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Elève de l'ESM en 1855, il est nommé sous
lieutenant le 1/10/1857 au 2e bataillon de chasseurs. Il fait campagne en
Chine et en Cochinchine entre 1859 et 1861. Le 15/8/1860, il est cité à l'ordre
de l'armée comme s'étant particulièrement distingué pendant les opérations de la
journée du 14/8/1860. Il a decrit son rôle ce jour dans ses lettres de Chine : "Nous approchons toujours et nous voilà à 500m et nous plaçant alors dans l'intervalle des pièces, nous commençons notre feu sur les créneaux et les pièces. Quatre immenses drapeaux, deux blanc, deux rouges, flottent sur la porte d'entrée. Il en tombe trois. Le plus grand reste seul. En ce moment j'aperçois les Anglais qui se mettent en mouvement vers la droite. J'en préviens le commandant de l'artillerie qui se trouvait à côté de moi. "Eh bien Mr des Garets, me dit-il, allez voir avec vos chasseurs ce que nous avons fait". J'attrape la balle au bond, je préviens mon capitaine et, sans autre ordre, nous marchons en avant. Nous prenons le pas de course pour ne pas rester trop longtemps exposés aux projectiles sur ce terrain dénudé et nous nous précipitons sur la porte. Mais le pont est coupé. Le fossé a 4m de largeur et une profondeur inconnue. Je commet l'affreuse bêtise de ne pas m'y jeter en premier, croyant que le génie qui nous suivait allait rétablir le passage avec des échelles. Un sergent de ma compagnie n'hésite pas. Il se précipite dans l'eau, mon sergent major de le suivre et moi d'en faire autant. Je nage pour ne pas embourber. J'ai mon revolver entre les dents, mon sac et ma couverture en bandoullière. je sens mes bottes se remplir d'eau par en haut. J'en ai jusqu'aux épaules. Je lutte comme un malheureux pour grimper à ces fascines toutes glûantes d'une boue grasse. Elles me viennent dans les mains. En vain je m'accroche aux abbatis d'arbres, ils me crêvent les yeux. Je suis sur le point de retomber au fond du fossé quand un sergent qui a trouvé un chemin me tend la main et j'arrive enfin le premier des officiers de chasseurs. Je me précipite sur le grand drapeau blanc resté debout, mais le Colonel Schmitz, de quelques pas plus avancés, le saisit le premier.
"
Il est de nouveau cité le 26/2/1861 pour s'être distingué
lors de l'attaque des forts de Ki-Hoa en Cochinchine, les 24 et 25 fevrier 1861.
Il est nommé chevalier de l'ordre d'Isabelle la catholique (Espagne) et reçoit
la médaille commémorative de l'expédition de Chine.
Lieutenant le 12/8/1861, il passe au 3e bataillon de chasseurs et sert au corps d'occupation de Rome entre 1862 et 1864. Il est décoré de l'ordre de Pie IX.
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Capitaine le 13/8/1865, il est nommé au 20e bataillon de chasseurs à pied et sert comme officier d'ordonnance du Maréchal Niel, ministre de la guerre. Il est nommé chevalier de la Légion d'Honneur le 12/8/1869.
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Durant la guerre de 70, Garnier des Garets combat avec son bataillon
d'abord à Borny, puis à Rezonville où il se distingue dans
la charge dans le ravin de la Gréyère qui met en fuite la brigade prussienne du
général Wedel. "Le déploiement du bataillon s'effectue avec une précision admirable, malgré un feu terrible qui couvre le sol d'une véritable nappe de plomb. Le général Brayer, ayant eu son cheval tué sous lui, met l'épée à la main, fait sonner la charge et s'élance à la tête de sa brigade. Le feu de l'ennemi redouble avec violence ; le général, frappé à mort, tombe foudroyé au côté de son aide de camp [...] Rien n'arrête l'élan du bataillon qui s'avance par bonds en exécutant des feux à chaque halte et, par son exemple, ramène au feu des subdivisions d'infanterie de ligne fortement éprouvées et désorganisées par la lutte acharnée qu'elles soutenaient depuis longtemps déjà. Le ravin de la Gréyère qui séparait les combattants est traversé avec des pertes énormes et les Prussiens repoussés laissent 400 prisonniers entre les mains des chasseurs du 20e. A ce moment la brigade couronnait la crête du plateau de Gréyère. Une brigade de cavalerie allemande, profitant alors du désordre produit dans nos rang par l'attaque à la baïonnette, débouche de Mars la Tour et fond sur la colonne française pour sauver les débris de la brigade Wedel qui venait d'être si cruellement repoussée. Sans commandement, par un prodige inouï d'initiative et de discipline, la brigade Brayer se trouve instantanément formée en ligne face à l'attaque. Les carrés improvisés, faits de soldats de toutes armes, ouvrent à courte distance un feu formidable ; la brigade de cavalerie est à peu près anéantie."
La journée est chaude et le bataillon perd 5 officiers (dont Garnier des Garets blessé à la cuisse dans l'action) et 62 chasseurs. Hélas, le bataillon ne profite pas de son avantage et reste sur ses positions.
Promu Chef de bataillon le 12/9/1870, il est nommé au 1e régiment d'infanterie. Interné en Allemagne après la capitulation de Metz, il rentre en France et le 1/4/1871, il passe au 38e régiment. Durant le siège de Paris, il est cité pour sa participation à l'affaire de Châtillon (nuit du 13 au 14 avril 1871), puis pour son action lors de la prise du parc d'Issy (nuit du 29 au 30 avril 1871). Il est nommé Officier de la Légion d'Honneur le 24/6/1871.
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Après la guerre, il prend le commandement du 9e bataillon de chasseurs (1873-1875).
Lieutenant colonel le 28/7/1876, au 8e régiment d'infanterie, il passe au 85e RI en 1879.
Colonel du 77 RI (1881-1886)
Général de brigade le 11/1/1887, il commande la 57e brigade. Il est fait Commandeur de la Légion d'Honneur le 15/4/1890.
Général de division en 1892. Commande la 35 DI, puis la 10e (1894-1896). Nommé au commandement du 16e CA (1897-1898), puis du 2e CA (1899-1902). Il est nommé Grand Officier de la Légion d'Honneur le 29/12/1898, puis membre du Conseil Supérieur de la Guerre de 1901 à 1902. Il est mort le 19/3/1927.