Le 12e régiment de Dragons

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 Historique sous le IInd Empire et la IIIe République
(1850-1914)

 

Le 12e Dragons n'a pas fait campagne depuis le premier Empire avant la guerre de 1870.

Affecté au corps d'armée du général Frossard, dans la brigade du général Bachelier, avec le 7e régiment de Dragons en 1870, le régiment s'illustre lors de la bataille de Spicheren, en couvrant les flancs du corps d'armée en défense de Forbach où il arrête la progression d'une division d'infanterie Prussienne et couvre la retraite après la défaite :
"En fin d'après midi, le Lieutenant Colonel Dulac du 12e dragons recoit l'ordre de se porter en direction de Forbach avec deux escadrons de son régiment (4e et 5e) et de reconnaitre la route de Sarrelouis. Remontant la chaussée du chemin de fer, il la traverse auprès de Forbach et court sur la route de Sarrelouis. Mais il n'a pas fait deux kilometres qu'il rencontre une forte colonne prussienne dont la pointe d'avant garde a été contenue le matin par des sapeurs abrités dans un retranchement. Nos dragons ont devant eux toute la 13e division prussienne forte de 4 régiments d'infanterie qui s'avance en masse serrée, précédée d'un régiment de uhlans et accompagnée de son artillerie et qui menace de prendre de dos l'armée française. Vouloir avec 250 cavaliers à peine barrer la passage à huit ou dix mille hommes, serait de la folie. Aussi le Lt Colonel Dulac  rebrousse-t-il chemin et vient s'installer à la gauche de la compagnie du génie qui s'est déplyoée en tirailleurs dans le retranchement barrant la route, sur une étendue de 800 m environ. Là nos dragons se souvenant de leur ancienne manière de combattre mettent pied à terre, résolus à fusiller tout ce qui passera à portée de leurs balles et à soutenir un assaut si on les attaque à la baïonnette. Les sapeuers du génie partagent leur héroïque résolution. [....] Pendant plus d'une heure les Allemands font d'inutiles efforts pour déloger nos soldats et sont tenus en respect. Nos rangs sont décimés, mais des centaines de Prussiens, couchés autour de nos retranchement, attestent l'énergie de la défense autant que de l'attaque. Vers 7h du soir les cartouches commencent à manquer. Le Lieutenant Colonel Dulac fait alors remonter ses deux escadrons à cheval et, secondé par le commandant Jacques, pousse dans le crépuscule, sur un bataillon ennemi, une charge des plus vigoureuses, lui sabre un grand nombre d'hommes, le disperse en partie, puis ramène ses cavaliers à leur rôle de fantassins. Ces deux escadrons éprouvent des pertes sensibles : deux officiers (dont le capitaine de Cramayel) et 17 hommes tues ; 7 blessés et 25 chevaux perdus. La troupe n'abandonne la position qu'à la nuit tombée, vers huit heure du soir, pour protèger la retraite de l'armée française vaincue à Spicheren. [...] 250 dragons, appuyés par 150 sapeurs et 200 soldats du 2e RI lutterent pendant près de trois heures contre deux régiments, soit 600 français contre 5.000 Allemands." (Dick de Lonlay - Français et Allemands) 

A Rezonville, il est engagé en contre attaque de la charge de la brigade "Bredow" et charge le 7e régiment cuirassier prussien.

Après le siege de Metz, les hommes sont envoés en captivité en Allemagne.

Sous la République, le régiment reste en garnison en France jusqu'en 1914.


   

Paul Charles Jaquin

Né le 6/12/1824, ce bel officer au torse avantageux est Saint Cyrien de la promotion d'Ibrahim (1845-1847). A sa sortie de Saint Cyr il passe à l'école de cavalerie de Saumur pour compléter son instruction et est nommé Sous Lieutenant au 5e régiment de chasseurs.

En octobre 1850, il passe au 3e régiment de Chasseurs d'Afrique et il est promu Lieutenant le 28/12/1852. Il va alors servir 4 années en Algérie.

En mai 1854, Jaquin est nommé Capitaine au 7e régiment de dragons (au 5e escadron). C'est dans cette position qu'il embarque pour la Turquie le 3/7/1854 avec l'état major du régiment. Le transport en vapeur s'effectue sans encombre et Jaquin débarque à Gallipolli le 11 juillet 1854. Après avoir survécu à l'épidémie de Choléra qui tue 52 hommes en moins d'un mois, Jaquin est envoyé en Crimée le 15 avril et débarque une semaine plus tard dans la baie de Kamiesh où son régiment est embrigadé avec le 6e régiment de Dragons. Pas engagé durant le siège de Sébastopol, le 7e dragons est envoyé en septembre 1855 pour l'expédition d'Eupatoria. Il va participer brillament à la seule bataille de cavalerie de la campagne à Kanghil le 29/9/1855 et y culbuter la cavalerie russe en capturant 6 canons. Jaquin revient de Crimée décoré de la médaille britanique et est nommé capitaine adjudant major.

Peu de temps après son retour en France, il est envoyé au Chili comme officier instructeur avec la capitaine de Monerie. En Amérique du sud entre octobre 1857 et octobre 1859, il n'est donc pas en France pour la guerre d'Italie.
Revenu au pays, il est nommé au 12e régiment de dragons et c'est dans ce régiment qu'il se fait photographier vers 1860 à Saint Maixent, son régiment se trouvant en garnison à Niort. Mais la vie de garnison ne convient pas à notre officier, qui obtient en octobre 1864 de permuter au premier régiment de chasseurs d'Afrique, quitte à abandonner son poste de commandant d'escadron pour prendre le commandement en second d'un escadron, mais au sein d'un régiment qui fait campagne.
En janvier 1864, il rejoint la portion de son régiment au Mexique. Durant cette campagne, sa maîtrise de l'espagnol lui permet de prendre brièvement le commandement de la contre guerilla, en remplacement du terrible colonel Dupin entre novembre 1865 et janvier 1866. Il est cité à l'ordre du corps expéditionnaire le 21/1/1866 pour son intrépidité lors du combat de Bozia y Abria. Il est ensuite nommé chef de l'escadron monté de la légion étrangère le 16/9/1866 et y sert jusqu'en mars 1867. Revenu du Mexique en avril 1867, comme commandant du 4e escadrons du 3e chasseurs d'Afrique, il débarque directement en Algérie où il va servir jusqu'en 1870.

La guerre ayant été déclarée, Jaquin est promu Chef d'escadrons au 1er régiment de dragons le 29/8/1870 et rejoint la France début septembre. La réorganisation des troupes de cavalerie après les premiers revers de Metz et Sedan, le font affecter au 1er régiment de marche de Hussards le 23/9/1870.

Il est tué lors de la bataille de Coulmiers, le 9/11/1870.

Photo Lombard (St Maixent)


Auguste Dulac

Né le 14/1/1822 à Paris, Saint Cyrien de 1840, Chevalier de la Légion d'Honneur en 1860, Dulac a servi essentiellement dans l'arme des Dragons. Il a aussi été Chef d'escadrons au régiment des cuirassiers de la Garde (entre 1862 et 1867) et y a été promu officier de la Légion d'Honneur le 18/8/1866.

Promu Lieutenant Colonel le 23/10/1867, il rejoint le 12e régiment de Dragons. Il pose ici dans la tenue de 1868, peu de temps avant le déclanchement de la guerre de 1870.

A Spicheren le 7/8/1870, il a l'occasion de s'illustrer à la tête des 4e et 5e escadrons en organisant, en fin d'après midi, la défense de Forbach menacée par une division prusienne voulant tourner la position du corps du général Frossard devant Spicheren. Après avoir repoussé à pied pendant une heure les attaques prussiennes, "vers 7h du soir les cartouches commencent à manquer, le Lieutenant Colonel Dulac fait alors remonter ses deux escadrons à cheval et, secondé par le commandant Jacques, pousse dans le crépuscule, sur un bataillon ennemi, une charge des plus vigoureuses, lui sabre un grand nombre d'hommes, le disperse en partie, puis ramène ses cavaliers à leur rôle de fantassins. (D de Lonlay - Français et Allemands)" .

Après la guerre, Dulac est promu Colonel du 6e régiment de cuirassiers, fonction qu'il occupe jusqu'en 1878, date de sa mise à la réforme.

Il est mort en 1891.

Photo Delsart (Valenciennes)

   

 

Les colonels du 12e régiment de Dragons

 
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