Le 11e régiment de Chasseurs

-

Historique sous le IInd Empire et le début de la 3e république

 

Le 11e Chasseurs reçoit son étendard le 10/5/1852 au Champ de Mars à Paris.

Il est envoyé en Algérie en septembre 1861 dans la province d'Oran (Mostaganem, Mascara et Sidi bel Abbès). En avril 1864 une formidable insurection éclate dans le sud de la province. Le régiment, déjà bien acclimaté, entre immédiatement en campagne et va marcher au feu durant près de 11 mois. Le 26 avril, trois de ses escadrons sont engagés dans la plaine de Saïn-Lagta. La cavalerie ennemie (2.000 hommes) placée au premier rang masque une infanterie nombreuses, abritée par les mouvements du terrain. Les escadrons du régiment sont lancés et malgré le feu à bout portant de l'ennemi, le culbutent au prix de de 28 tués et 16 blessés.
Le 30 septembre suivant, 90 hommes du régiment escortant le général Jolivet sont attaqués par 3000 insurgés dans le village d'El Beïda et resistent pendant deux heures avant d'être secourus par le reste de la colonne.

Revenu en France en mai 1865, la guerre de 1870 trouve le régiment en garnison à Lyon. Mobilisant 4 escadrons de guerre, il se réunit à Strasbourg, attaché au corps d'armée du Maréchal de McMahon. Il assite aux combats de Wissembourg et de Froechwiller sans être activement engagé. Reconstitué à Chalons, le régiment parvient ensuite à éviter l'encerclement de Sedan et est envoyé se reformer à Avignon le 12 septembre 1870. Envoyé à l'armée de la Loire où il combat entre fin septembre et fin décembre, sans engagement sérieux avec l'ennemi, il est ensuite transporté à l'armée de l'Est en janvier 1871 lors de la difficile campagne d'hiver et il échappe là encore à l'encerclement et à la fuite de l'armée en Suisse. 

Après la guerre, le 11e régiment de chasseurs assiste au siège de la Commune de Paris. Il ne sortira plus de garnison avant la guerre de 14.

    

Dominique Louis Olivier Bro

Né à Passy le 19/12/1813, c'est le fils d'un officier de l'Empire, mis en demi solde sous la première Restauration et qui fut rétabli dans l'armée sous la Monarchie de juillet pour attendre le grade de général.
Engagé comme élève trompette au 1er régiment de Lanciers en 1830, il est nommé maréchal de logis en 1831, à titre de recompense nationale après la révolution qui porte au pouvoir le roi Louis Philippe et qui par la même occasion rétablit son père dans son grade.

En septembre 1833, il est nommé Sous Lieutenant et passe au 1er régiment de chasseurs d'Afrique pour faire campagne en Algérie sous les ordres de son père. Le 7/10/1835, il est nommé chevalier de la Légion d'Honneur pour "s'être particulièrement distingué le 7/10/1835 dans une charge contre le Arabes au delà de la Chiffa, à la ferme du Bey d'Oran, dans laquelle il s'est élancé seul au milieu d'un groupe d'ennemis, où il a été grièvement blessé d'un coup de feu qui lui a traversé les deux cuisses et a eu un cheval tué sous lui en allant au secours du brigadier Clauzal qui était resté entre les mains des Arabes."
Cet événement est relaté dans l'ouvrage "Types militaires d'antan" d'Alphonse Michel Blanc : "Dans cette charge M Bro, fils de notre général, sous lieutenant au 1er chasseurs d'Afrique, eut son cheval tué sous lui et, tombé avec sa monture, il se trouva pris sous elle avec une jambe cassée dans sa chute. S'en était fait de lui, les chasseurs poursuivant leur charge étaient loin en avant et l'infanterie n'était pas encore là. Déjà les Hadjoutes s'étaient rapprochés, ils avaient vu le groupe du cavalier et son cheval ; ils arrivaient sur lui ; mettant pied à terre ils allaient couper la tête du sous lieutenant lorsque la providence lui envoie un sauveur. Le commandant Lamoricière arrivait à la tête de ses zouaves. Il a vu le péril extrème d'un cavalier - il ne sait pas qui c'est - il enfonce ses éperons dans le ventre de son cheval et tombe à coups de sabre sur les Arabes. Ceux ci surpris pas cette attaque imprévue reculent, mais voyant qu'ils n'ont devant eux qu'un seul homme, ils reviennent sur lui, l'entourent en poussant des cris de joie. Ils vont avoir deux têtes au lieu d'une, lorsque les zouaves accourent au pas de gymnastique et par leur seul aspect mettent en fuite ces oiseaux de proie, non sans leur envoyer quelques balles en guise de carte de visite."

Promu Lieutenant le 25/1/1836, puis Capitaine le 2/1/1839, il passe au 7e régiment Hussards un an plus tard. Signe de la faveur attachée à la famille par la Monarchie de Juillet, Dominique Bro est nommé officier d'ordonnnance du Roi le 23/5/1847. Après la révolution de 1848, Bro quitte ses fonctions et après une courte période de non activité, il est nommé officier d'ordonnance du général Lamoricière, son sauveur de 1835. Il passe au 8e régiment de Hussards en juillet 1848

Le 21/7/1848, il est promu Chef d'escadrons au 4e lanciers, puis au 7e régiment de Dragons en mars 1849 où il est nommé officier de la Légion d'Honneur le 20/1/1851.

Le 7/1/1852, il est promu Lieutenant Colonel au 6e régiment de Hussards.

Le 14/9/1854, il est fait Colonel du 2e régiment de Spahis, puis il prend la tête du 11e régiment de chasseurs le 5/5/1855. Il en porte ici la grande tenue, avec cependant un talpack orné d'une flamme, ce qui devrait être réservé aux officiers de hussards. Bro est mis en non activité pour infirmité le 5/6/1856. 

Il est mort le 30/11/1870

Photo Tournachon (Paris)


Charles Pierre François Lulé-Dejardin

Né le 7/12/1826 à Luneville. Il fait la première partie de sa carrière au 9e régiment de cuirassiers, comme sous officier, puis comme officier, lorsqu'il est nommé Sous Lieutenant le 1/10/1847, puis Capitaine le 30/8/1854. Dans ce régiment, il a servi en Crimée, comme l'atteste son port de la médaille commémorative britannique (dite "médaille de Crimée").

Chef d'escadrons le 21/12/1866, il est nommé au 11e régiment de chasseurs à cheval. Il est ici photographié à Chalons, garnison du 11e chasseurs en 1867 et 1868, peu de temps avant sa nomination comme chevalier de la légion d'honneur en 1868. Lullé Dejardin n'est pas mobilisé dans les escadrons actifs du régiment en 1870, mais il est mobilisé à Avignon en septembre 1870 et fait campagne à l'armée de la Loire et dans l'armée de l'Est.

Il est promu Lieutenant colonel le 31/12/1874 au 7e régiment de chasseurs à cheval

Il ne figure plus dans l'annuaire de 1879. Il meurt le 12/5/1895.

Photo Nagel (Chalons sur Marne)

 


      

Victor Fouraux

Né le 1/6/1842 à Briey, il s'engage en 1859 comme cavalier au 5e régiment de Lanciers. Il y gravit les grades de sous officier et est promu maréchal des logis en 1860.

Le 14/8/1867, il est nommé Sous Lieutenant au 11e régiment de chasseurs et va parfaire son instruction à Saumur comme sous lieutenant d'instruction entre octobre 1868 et octobre 1869.

Faisant campagne en 1870, il est promu Lieutenant le 24/9/1870. Il assiste aux batailles d'Alsace et fait campagne à l'armée de la Loire, l'armée de l'Est et contre la Commune.

Le 19/7/1873, il est promu Capitaine au 5e régiment de Hussards, dont il commande un escadron en 1879. Il est fait chevalier de la Légion d'Honneur en 1883.

Promu Major du 9e régiment de chasseurs en 1886,  il est promu officier de la Légion d'Honneur en juillet 1898.

Il est mort en 1911 à Périgueux.

Photo le Roch (Saumur)


Achille Napoléon Jourdain

Né le 10/7/1839 à Neuf Brisach. Saint Cyrien, il sort classé 138e sur 254 et est nommé Sous Lieutenant le 1/10/1861 au 11e régiment de chasseurs à cheval qu'il rejoint en Algérie. En novembre 1862, il revient en France suivre les cours de l'école de Saumur durant un an.

Lieutenant 24/10/1866, il est de nouveau détaché à Saumur comme lieutenant instructeur d'octobre 1868 à octobre 1869. Sorti 4e sur 28, il pose ici dans la nouvelle tenue de cavalerie légère donnée aux chasseurs peu de temps avant la guerre de 70. La pose est peu familière sur ce type de clichés d'époque, particulièrement dans le milieu militaire pour qui la pompe (l'étude) était particulièrement déconsidérée.

Au déclanchement de la guerre de 70, il est affecté au 6e escadron et se distingue dans les opérations de reconnaissance menées par le régiment en Alsace et en Lorraine. Il sera décoré de la croix de la Légion d'Honneur en 1873, pour prendre date le 20/8/1870. Effectuant la campagne de Sedan, il est blessé le 1/9/1870 d'un eclat d'obus à l'épaule gauche qui provoque le déchirement et l'écrasement du muscle. Fait prisonnier, il n'est libéré qu'en juin 1871, après sa convalescence.

Promu Capitaine le 22/9/1870, son grade est confirmée par la commission de révision en mars 1872.

Chef d'escadrons le 29/1/1879, il passe au 3e chasseurs d'Afrique, puis au 19e régiment de dragons. En 1884, il est attaché à l'état major du gouvernement militaire de Paris. Il est mis en retraite pour infirmités en 1886.

Il est mort le 26/1/1889.

Photo le Roch (Saumur)

 

     


         

Henri Fortuné Mestayer est né le 8/12/1829 à Cibray dans la Vienne.

Henri Mestayer fait une carrière de sous officier au 8e Chasseurs à cheval. Il sert notamment en Algérie, et reçoit la médaille militaire pour sa participation au combat de Krenguet el Hamman le 25/3/1860 lorsque le régiment est vigoureusement engagé dans une mélée avec des rebelles arabes (y perdant 16 tués et 17 blessés).

Il est nommé Sous Lieutenant 20/1/1866, à 37 ans, au 8e chasseurs à cheval. Durant la guerre de 70, son régiment est engagé à Mouzon et à Sedan. Il y recevra la croix de la légion d'honneur.

Lieutenant 30/4/1872, il est nommé Capitaine le 28/8/1877 au 11e régiment de chasseurs.

Il est ici photographié à Saint Germain en Laye, ville de garnison de son régiment, portant le dolman d'officier modèle 1872, à collet écarlate, frappé du numéro du régiment.

Photo Bichon (St Germain en Laye)


Ernest Antoine Laurent Boffard Coquat

Né le 3/5/1852 à Paris. A l'age de 10 ans, il entre comme enfant de troupe au 3e régiment des voltigeurs de la Garde Impériale, régiment dans lequel il s'engage à 17 ans. Engagé dans la guerre de 1870 comme caporal, il est fait prisonnier par les prussiens lors de la capitulation de Metz. Il avait été nommé sergent fourrier lors du siège de cette ville.
A la fin de la guerre, il revient de captivité comme sergent fourier au 83e régiment d'infanterie, régiment reconstitué à partir des cadres le l'ex Garde Impériale. Il participe alors aux opérations contre la Commune au 51e régiment de marche. Le régiment s'illustre en emportant à la baïonette les barricades de l'avenue Saint Ouen et de la rue de Maistre, puis monte à l'assaut de la butte Montmartre et arrive le premier au Moulin de la galette. Durant ces combats du 23/5/1871, le sergent Boffard Coquat est blessé d'un coup de feu à la main et il reçoit alors la médaille militaire.

A l'expiration de son engagement, il en signe un nouveau, mais choisit cette fois la cavalerie et est incorporé comme cavalier au 11e régiment de Hussards le 26/4/1874, alors en garnison en Algérie. Rapidement nommé maréchal des logis, il devient officier (Sous Lieutenant) le 5/10/1879 et passe au 15e régiment de chasseurs à cheval où il est nommé porte étendard en 1882. Le 23/12/1882, il passe à l'escadron du Sénégal du 3e régiment de Spahis et il fait l'expédition de Cayor (janvier-fevrier 1883).

Promu Lieutenant le 10/5/1884, il rejoint le 11e régiment de chasseurs à cheval. Il est alors mis à la disposition du Ministère de la marine et des Colonies et détaché pour participer à l'expédition de Brazza. il sert alors au Sénégal, au Congo et au Gabon entre aout 1886 et aout 1890 comme inspecteur des postes et des stations. Revenu d'expédition, il pose fièrement dans le dolman de cavalerie légère sur cette photographie prise par le photographe parisien Otto. Peu de temps après, il reçoit les palmes académique et est promu Chevalier de la Légion d'Honneur le 29/12/1891.

Revenu d'Afrique, il est nommé Capitaine en septembre 1890 et prend le commandement d'un escadron deux ans plus tard. En décembre 1896, il est muté au 17e régiment de chasseurs à cheval comme capitaine trésorier.

Promu Major le 8/7/1904, il passe au 6e régiment de chasseurs. Officier de la Légion d'Honneur le 29/12/1904. En 1908, il prend sa retraite pour ancienneté de service. Il est mort le 6/8/1916.

Durant sa carrière coloniale, il a accumulé la plupart des décorations coloniales (officier de l'ordre royal du Cambodge en 1887, officier de l'ordre du Dragon d'Annam en 1889, chevalier de l'ordre de St Grégoire le Grand en 1890, officier du Nichem el Anouar en 1891, officier de l'étoile noire du Bénin en 1909).

Photo Otto (Paris)

     


Les colonels du 6e chasseurs

  • Campenet (1850-1855)
  • Legrand (1855)
  • Bro (1855-1856)
  • Grandvalet (1856-1864)
  • Nérat (1864-1869)
  • Dastugue (1869-1870)
  • de Bailliencourt (1870-1878)
  • de Moucheron (1878-1886)
  • d'Esclaibes d'Hust (1887-1893)
  • Cabrol (18911896)
  • de la Chaise (1896-1897)
  • Gillain (1897-1901)
  • du Pontac (1901-1903)
  • Lescot (1903-1908)
  • Thierry d'Argenlieu (1909-1913)
  • Varenard de Billy (1914) 
  •    Retour