à Palestro, Magenta et Solférino, le régiment "a mis le sceau à sa vielle et belle réputation" (historique du Corps). Il y perd 34 tués et plus de 200 blessés, et revient chargé de 14 croix de la légion d'Honneur et 21 médailles militaires. Le serge,t major Trioulet reçoit lui la Valeur militaire de Sardaigne.
Renouvellant son engagement en 1860, le Srgent Major Trioulet reçoit la croix de la Légion d'Honneur le 26/12/1864. C'est probablement à cette occasion qu'il fait éliaser ce joli portrait en tenue. Les registres militaires nous confirme sa description : "taille 1m65, front découvert, cheveux et sourcils chatains", ils mentionnent aussi comme signe particulier "plusieurs signes au visage", peut être des traces de petite vérole...
Au déclanchement de la guerre de 1870, Trioulet reste au dépot de son régiment. les revers de l'armée impériale laissent des vides parmis les officiers ; c'est la chance de notre sous-officier qui est alors promu Sous Lieutenant le 12/10/1870.
le dépot met sur pied deux bataillon qui contribue à la formation du 69e régiment d'infanterie de marche qui fait campagne à l'armée du Nord.
A la fin de la guerre, Trioulet reste au regiment, devenu 69e RI, puis passe au 60e RI où il est promu Capitaine en 1877. Il prend sa retraite en 1878. retiré dans sa ville natale, il meurt le 16/8/1891.