Les tués de 1870-1871

 

Durant la guerre de 1870, les officiers français payèrent un lourd tribut à la France, puisque 5 420 officiers seront blessés et 2 359 tués. Ces quelques biographies, replacées dans leur contexte historique, retracent sommairement les carrières de certains de ces hommes.

 

Wissembourg (4/8/1870)

Le 4 aout, la division Douay du 1e corps, en pointe avancée à Wissembourg, est surprise par la IIIe armée allemande. Les 5000 français ne peuvent rien contre 40.000 allemands. Il sont battus et doivent se replier sur le corps de Mac Mahon.


Froeschwiller (6/8/1870)

La IIIe armée prussienne qui continue sa marche en avant attaque le 6 aout le corps d'armée du maréchal Mac Mahon sur les positions de Woerth/Froeschwiller/Reichshoffen. Combattant à un contre trois, les français sont battus, mais les pertes allemandes sont à peu près aussi importantes que celles des Français. L'armée de Mac Mahon parvient à retraiter sans être accrochée, mais doit  abandonner l'Alsace aux Prussiens pour se reconstituer au camp de Chalons.

Pierre François Jean Raphael Suzzoni

Né le 4/10/1818 à Cervione (Corse), Suzonni est polytechnicien et a fait la première partie de sa carrière dans l'artillerie avant de rejoindre l'infanterie indigène d'Algérie en 1854, comme capitaine au bataillon des tirailleurs d'Alger.

Toute sa carrière s'est affectuée en Algérie. "Il était tout petit et on se demandait comment tant de coeur, d'esprit et d'intelligence pouvait tenir en si peu d'espace - (du Barail - Mes souvenirs)" 

Fait Colonel le 27/2/1869, il prend le commandement du 2e régiment de tirailleurs à la fin de l'année, mais est nommé à la tête du cercle de Boghar. Au déclanchement de la guerre, il ne rejoint son régiment constitué pour la campagne en France que le 4/8/1870 à Froeschwiller. Deux jours plus tard c'est la bataille. Le régiment resiste durant la matinée aux assauts des bavarois sur les pentes du Hochwald attaqué à plusieurs reprises. Dans l'après midi, l'armée prussienne renforcée attaque de nouveau. "Lorsque les Prussiens deviennent trop pressants, les turcos recourant à la baïonnette, poussent une charge en avant pour se redonner de l'air. Leur terrible élan rejette chaques fois au bas des pentes la ligne allemande qui, renforcée sans cesse, reprend chaque fois sa marche en avant. Pour regagner les bois après chaque charge, les défenseurs doivent remonter les pentes à découvert sous le feu de l'artillerie ennemie. Ces pentes sont bientôt jonchées de cadavres ; les vignes et les houblonnières situées au dessous du bois sont mouchetées par les tuniques bleu clair des bavarois, les uniformes sombres des Prussiens, les pantalons rouges de nos lignards et les larges culottes de toiles de nos trucos. (historique du régiment)".

C'est dans une action de ce type que Suzzoni est tué : "Se mettant à la tête du 3e bataillon, il se lance sur l'ennemi. Les Prussiens sont encore obligés de descendre les pentes, la baïonnette dans les reins. C'était un répit de quelques instants, mais dans la charge, le colonel était tombé la poitrine trouée d'une balle qui le frappa au dessous et contre l'étoile de sa croix. Il expira presque immédiatement en disant : Tenons... tenons ! la vicoire nous restera... (historique du régiment)"

"Deux sapeurs tirailleurs emportent aussitôt le corps de leur chef roulé dans la toile d'une tente abri. Les deux bras sortent et pendent de chaque côté. Sur les manches en drap bleu clair brillent les cinq galons d'or. Plusieurs turcos l'accompagnent et ce funebre cortège s'engage dans le chemin creux jonché de blessés et de morts. (Français et Allemand - D de Lonlay)" 

 

Photo Alary & Geiser (Alger)

     

   

Léon André Poyet

Saint Cyrien, Poyet a servi comme capitaine au 11e bataillon de chasseurs et a gagné la croix de la Légion d'Honneur à Magenta ("16 ans de service effectifs, 9 campagnes")

Il est promu Chef de bataillon le 12/3/1866 et prend le commandement du 8e bataillon de chasseurs le 3/8/1867. Promu officier de la Légion d'Honneur en 1869, il pose ici à Toulouse dans la nouvelle tunique modèle 1868 à laquelle il a fait ajouter les galons plats portés sur la manche, juste avant l'entrée en campagne.

Sa dernière bataille est décrite dans le rapport relatif au bataillon durant la bataille de Froeschwiller :
" Le 8e bataillon est arrivé le 4 août à Frœschwiller, à 7 h. 1/2 du soir; les lere et 2e compagnies sont détachées en avant du village et préposées à la garde d'une batterie d'artillerie, les 3e, 4e, 5e et 6e compagnies sont campées dans les rues du village.
Le 6 août, les 3e, 4e, 5e et 6e compagnies, conduites par M. Poyet, chef de bataillon, prennent les armes entre 8 et 9 heures du matin et sont d'abord préposées à la garde d'une batterie d'artillerie, les 4e et 5e sont déployées en tirailleurs en avant, les deux autres sont en bataille. A 10 heures elles s'engagent dans le bois et y restent jusque vers 1 heure sans donner. A ce moment le bataillon reçoit l'ordre de marcher en avant pour appuyer le 2e régiment de tirailleurs, qui perdait beaucoup de monde. A peine engagé, M. Poyet est frappé mortellement d'une balle au dessous du sein droit, il est emporté et M. Gyss, capitaine de la 5e compagnie, prend le commandement du bataillon; L'adjudant-major est blessé très grièvement au bas-ventre. Après avoir marché en avant et battu en retraite plusieurs fois, les compagnies se retirent définitivement vers 4 heures sans ordres et sans chefs, car tous sont restés sur le champ de bataille, tués, blessés, prisonniers ou disparus.
Les lere et 2e compagnies, sous le commandement du capitaine Chardon, prennent les armes à 7 h. 1/4 et suivent la 1re à droite, la 2e à gauche, la batterie d'artillerie qu'elles doivent protéger, elles reçoivent l'ordre de se déployer et de se porter en avant vers 1 h. 1/2 pour couvrir la droite et la gauche du 2e régiment de zouaves.
Le mouvement de retraite commence vers 3 h. 1/2 et à 5 heures la déroute est complète ; le corps d'armée se retire sur Reichshoffen et les corps en désordre continuent dans la nuit du 6 leur retraite sur Saverne, où est le point de ralliement.
La perte du bataillon dans cette journée est évaluée à 2 officiers tués, 14 disparus ou blessés restés entre les mains de l'ennemi, 600 sous-officiers, caporaux ou soldats tués, blessés ou disparus.
M. Henriot, capitaine, arrivé au bataillon la veille de la bataille, est compris dans le nombre des disparus. M. Nouaux, officier sorti de l'école l'année précédente, après avoir reçu une blessure, est, avec le commandant du bataillon, de ceux dont la mort est certaine
."

 Photo Trantoul (Toulouse)

Adrien Henri Louis Archambault de Beaune

Né le 18/3/1819 à Veretz (Indre et Loire), Archambault de Beaune est élève de Saint Cyr entre 1838 et 1840 (Promotion de l'"An quarante"). Il a d'abord servi aux Chasseurs d'Afrique et a combattu en Crimée.

Il est promu Lieutenant Colonel au 9e cuirassiers en 1866. Il est à cette date officier de la Légion d'Honneur.

Lors de la bataille de Froeschwiller, il tombe à la tête de son régiment le 6/8/1870. Blessé, il décède le lendemain. Il est enterré au cimetierre comunal de Morsbronn.

Photo Levitski (Paris)

 

    

   

Ernest de Franchessin

Ce Saint Cyrien de la promotion de 1844 a fait campagne en Orient, en Afrique, en Italie et au Mexique. Il a servi comme Chef de bataillon au 3e régiment de Zouaves et au 20e bataillon de chasseurs, puis Lieutenant Colonel du 2e régiment de Zouaves (ici sur le cliché).

Promu Colonel en 1868, il prend le commandement du 96e régiment d'infanterie qu'il va conduire au feu en 1870.

Le livre du centenaire de Saint Cyr raconte sa mort le 6/8/1870 à Froeschwiller, rapportée par le caporal Fournier de son régiment : "Hardi jusqu'à la témérité, il excite les hommes de la voix et du regard et s'ecrie "A moi mes enfants ! à la baïonnette, courage !" Et il s'élance le premier. L'élan était donné mais une grêle de balles l'arrête ; la compagnie Hésite. Le colonel se retourne et crie pour la deuxième fois "A moi ! à la baïonnette !" Une balle le frappe au pied gauche qui est troué de part en part. Il s'adosse à une arbre, se fait déchausser et, malgré la douleur, il marche en s'appuyant sur moi. Nous n'avions parcouru qu'une faible distance qu'une nouvelle balle l'atteint au côté gauche, à 10 cm au dessous du sein. Je le sens tressaillir et il me dit avec un sang froid que je n'oublierai jamais "Je suis mortellement blessé." Il avait à peine achevé ces mots qu'une troisième balle le frappait à nouveau au côté droit, à la même hauteur que la seconde. Malgré ses trois blessures et avec un courage surhumain, il cria : "En avant ! en avant!". je le soutins de mon mieux, car malgré sa volonté de fer, il chancela. Avec l'aide de trois hommes du 3e bataillon, puis d'un cavalier démonté et d'un caisson, je l'emmenai près de l'ambulance; Pendant que je le soutenais sur mes épaules, il reçut une quatrième balle près de l'omoplate. Nous avions environ 100 metres à parcourir quand il commença son agonie qui dura trois minutes ; je voulus le porter jusqu'à l'ambulance ; c'était l'église de Froeschwiller qui était toute en feu. Nous laissâmes le corps du colonel dans une grange et nous pûmes regagner la forêt.

Photo Ken (Paris)  

Cyr Charles Maillard

 

 

Nommé Sous lieutenant le 5/3/52 au 3e RI, il participe à l'expédition de la Baltique et y reçoit la médaille commémorative britanique (c'est la médaille de droite sur la photo).

Lieutenant le 22/12/55, il est avec son régiment en Algérie entre 1859 et 1864, pour y participer aux campagnes du  Maroc (1859), de Kabylie (1860) et du Sud Algérien (1864). Il y reçoit la croix de la légion d'honneur.

Capitaine le 21/1/1863, il est capitaine adjudant major de son régiment au déclanchement de la guerre de 70

Il est tué le 6 aout 1870 à la bataille de Froeschwiller.

 

 

   

  

Pierre François Eugène André

Ce saint cyrien de la promotion de Crimée-Sébastopol (1854-1856) est nommé Sous Lieutenant le 1/10/1855 au 48e régiment d'infanterie.

Lieutenant le 16/3/1864, il fait campagne en Algérie entre 1864 et 1868.

Au déclanchement de la guerre de 70, il est Capitaine de son régiment qui participe à la bataille de Froeschwiller à la division du général Raoult le 6/8/1870.

Il y est tué alors que sa compagnie défend le bois de Froeschwiller. Le régiment perd dans cette affaire 1200 hommes, ainsi que 18 officiers.

Photo Muzet & Joguet (Lyon)

Jules Edouard Colson

 

Né le 20/1/1820, il fait Saint Cyr et l'école d'état major (1844). Officier brillant du corps d'état major, il fait la campagne de Crimée (où il est blessé le 18/6/1855), il sert en Algérie, notamment en 1857 pour la campagne de Kabylie et suit la campagne d'Italie.

Il sert aussi comme attaché militaire en Russie.

Au déclanchement de la guerre, il est Général de brigade, chef d'état major du Maréchal Mac Mahon au 1er corps d'armée.

Il est tué le 6 aout 1870, à la bataille de Froeschwiller.

Dans ses souvenir inédite, la Maréchal Mac Mahon relate ainsi la mort de son chef d'état major : "Environ à 2 h 1/2, j'aperçus entre le Niederwald et Woerth une colonne, qui se formait sur la rive droite de la Sauer et se disposait à attaquer la position qui se trouvait devant elle. Je crus alors devoir la faire repousser par la division Conseil-Dumesnil, qui se trouvait déployée en face d'elle par bataillons, en colonne. J'ordonnai à mon chef d'état-major, le général Colson, de transmettre lui-même l'ordre au général Conseil-Dumesnil de porter sa division en avant et de repousser l'ennemi au delà de la Sauer. Mais, comme je ne pouvais prendre une offensive générale, il devait, après avoir repoussé l'ennemi, venir prendre son ancienne position, où ses hommes avaient laissé leurs sacs. A ce moment, le général Colson fut frappé d'une balle au coeur et tomba raide mort. Ce fut pour moi une perte réelle et je sentis tout de suite combien il me serait difficile de le remplacer. Je donnai à un autre officier les mêmes instructions pour le général Conseil-Dumesnil."  

Il est enterré au cimetierre de St Aubin du Aire (Meuse)

 

Photo Disdéri (Paris)

        

    

Abdallah Ben Missoun

Abdallah ben Missoun a déjà une longue carrière de sous officier derrière lui au 2em régiment de tirailleurs algériens, lorsqu'il est promu Sous Lieutenant le 28/3/1863.

Il a servi en Algérie, mais aussi durant la campagne d'Italie, dont il est revcenu décoré. Spécificité du corps des tirailleurs algériens, le corps des officiers est composé d'officiers indigènes, qui peuvent servir jusqu'au grade de lieutenant. Ben Missoun porte ici leur tenue spécifique : veste et gilet de forme arabe, en drap bleu de ciel, ornés de tresses et de galons en soie noire. Grades en forme de noeuds hongrois sur les manches. Pantalon arabe en drap orné de chamarrures en soie noire. Chéchia et turban, bottes souples en cuir noir verni.

Au début 1870, il participe à l'expédition de l'Oued Guir, puis en aout 1870, fait partie des officiers envoyés combattre en France. Il sert à la 3e compagnie du 2e bataillon.

Le 6/8/1870 à Froeschwiller, le régiment va défendre l'éperon boisé du Hochwald contre les attaques prussiennes et bavaroises, très supérieures en nombre. Pour arréter leur marche en avant, les tirailleurs doivent effectuer de nombreux retours offensifs à la baïonnette qui rejettent plusieurs fois l'ennemi dans les bois d'où ils essaient de déboucher, mais au prix de pertes sanglantes, notamment lorsqu'ils doivent remonter la pente vers le couvert du bois, sous le feu de l'artillerie. Ben Missoun est grièvement blessé lors de la bataille.

Il succombe de ses blessures le 26/8/1870 à Soultz.

Noël Raoult

Né à Meaux le 26/12/1810, fils d'un boulanger, il a fait Saint Cyr et l'école d'état major. Il a servi en Algérie à l'état major du général Pelissier et s'est distingué en Crimée où il a été blessé à deux reprises le 6 juin et le 8 septembre 1855.

Revenu de Crimée comme commandeur de la Légion d'Honneur, seul Lieutenant Colonel a avoir cette distinction, il est nommé chef d'état major de la Garde Impériale, fonction qu'il occupe alors qu'il est photographié par Le Gray.

Il a été nommé Général de brigade après la campagne d'Italie et Général de division en 1867.

En 1870, il commande une division de l'armée de Mac Mahon. Ces derniers instants lors de la bataille de Froeschwiller le 6/8/1870 ont été racontés par le Maréchal de Mac Mahon . "Peu après, le général Raoult évacua les positions qu'il occupait en avant de Froeschwiller. Plusieurs fois, serré de trop près, il exécuta des retours offensifs qui rejetèrent en arrière les assaillants. Il n'évacua Froeschwiller qu'au moment où il allait être tourné. De sa personne, il était resté avec ses derniers tirailleurs. Ce fut la qu'il reçut une balle qui le blessa mortellement. Il tomba; les soldats se précipitèrent et voulurent l'emporter, mais il eut encore assez de forces pour leur donner l'ordre formel de le laisser sur place. Ils le soulevèrent, mais prenant alors son épée, il menaça de les en frapper, s'ils refusaient de lui obéir. Ils se retirèrent. Il fut pris par l'ennemi et conduit à l'ambulance où il mourut quelques jours après."

  

   

Charles Robert de Vogüé

 

Né le 16/12/1835 à Paris, il est Saint Cyrien de la promotion Crimée-Sébastopol (1854-1856), sorti 198e sur 416..

Sous Lieutenant le 1/10/1856, il est nommé au 8e régiment de hussards avec qui il fait la campagne d'Italie.

Lieutenant 17/1/1863, il passe au 11e régiment de chasseurs à cheval et est envoyé en Algérie en 1864, en garnison à Mostaganem. Il y est nommé chevalier de la Légion d'Honneur.

Capitaine le 14/8/1867, la vie africaine lui convient puisque lorsque le 8e Hussard rentre en France, de Vogüé obtient sa permutation au 1er régiment de Spahis en 1868. Remarqué par le haut commandement, et bénéficiant d'importants appuis familiaux, il est nommé officier d'ordonnance du maréchal de Mac Mahon, gouverneur de l'Algérie. Cette fonction explique le port des aiguillette sur ce beau portrait, oeuvre du photographe Geiser.

De Vogüé suit Mac Mahon lorsque celui-ci est nommé commandant l'armée d'Alsace en 1870.

Il est tué le 6/8/1870 à la bataille de Froeschwiller, d'une balle en plein front. Enterré dans une fosse commune, son père devra faire des recherches pour retrouver son corps et lui donner une sépulture individuelle : "Le capitaine de spahis de Vogüe, officier d'ordonnance du maréchal McMahon, avait été jeté dans une vaste fosse, et la famille fit pendant plusieurs mois de vaines recherches pour retrouver ses restes. Enfin, on s'arrêta devant une fosse qui refermait 80 corps complètement meconaissables. Des témoins de l'action affirmaient que de Vogüe était tombé à 60 metres des maisons de Woerth. Une balle l'avait frappé entre les deux yeux, lui brisant le front. Une reconnaissance par les traits du visage était donc impossible. Les parent et les amis n'espéraient découvrir son corps que par un de ces événements providentiels qu'on nomme le hasard. On ramena à la surface 78 cadavres sur les 80 qui reposaient à cet endroit. Au 79e, un paysan de Froeschwiller qui avait aidé le lendemain de cette bataille à la mise en terre, fut frappé par la vue d'une gourmette couverte de vert de gris et de terre pendant à un lambeau de vêtement. Il se souvint d'avoir arraché d'un pantalon une petit chaîne de cuivre dont le brillant avait attiré son regard ; constatation faite, on reconnut les sous pieds du capitaine de Vogüe. (Ambert - Recits)"

 

Photo Geiser (Alger)


 

Forbach - Spicheren (6/8/1870)

En Lorraine, les Ie et IIe armées allemandes  attaquent au sud de Sarrebruck le 2e corps d'armée du général Frossard. Celui ci, peu soutenu par le reste de l'armée de Lorraine doit battre en retraite.

Jean Maurice Fontaine de Cramayel

Né le 2/8/1839 à Metz, il est issu d'une famille qui fournit de nombreux militaires et diplomates à la France. Après avoir fait l'école de Saint Cyr en 1856, il est nommé Sous Lieutenant au 1er régiment de carabiniers le 1/10/1858.

Lieutenant le 11/8/1862, il passe au régiment de carabiniers de la Garde en janvier 1866. C'est dans ce grade qu'il est photographié par le Roch, alors qu'il est à Saumur, à l'école de cavalerie.

Capitaine le 30/10/1867, il passe au 12e régiment de dragons, comme capitaine instructeur.
Lors de la guerre de 1870, il est capitaine adjudant major. Le 6/8/1870, alors que le 2e corps d'armée du général Frossard organise la position défensive de Forbach, deux escadrons du régiment partent reconnaître la route de Sarrelouis. remontant la chaussée du chemin de fer. Il n'ont pas fait deux kilometres qu'ils rencontrent une forte colonne prussienne dont la pointe d'avant garde a été contenue le matin par les sapeurs de la division. Les dragons ont devant eux toute la 13e division prussienne (forte de 4 régiments), qui s'avance en masse serrée, précédée d'un régiment de Uhlans et accompagnée de son artillerie. Vouloir avec 250 cavaliers arréter cette colonne est impossible et les cavaliers rebroussent chemin pour venir s'installer à la gauche de la compagnie du génie qui s'est déployée en tirailleurs dans le retranchement barrant la route. Là les dragons mettent pied à terre. A 6 heures les prussiens se déploient et établissent une batterie à mille metres et leurs tirailleurs arrivent à couvert par les bois et débouchent à 400 metres des retranchements. Rejoints par le gros de la colonne, ils commencent un feu des plus vifs ; pendant plus d'une heure les allemands font d'inutiles efforts pour déloger les français et ils sont tenus en respect. A court de munitions, les deux escadrons de dragons remontent à cheval et poussent dans le crépuscule sur un bataillon ennemi une charge des plus vigoureuse. Ils leur sabrent un grand nombre d'hommes, les dispersent en partie, puis reviennent tenir leur rôle de fantassins. Ces deux escadrons subissent des pertes sensibles et dans l'engagement, de Cramayel est tué, avec 18 de ses camarades.

Son corps ne sera pas retrouvé.

Photo le Roch (Saumur)

   

    

Charles Auguste de Beurmann

 

Né le 23/1/1829 à Wissembourg, Charles de Beumann est promu Capitaine du 63e régiment d'infanterie le 24/5/1859.

En 1870, il en commande la 3e compagnie du 3e bataillon. Le 6/8/1870 à Spickeren, le bataillon est en soutien d'une batterie de mitrailleuse déployée au sud ouest du bois de Rotherberg lorsqu'il est ordonné d'appuyer les troupes engagées dans le bois. "Pour se dérober à la vue des batteries prussiennes qui canonnent violamment la position, le bataillon entre dans le sous bois et descend vers le nord en longeant la lisière ouest. Au débouché de ce couvert, outre les obus qui lui viennent de la gauche, il est assailli du même côté par une violent fusillade qui met hors de combat le capitaine de Beurmann (historique du régiment)".

 Son corps n'est pas retrouvé et il est promu chevalier de la Légion d'Honneur à titre posthume le 19/10/1870.

 

Photo Darnay (Poitier)


Borny (14/8/1870)

Après la retraite de Forbach, l'armée de Lorraine se concentre à Metz. Bazaine, nommé commandant en chef, décide de retraiter vers Verdun.  Les Prussiens, se rendnat compte de la manoeuvre attaquent les arrières gardes française du 3e Corps à Borny. Celui ci fait face, et renforcé par le 4e Corps, il inflige aux Prussiens des pertes sévères (5000, contre 3000 français), mais la retraite vers Verdun  est retardée de deux jours.

Augustin Marie Maurice de Labarrière

Saint Cyrien de la promotion d'Isly (1843-1845), de Labarrière a fait l'essentiel de sa carrière dans l'arme des chasseurs à pied, au 8e bataillon et au bataillon des chasseurs à pied de la garde Impériale dont il porte l'uniforme sur la photo ci contre. Il s'est notamment illustré en Italie.

La guerre de 1870 le trouve Chef de bataillon du 20e bataillon de chasseurs à pied. Il rencontre son destin le 14 aout 1870 à Borny.

Après avoir pris le bois de Mey, les Allemands souhaitent en déboucher. " Le général de Brayer envoie aussitôt le 20e bataillon de chasseurs défendre le village du même nom. Le commandant de Labarrière détache aussitôt deux compagnies pour fouiller les vergers et les maisons du village où les Prussiens veulent pénétrer. Le feu de nos chasseurs force les Allemands à se réfugier sous le bois. La nuit commençait à venir. On entendait une vive fusillade dans le bois, nos chasseurs hésitent à tirer, craignant que le 5e bataillon n'ait réoccupé le bois. Le commandant de Labarrère veut s'en assurer et se porte en avant en reconnaissance, le revolver au poing, suivi d'une section. Aussitôt les Prussiens qui occupent la lisière, en sortent en nombre, agitant des mouchoirs blancs, criant qu'ils se rendent et levant la crosse en l'air. Le commandant fait cesser le feu qui partait des premières maison et s'avance seul vers l'ennemi. Tout à coup les fusils des Allemands s'abaissent et une décharge meurtrière à bout portant couche par terre le brave commandant. Un cri de rage, un cri de vengeance, part de toutes les poitrines des chasseurs du 20e. Une terrible fusillade, suivie d'une attaque vigoureuse, chasse encore une fois les Prussiens du bois. Plus tard, on rapport le corps du commandant ; une balle lui a traversé les deux tempes. Les chasseurs du 20e, tête nue, font la haie sur son passage. On le porte à une ambulance provisoire établie dans le village. Le capitaine Cugnier prend sa croix, son sabre et son képi ; ces précieuses reliques seront envoyées à sa famille (Richard : historique des chasseurs à pied).

Photo Prevot (Paris) 

     

      

 

Il est tué lors de la bataille de Borny le 14/8/1870 alors que sa compagnie protège la retraite de l'artillerie dans le bois de Mey. Il est enterré sur place.

Photo Sacarau (Toulouse)

Claude Théodore Decaen

Né le 20/9/1811 à Utrecht. A sa sortie de saint cyr, il rejoint le 21e régiment avec lequel il fait la campagne d'Alger en 1830.

Chef de bataillon le 6/5/1850, il a commandé le 1er bataillon de chasseurs à pied en Algérie entre 1853 et 1854. Il a servi en Crimée comme Colonel du 7e régiment d'infanterie et il s'est brillament illustré lors de la prise de Sébastopol en plantant le drapeau de son régiment dans le fort de Malakoff, ce qui lui a valu d'être nommé Général de brigade.

En 1857, il commande une brigade de voltigeurs de la Garde Impériale, ce qui nous vaut cette photographie de le Gray au camp de Chalons. Il garde ce commandement durant la guerre d'Italie, jusqu'à la bataille de Magenta à la suite de laquelle il est nommé Général de division, commandant la 2e division du corps d'armée de Mac Mahon.

En 1870, grand officier de la Légion d'honneur, il est mis à la tête du 3e Corps d'armée. Il est blessé le 14/8/1870 à Borny. Du Barail raconte dans ses mémoires : "Le général Decaen, pendant qu'il se prodiguait sur le champ de bataille, reçut une balle qui, contournant le genou, vint se perdre dans le jarret. Malgré ses officiers, il voulut rester à cheval, mais la bête ayant été tuée, le malheureux général tomba, sa jambe blessée engagée sous le corps du cheval. Il fallut l'emporter à l'ambulance où il mourut peu de jours après, pleuré par toute l'armée".

   

   

Rémi Héraud

Officier au 71e régiment d'infanterie, il est promu Lieutenant le 27/12/58. Engagé en Italie, notamment à Solférino, il revient de cette campagne décoré de la médaille d'Italie.

Capitaine, le 12/3/1866, il reçoit la croix de la Légion d'Honneur peu avant la guerre de 1870.

Durant la guerre de 70, le régiment fait partie du 3e corps d'armée et Héraud y sert au 3e bataillon.

Le 14/8/1870, à Borny, son bataillon est engagé durant toute la bataille, jusqu'à épuisement complet des cartouches. Rémi Héraud y trouve la mort. Durant l'engagement, le bataillon est décimé, y perdant 2 officiers tués, 8 blessés, et pour la troupe, 50 tués, 198 blessés et 44 disparus.


Rezonville (16/8/1870)

L'armée de Lorraine reprend sa marche vers Verdun, mais est arrêtée par deux corps d'armée prussiens qui ont pu, passant au sud de Metz, couper la route de la retraite française. Bazaine ne parvient pas à profiter de sa supériorité numérique (135.000 français contre 95.000 Prussiens). Les deux partis perdent environ 16.000 hommes chacun et la marche des Français est arrêtée.

Antoine Dieudonné Louis Charles Levézou de Vézins

 

 

 

Une page spéciale est consacrée à la mort de cet officier le 16/8/1870 à Rezonville.

 

 

 

Photo Bondonneau (Paris)

    

François Eugène Carbonnel

François Carbonnel est fils d'un négociant. Il est né le 6/10/1827 à Rouen.

Il a fait la campagne de Crimée comme Lieutenant au 5e régiment d'artillerie.

Il est promu Capitaine le 30/12/1857. Il sert au 16e régiment et est affecté au corps d'occupation en Italie, date à laquelle est prise la photo ci contre.

La guerre de 1870 le trouve capitaine du 5e régiment d'artillerie montée, commandant la 10e batterie composée de canons de 12 rayés. Il se distingue une première fois lors de la bataille de Spicheren, le 6/8/1870.
Lors de la bataille de Rezonville le 16/8/1870, il se distingue à nouveau en contribuant à contrebattre les batteries prussiennes installées au sud de Flavigny. Ses tirs sont cependant impuissants et la batterie souffre beaucoup et est obligée de se replier. Dans le mouvement en avant qui se produit plus tard, la batterie reprend la position qu'elle avait quitté et son tir appuie notamment la charge de la cavalerie de la Garde (lanciers et cuirassiers). Traversée par les batteries de la Garde, par les cuirassiers français et par la cavalerie ennemie, elle ne peut reprendre son tir et doit effectuer un mouvement de recul pour se reporter sur la crête à l'est du chemin de Gorze à Rezonville où elle se reforme et se réapprovisionne. Dans ce mouvement, le capitaine Carbonnel qui est resté en arrière avec l'une de ses pièces est tué par un obus perdu en traversant le ravin.

Il est promu officier de la Légion d'Honneur à titre posthume le 20/8/1870.

Photo Altobelli (Rome)

Dominique Manaud d'Aure

Eleve de l'école de Saint Cyr (promotion de la nécessité), il est nommé Sous lieutenant au 2e régiment de chasseurs dans lequel il va faire toute sa carrière militaire.

Lieutenant le 24/12/1846, puis Capitaine le 31/3/1851, il fait la campagne d'Italie et y est nommé chevalier de la légion d'honneur.

En 1865, il se fait photographier alors qu'il est adjudant major du régiment. Ce grade, qu'il occupe depuis plus de dix ans, est reconnaissable à la teinte différente du galon central par rapport aux deux galons extérieurs. D'Aure arbore sa croix de la légion d'honneur, sa médaille commémorative d'Italie et l'ordre militaire du royaume de Savoie, tous reçus durant la campagne d'Italie.

Il sera nommé Chef d'escadron le 13/8/1865, toujours au 2e chasseurs. En aout 1870, lors de la bataille de Rezonville, il est renversé de son cheval par un eclat d'obus d'artillerie. Il meurt à l'ambulance du château de Villers sous Bois le 18/8/1870 à 17h d'une plaie pénétrante à la poitrine.

Photo Prévot (Paris)

  

     

Frédéric Legrand

Né en 1810, frédéric Legrand est un officier sorti du rang. Il s'est distingué de nombreuses fois en Algérie durant la conquête (notamment lors de la prise de la smala d'abd el Kader et lors de la bataille d'Isly) au régiment des Spahis, puis aux chasseurs d'Afrique. Il a aussi servi comme Lieutenant colonel aux Guides de la Garde.

Au déclanchement de la guerre de 1870, il est Général de division depuis deux ans et déjà Grand Officier de la Légion d'Honneur depuis 1864. Malgré ses soixante ans, il réclame un commandement actif et est nommé à la tête de la division de cavalerie du 4e Corps d'armée.

Le 16/8/1870 à Mars la Tour, il charge à la tête de la cavalerie française dans l'une des plus grande bataille de cavalerie de l'histoire.

Les détails des circonstances de sa mort diffèrent. Pour Dick de Lonlay (Francais et Allemands), son cheval ayant été tué dans la mélée, il tombe, brise son épée et reste coincé, une jambe prise sous sa monture. Une douzaine de dragons oldenbourgeois s'acharnent alors sur lui "pour le larder et le fouler aux pieds de leurs chevaux". Son aide de camp, le lieutenant Voirin, qui ne peut rien faire pour le sauver et est lui même blessé de 17 coups de sabre en essayant de le protéger. Pour son autre aide de camp, le lieutenant Longuet, il a d'abord la poitrine percée d'un coup de lance, puis il reçoit un violent coup de sabre au dessus de l'oreille gauche et ne rejoint le fossé de la route de Mars la Tour qu'appuyé sur le bras d'un capitaine de dragons, pour mourir quelques heures plus tard.

Enterré à Doncourt les Conflants, il laisse une veuve et onze enfants, famille nombreuse sans fortune.

Sa carrière est détaillée sur une page qui lui est consacrée.

Photo Disdéri (Paris)

Michel Brayer

Né en 1811, ce fils d'un général d'empire à servi en Algérie et en Crimée où il a été blessé.

Colonel en 1859, il s'est illustré à Magenta en commandant le premier régiment de la Légion Etrangère qui bouscule l'armée autrichienne et prend la ville de Magenta au prix de lourdes pertes. Il est ici photographié comme Colonel du 67e RI, commandement qu'il occupe après la guerre d'Italie.

Lors de la guerre de 1870, il commande une brigade du 4e corps d'armée. A Rezonville, sa brigade est engagée dans l'attaque du ravin de la cuve, action surprise qui met en déroute une brigade complète de l'armée prussienne (brigade Wedell). Cette action décisive est néanmoins arrêtée par la charge sacrificielle des dragons de la Garde prussiens qui stoppe toute vélléité offensive française. Sa mort est relatée dans le style inimitable des écrits patriotiques de l'époque : "A peine la première brigade achève-t-elle de se déployer, qu'elle se trouve face à face avec l'infanterie ennemie; au même instant, le général Brayer a son cheval tué sous lui, pendant qu'il donne ses ordres d'attaque au 1er régiment de ligne. Mettant aussitôt l'épée à la main, il va ordonne de sonner la charge, mais le feu ennemi redouble. Le commandant de la 1ere brigade, frappé à mort, tombe à côté de son aide de camp qui vient lui aussi d'être atteint mortellement. Au moment de rendre le dernier soupir, l'infortuné général se fait apporter le drapeau du 1er de ligne, afin de mourir en regardant ce symbole de la patrie."

Sa carrière est détaillée sur une page qui lui est consacrée.

Photo Parisienne (Paris)

       

   

 

Louis Marie Gustave Arthur Barbeyrac de Saint Maurice

 

Saint Cyrien de la promotion du Prince Impérial, Louis Barbeyrac est nommé Sous Lieutenant le 1/10/1857 au 8e bataillon de chasseurs avec lequel il fait la campagne d'Italie et se distingue à Magenta. Il rejoint ensuite le bataillon des chasseurs à pied de la Garde Impériale, dont il porte ici la tenue.

Promu Lieutenant le 12/8/1864, il passe au 16e bataillon de chasseurs. Lors de la guerre de 1870, il sert au 12e bataillon, lors de sa promotion comme Capitaine.

Le 16 aout à Gravelotte, le 12e bataillon est fortement engagé sur le front du 2e corps d'armée et notamment devant le village de Vionville dont il s'empare un instant , mais qu'il est forcé d'abandonner devant la supériorité de l'adversaire :
"Le général Bataille, en voyant le 12e bataillon exécuter, de position en position, ses feux à volonté, ne peut s'empêcher d'applaudir. Cette lutte glorieuse coûta au bataillon 5 officiers tués, 6 blessés et 226 chasseurs tués, blessés ou disparus" (historique du bataillon).

Barbeyrac de Saint Maurice figure parmi les tués.

Photo Prévot (Paris)

 

 

 

 

Julius Richardson de Marguenat

 

Né en Angleterre le 21/8/1812, ce Saint Cyrien de la promotion de 1830 a servi une dizaine d'années en Algérie où il a été cité plusieurs fois. Il a notamment été blessé deux fois, à Milianah en novembre 1839, puis à Medeah en avril 1841, alors qu'il servait au 17e régiment léger. Il a servi comme officier d'ordonnance du Duc d'Aumale lors de l'épisode de la prise de la smalah d'Abd El Kader.

Colonel du 1er régiment léger entre 1848 et 1854, il est nommé officier de la Légion d'Honneur en 1850.

Général de brigade en 1854, il a commandé durant sept mois une brigade en Crimée. Commandeur de la Légion d'Honneur depuis le 16/3/1860, en 1870, il commande la brigade composée des 25e et 26e régiment d'infanterie dans le 6e corps du maréchal Canrobert.

Lors de la bataille de Rezonville, vers 17 heures, il conduit sa brigade sur la gauche du village de Rezonville pour attaquer une position occupée par une batterie de canons de 12 prussienne, mais la brigade doit reculer et subit d'importantes pertes. Le général Marguenat est tué pendant l'action. 

Photo Bertall (Paris)

      

  

Pierre Jean Olympien Amédée Richet

Sous Lieutenant depuis le 24/12/1862, Richet rejoint le régiment des Lanciers de la Garde deux ans plus tard. Il en porte ici l'uniforme de grande tenue.

Toujours en service en 1870, il entame la campagne de Lorraine et est engagé à Rezonville / Mars la Tour le 16/8/1870 avec son régiment.  

Lors de la charge du plateau d'Yron, son régiment est victime d'une terrible méprise : "Nos malheureux lanciers de la Garde, qui ont donné dans l'aile droite de la division Legrand, sont pris par notre 3e dragons, à cause de leur veste bleue de ciel de petite tenue, pour des dragons prussiens et son massacrés sans pitié. Au milieu des imprécations, des détonations et du cliquetis des sabres se choquant les uns contre les autres, on distingue à peine les cris de "Ne nous frappez pas ! Nous sommes françaais !" "Pas de quartier !" leur répondent nos dragons qui ont vu des uhlans clouer au sol des blessés et qui, pensant à une ruse de l'ennemi pour les arrêter, frappent toujours. Quelles horribles scènes, mais comment faire pour y mettre fin ?" (D de Lonlay - Français et Allemands)

Richet est personnelement victime de cette erreur, comme le raconte Maurice de Baillehache dans ses souvenirs lorsqu'il est promu Lieutenant au régiment en remplacement de Richet quelques jours plus tard : "Le malheureux officier que je remplaçais n'avait pas été tué le 16 par un Allemands, mais par un maréchal des logis du 3e dragons, dans la confusion qui suivit la sonnerie du ralliement. Je vois encore ce sous officier à cheval, ayant perdu son casque, la lame de son sabre rouge de sang et pendue à la dragonne, venir d'un air désespéré dire au colonel de Latheulade, occupé à rallier ses escadrons sur le plateau "Mon colonel, je viens de tuer un officier de votre régiment !" - "Vous travaillez bien, vous..." se contenta de répondre tristement M de Latheulade".

Photo Darnay (Melun)

 

 

 

Marie Henri Auguste de Neukirchen de Nyvenheim

Saint Cyrien de 1865 à 1867 (dont il porte la tenue sur cette photo), il est nommé Sous lientenant le 1/10/1867 au 4e régiment de chasseurs d'Afrique, puis au 11e régiment de chasseurs le 4/3/1868.

Le 8/8/1869, il rejoint la garde Impériale, comme officier au régiment des lanciers de la Garde.

Il charge avec son régiment lors de la bataille de Rezonville : "En chargeant à la tête de son peloton, il cria à ses lanciers "Allons mes amis, faites comme moiet vous ferez bien, mais ne me lardez pas !", puis il disparût, au milieu d'un tourbillon de poussière. La moitié du régiment ne revint pas. Le pauvre Auguste avait été frappé d'un coup de lance à la gorge, d'un coup de feu à la jambe et désarçonné, il eut même plusieurs côtes enfoncées sous le piétinement des chevaux. Le soir, on le relevé mourant sur le champs de bataille." (souvenirs de l'école de Sainte Geneviève - E Chauveau).

Il meurt de ses blessures le 15/9/1870

Photo Franck (Paris)

  

  

Theophile Alexandre Frelon

Cet officier a fait une grande partie de sa carrière aux chasseurs à  pied. Fait Sous Lieutenant le 29/12/1853 au 16e bataillon de chasseurs, puis Lieutenant le 20/11/1855 au 18e bataillon, il a reçu la croix de Chevalier de la Légion d’Honneur en 1859 ("17 ans de service, 5 campagnes").

Promu Capitaine le 12/8/1864, il rejoint la Garde Impériale au 2e régiment des voltigeurs, peu avant la guerre de 1870.

Il est tué le 21/10/1870 lors de la bataille de Ladonchamps : « trois bataillons de voltigeurs sont chargés d’attaquer les grandes Tapes. Au signal donné, ils partent au pas acceléré aux cris mille fois répétés des « Vive la France ! ». Les balles et les obus pleuvent de toutes parts, mais rien n’arrête l’élan de nos voltigeurs. La capitaine Frelon du 2e régiment reçoit la fusée en cuivre d’un obus dans le jarret et meurt de cette blessure (Français et Allemand - de Lonlay).

Il est fait officier de la Légion d’Honneur à titre posthume le 31/5/1871 (pour prendre rang le 9/10/70).

Photo Malardot (Metz) 

     

Marius Amedée de Bermond de Vaulx

 

Né le 24/1/1838, Saint Cyrien de la promotion de l'Indoustan (1857/1859), il est nommé Sous Lieutenant le 1/10/1859, au 18e bataillon de chasseurs.

Envoyé en campagne au Mexique, il est promu Lieutenant le 13/8/1865 et rejoint le 7e bataillon. Il est ici à droite photographié au Mexique à Guadalajara, peu de temps avant d'être décoré de l'ordre de Notre Dame de la Guadalupe, que l'on voit porté à gauche, de retour en France.

Il est promu Capitaine le 10/8/1870 et rejoint le 20e bataillon. Durant la guerre de 70, le bataillon est engagé à Rezonville et contribue à l'attaque du ravin de la Gréyère qui repousse la brigade prussienne du général Wedell. Brémond de Vaux est tué lors de l'engagement :
"Le 20e bataillon de chasseurs accourt au pas de gymnastique, précédent la division de Cissey. Pendant une dizaine de minutes, un feu rapide de l'effet le plus terrible s'engage alors entre les deux partis, qui sur certains points, sont séparés seulement par une distance de moins de cinquante metres. A aussi courte distance, toute différence disparaît entre le fusil à aiguille et le chassepot et chaque balle porte. Une véritable masse de plomb passe sur nos soldats qui tantôt couchés, tantôt debout, gagnent toujours du terrain. Un feu épouvantable part sans relâche des premiers, mais l'acharnement des combattants est tel, que les survivants se précipitent par dessus les cadavres de leurs camarades, pour les venger et continuer la lutte. La fumée est si épaisse que l'on distingue à peine les réserves de l'ennemi de l'autre côté du ravin et ses tirailleurs embusqués derrière les javelles de blé, du côté du ravin occupé par nos troupes. Le 20e bataillon de chasseurs est sans cesse le plus ardent à la mélée, mais déjà la mort a fait de cruels ravages dans ses rangs : le capitaine de Bermont de Vaulx est tombé. (D de Lonlay - Français et Allemands)".

Photos Sacarau (Toulouse) et Octaviano de la Mora (Guadalajara)

 

      


Saint Privat (18/8/1870)

Après Rezonville, les Français se regroupent et attendent l'attaque des Allemands sur les positions Saint Privat/Amanvilliers/Gravelotte, face à l'ouest. Il sont attaqués par toutes les forces allemandes regroupées (180.000 hommes) qui s'interposent sur la route de Vedrun. La bataille est longtemps indécise, mais la prise du village de Saint Privat bouscule la droite française, qui doit retraiter à Metz. Les Prussiens ont perdu 20.000 hommes (contre 13.000 français), mais il réussisent à enfermer Bazaine dans Metz.

Auguste Benjamin Aimé Delherbe

Officier sorti du rang, Delherbe a servi au 4e bataillon de chasseurs à pied en Crimée comme Lieutenant (nommé le 13/10/1849).

Il est promu Capitaine le 28/4/1855 et rejoint le 20e bataillon de chasseurs. Il sert alors en garnison à Rome (ici sur la photo), puis au Mexique, avant de faire la campagne de 1870. Durant celle-ci, il prend le commandement du bataillon le 15/8 après la mort du commandant de Labarrère à Borny (voir ci dessus) et le conduit au feu à Rezonville oú il s'illustre devant le ravin de la Greyère.

Lors de la bataille de Saint Privat, deux jours plus tard, le bataillon est chargé du soutien de deux batteries. "Vers 11 h. 30, le canon se fait entendre sur notre ligne tout entière avec une grande violence; l'ennemi vient de prendre l'offensive. Le bataillon prend les armes à la hâte et reçoit l'ordre de se porter en soutien de batteries, laissant les sacs, les bagages et le camp dressé, sous la garde des hommes malingres et du vaguemestre. Le bataillon est fractionné en deux parties. La première, commandée par le capitaine Delherbe, comprend les 1e, 2° et 3e compagnies; la deuxième, commandée parle capitaine adjudant-major Leclère, comprend les 4e et 5e compagnies ; chacune de ces fractions protège une batterie. La batterie soutenue par le capitaine Delherbe s'établit vers la gauche, en avant d'Amanvillers, un peu en avant du chemin de fer. Après une heure d'une violente canonnade, la batterie soutenue par le capitaine Delherbe est anéantie ; une autre la remplace ; malgré des prodiges de valeur, elle subit bientôt le même sort. Les attelages sont détruits et il faut des chevaux de la réserve pour emmener les pièces. Les chasseurs, exposés à une grêle inouïe de projectiles, restent accroupis, à droite et à gauche des pièces, dans les sillons sans pouvoir tirer sur un ennemi qu'ils n'aperçoivent même pas. Plus de 60 bouches à feu écrasent de leur feu l'emplacement que viennent d'abandonner nos batteries; beaucoup de chasseurs sont hors de combat, et les trois compagnies sont forcées de se retirer dans la tranchée du chemin de fer qui les abrite un peu du feu d'artillerie partant du bois de la Cusse qu'on avait négligé d'occuper. Il est 4 heures, le feu continue sans aucun progrès de part et d'autre. Plusieurs fois les Prussiens essayent de déboucher du bois, mais une fusillade meurtrière les y fait rentrer chaque fois qu'ils essayent de se porter sur Amanvillers. A 7 heures, le capitaine Delherbe fut tué dans la tranchée du chemin de fer d'un éclat d'obus dans le ventre." (Rapport du bataillon).

Il est enterré au cimetierre militaire d'Amanvilliers.

Photo Frat. d'Alessandri (Rome)

  

  

Laurent Victor Edmond Macquaire

Saint Cyrien de la promotion de 1844, il fait la première partie de sa carrière au 33e régiment d'infanterie. Promu Capitaine le 21/9/1854, il sert au 8e bataillon de chasseurs entre 1856 et 1862 et se distingue à Magenta où son bataillon prend la redoute autrichienne défendant le pont de chemin de fer devant le village.

Nommé Chef de bataillon le 12/8/1862, il est nommé au 84e régiment d'infanterie, dont il porte ici l'uniforme. Il prend ensuite le commandement du 12e bataillon de chasseurs en 1864 qu'il conduit pendant 4 ans en Algérie, notamment durant la campagne de Kabylie.

Promu Lieutenant Colonel en décembre 1869, il est nommé au 3e régiment de tirailleurs algériens. Au déclanchement de la guerre de 70, il est au 15e régiment d'infanterie. Le régiment est attaché au 4e corps d'armée, dans la division de Lorencez. Il est engagé à Borny, puis Rezonville et beaucoup plus serieusement le 18 aout à Saint Privat.
"Vers 1heure de l'après midi, le régiment se déploie en seconde ligne entre le village d'Amanvilliers et la ferme de Montigy la Grange. Quoique couchés, nos bataillons souffrent considérablement du feu de 80 pièces de canon braqués contre eux. Mais l'ennemi ne peut faire aucun progrès. Nos vaillants soldats restent de longues heures impassibles sous une pluie de projectiles et tiennent partout leurs positions avec la plus grande fermeté. A 4 heures tous les officiers supérieurs du 15e sont hors de combat et le régiment est commandé par le capitaine adjudant major. [...] Le corps entier a fait noblement son devoir, mais s'il s'est couvert d'une gloire incomparable, c'est au prix des plus durs sacrifices ; la mort a largement moissonné dans ses rangs. 540 sous officiers et soldats sont hors de combat. Le Colonel a été mortellement atteint et cinq autres officiers ont payé de leur vie leur dévouement à la patrie, dont le Lieutenant Colonel Macquaire" (Historique du régiment).

Photo Bureau (Paris)

Tristan de Ferluc

Sous Lieutenant le 23/2/1856, il est nommé au 65e régiment d'infanterie.

Il participe à la campagne d'Italie, à la suite de laquelle il est promu Lieutenant le 5/7/1859.

Il est promu Capitaine en 1870, juste avant le déclanchement de la guerre de 70. Le régiment est engagé devant Metz, sous le commandement du colonel Sée. Lors de la bataille de Saint Privat, le 65e RI est engagé devant Amanvilliers et doit subir un feu d'artillerie terrible des prussiens.

Lors de la bataille, le capitaine de Ferluc est tué par un obus.

  


Beaumont (30/8/1870)

Regroupée à Chalons, l'ancienne armée d'Alsace est renommée Armée de Chalons. Mac Mahon qui la commande est chargé de secourir Metz. Lors de la marche, son 5e corps est surpris à Beaumont par les troupes allemandes qui ont pu être libérées du siège de Metz. Les Français sont sévèrement battus.

 
  

Louis Charles Auguste Morand

C'est le fils du général Morand qui s'illustra sous le Premier empire. Il est né le 20/12/1813 à Mayence., il a fait Saint Cyr dans la promotion d'Isly (1843-1845).
Capitaine le 30/12/1852 du 2e régiment de Zouaves, il est nommé aide de camp de l'Empereur, tenue dans laquelle il est photographié ci contre par le Gray au camp de Chalons en 1856.

Chef de bataillon le 13/7/1858 au 2e régiment de Zouaves, il commande son bataillon lors de la campagne d'Italie et se distingue lors de la prise de Magenta, action pour laquelle le drapeau du régiment est décoré. Il se distingue une nouvelle fois à Solférino et est nommé officier de la Légion d'Honneur. En 1862, son bataillon est envoyé au Mexique et il échoue devant le premier assaut de Puébla. Nommé Lieutenant Colonel le 21/12/1862 au 34e régiment d'infanterie, il retourne en France.

Colonel du 21e régiment d'infanterie le 6/3/1867, c'est dans ces fonctions qu'il est engagé en 1870. Il se distingue brillament le 6 aout à Froeschwiller. Nommé Général de brigade le 25/8/1870, il est blessé le 30/8/1870 lors de la bataille de Beaumont et meurt le 9 septembre de ses blessures. "Au moment où le 21e RI allait se former entre Varniforet et la Thibaudine, le jour de la bataille de Beaumont, il est accablé par le feu des prussiens embusqués à 100 metres de la route, dans la foret de Dreulet. Les hommes se placent dans les fossés de la route. Un bataillon du 3e de ligne s'avance derrière eux drapeau déployé et tambours battant la charge, mais en vain. Le 21e est remené en arrière. Les officiers restés à découvert sur la route furent tous atteints par les balles ennemies. le colonel Morand qui avait été nommé général trois jours avant fut blessé à mort" (centenaire de Saint Cyr 1808-1908)"

  

 

 

Jean Pierre Ferdinand de Belhague

Il est Colonel du 11e régiment d'infanterie depuis le 5/5/1864.

Le 30/8/1870, le  5e corps d'armée, dont fait parie le 11e RI, est surpris par les Prussien à Beaumont. "Au premier coup de canon, le 11e sauta sur ses armes. Faisant preuve d'énergie et d'initiative, le colonel de Béhagle, qui n'a pas quitté sa tente depuis le matin, et qui, manquant de vivres, a partagé dans la matinée le café noir de son ordonnance, prend le commandement de toutes ces troupes éparses. Le 11e, dont les campements étaient les plus éloignés de l'ennemi, se forma immédiatement en bataille. En avant, le 11e ! s'écrie le colonel de Béhagle d'une voix tonnante, et, sans tenir compte de l'infériorité numérique, sans calculer combien les chances sont inégales, ce brave officier supérieur s'élance à la tête des siens, qui le suivent résolument. Malgré la pluie de fer qui s'abat sur lui, le 11e gagne du terrain en avant ; seul, il est exposé à l'armée allemande tout entière pendant les mouvements préparatoires des autres régiments de la division, car il se trouve immédiatement prêt à résister aux colonnes prussiennes et prêt à se sacrifier pour sauver l'armée. Visant à genou ou couchés, les soldats du 11e tirent avec le plus grand sang-froid et à coup sûr dans les noires et profondes masses qui descendent des collines ; leurs balles fouillent si bien les régiments prussiens, que ceux-ci, malgré leur supériorité écrasante, reculent et vont se dissimuler à la lisière des bois. En quelques instants, une batterie allemande d'avant-garde perd 24 chevaux et 26 canonniers; 2 bataillons du 86e Poméranien sont décimés et lâchent pied sous la grêle de balles que font pleuvoir sur eux nos héroïques fantassins. Mais, si les assaillants subissent des pertes sensibles par le feu de nos chassepots, leur nombreuse et redoutable artillerie nous couvre de projectiles. Le 11e de ligne, écrasé par la supériorité numérique de l'ennemi et  par la grêle d'obus qui fait rage sur lui depuis une heure et demie, cède le terrain, mais pied à pied, et ne bat définitivement en retraite que lorsqu'il se voit menacé d'être débordé tout à la fois sur sa droite et sur sa gauche. I.e lendemain, en ramassant les morts sur le champ de bataille, on trouva des soldats du 1Ie qui avaient été frappés par les balles prussiennes à plus de 500 mètres en avant de leurs campements.
Dès le début de l'action, le colonel de Béhagle, après avoir réussi à enlever son Régiment, s'était placé sur la première ligne de ses tirailleurs. Il venait de donner à un sous-lieutenant d'infanterie l'ordre de faire avancer les pièces qui se trouvaient dans la vallée de Dame-Pouce, lorsqu'une balle partie à 500 mètres des environs de la Maison-Blanche lui traversa le foie et les reins. Ce brave officier, mortellement atteint, eut encore la force de crier, au moment où ses sapeurs, groupés autour de lui, l'emmenaient à l'ambulance : « Ne vous occupez pas de moi!... « Allons, mes enfants, soutenez l'honneur du Régiment! Courage! « courage ! ». Transporté à l'ambulance de Beaumont, le colonel de Béhagle y mourut le lendemain, et les Prussiens rendirent les honneurs militaires à son convoi, escorté par un soldat du 11e, le bras en écharpe, qui avait demandé comme unique faveur de porter l'eau bénite pour la sépulture de son chef bien-aimé. M. de Béhagle était un intrépide soldat. Chef de bataillon à Solférino, il était allé avertir, au péril de sa vie, le quartier-général que l'armée française avait devant elle toute l'armée autrichienne, et ce fut par miracle qu'il échappa aux Autrichiens, qui tirèrent sur lui, à son retour, des centaines de coups de fusil, comme des chasseurs sur un lièvre. Il se laissa glisser de son cheval comme s'il eût été atteint, et rejoignit son bataillon en suivant la berge d'un canal desséché. Aussi bon que brave, il était adoré de ses officiers et de ses soldats, qui pleurèrent eu lui un chef aussi distingué par ses belles qualités militaires que par son caractère aimable et sa bienveillante sollicitude pour tous ses subordonnés. A Sarrebourg, pendant que, selon ses propres paroles, « nous fuyions comme des misérables . devant l'envahisseur, on le voyait mangeant un morceau de pain noir sur son cheval, encourageant ses soldats harassés en les appelant "ses entants" d'une voix si sympathique qu'ils redoublaient d'efforts pour marcher encore, à la prière de celui qu'ils aimaient comme un père
(historique du 11e régiment d'infanterie)".

Photos Durand (Lyon) et  Chamussy (Chambéry)

  


Sedan (1/9/1870)

Après la défaite de Beaumont, Mac Mahon renonce à sa marche vers l'est et tente de se regrouper. Mais l'avance des Prussiens est plus rapide et ils parviennent à encercler l'armée française à Sedan. En dépit de tentatives pour briser l'encerclement (à Bazeilles, puis à Floing). Les Français doivent capituler et plus de 100.000 hommes sont capturés, avec l'Empereur. Le sort de la bataille n'a jamais fait de doute, mais l'armée française montre qu'elle est capable de sacrifices, notamment de sa cavalerie qui se fait décimer dans des charges à Illy et Floing.

Les pertes des charges de cavaleries de Floing et d'Illy sont décrites sur une page spéciale.

Antoine Louis Liédot

Elève à l'Ecole Polytechnique le 01/11/1828, il choisit l'artillerie.

Il fait les campagnes de Morée (1833), d'Algérie (1839-42) où il y est blessé le 04/04/1841, de Crimée (1854-1855) et d'Italie (1859).

Il est promu Colonel le 30/6/1859, uniforme dans lequel il est ici photographié, probablement comme directeur de la capsulerie militaire à Paris.

Il devient Général de brigade le 27 /02/1868, il est affecté avant la guerre au comité de l'artillerie.

En 1870, il sert à l'armée du Rhin et puis de Châlons comme commandant de l'artillerie du 5e Corps. Il est tué à Sedan le 1er septembre 1870. "Vers 7h30 le général de Wimpfen ayant pris le commandement de l'armée nous quitta, le général Liédot demeura avec nous. Tous nous étions à pied dans l'intérieur du camp retranché attendant que le moment d'agir s'offre à nous, mais continuant à y recevoir le feu de l'ennemi sans pouvoir y répondre. On rangea et on redressa le mieux possible pour les défiler les avants trains et les caissons des trois batteries restées en batterie dans les retranchements. Ce fut en donnant à un conducteur de derrière d'un caisson une indication tendant à ce but que le général Liédot, qui pendant toute la campagne avait déployé la plus intelligente activité et qui à Beaumont-Mouzon avait donné à toute l'artillerie l'exemple du plus brillant courage, eut les deux jambes brisées par un obus qui l'avait atteint après avoir emporté la tête du conducteur auquel il s'adressait. L'émotion fut bien vive en voyant ce chef aimé, ce coeur loyal, frappé ainsi au milieu de nous tous d'un coup mortel. Son aide de camp, le capitaine Gibouin et le capitaine Pla, aidés de quelques servants, l'emportèrent dans une ferme voisine où il eut encore l'energie de dicter au capitaine Coudren l'ordre par lequel il remettait le commandement de l'artillerie du 5e corps. Heureux peut être d'une si grande fin, heureux aussi de ne pas assister au désastre que son esprit eclairé entrevoyait à quelques heures de distance, il rendit sans plainte sa belle âme à Dieu."  (rapport sur la bataille de Sedan de la reserve de l'artillerie du 5e corps d'armée).

Photo Dagron (Paris)

     

     

Georges Gaston Babut

Après avoir fait Saint Cyr entre 1851 et 1853 (promotion de l'Aigle), il est nommé sous lieutenant au 5em régiment léger. Il part dès 1854 en Orient et participe à toute la campagne, notamment à l'assaut du fort de Malakov.

Nommé lieutenant le 6/5/1855, son régiment est redénommé 80e régiment d'infanterie à la suppression des régiments légers. Il revient en France avec la croix de la légion d'honneur, la médaille britannique et la croix Turque du Medjidié.

Capitaine le 24/5/1859, il part en Italie de 1859 à 1860. Son régiment y retourne en 1867 pour protéger les possessions du Pape des visées de l'Italie. Il y reçoit la croix de Mentana. De 1862 à 1868, il est capitaine adjudant major du 80e RI.

A la veille de la guerre de 70, il est nommé chef de bataillon du 72e RI.

Il est blessé mortellement à la tête de son bataillon sur la crête du calvaire d'Illy à la bataille de Sedan, le 1/9/1870.

Photo Faucher (Tulle)

 

Auguste Minary

Sous officier sorti du rang, Minary a fait toute sa carrière au 1er régiment de zouaves, y gagant ses galons d'officier et ses décorations en Crimée, en Italie et au Mexique.

Il a été blessé deux fois au cours de sa carrière.

Capitaine adjudant major en 1870, il est nommé Chef de bataillon après la bataille de Woerth pour remplacer les pertes cruelles du régiment, notamment dans le corps des officiers.


Mis à la tête du troisième bataillon lors de la réorganisation du régiment au camp de Chalons, il est grièvement blessé aux premières heures de la bataille de Sedan et meurt de ses blessures17 jours plus tard.

Photo Thévenot (Paris)

   

   

Albert Jean Baptiste Guillaume

Lieutenant d'artillerie en octobre 1867, Guillaume est ici photographié alors qu'il suit les cours de l'école de cavalerie de Saumur en 1868.

Au déclanchement de la guerre de 70, il est affecté à la 19e batterie (de mitrailleuses) du 2e régiment d'artillerie. Cette batterie, attachée à la 3e division du 5e corps d'armée, fait la campagne de Sedan.

Elle est une première fois vigoureusement engagée à la bataille de Beaumont. Puis le 1/9/1870 à Sedan. L'historique du régiment indique : "Après une reconnaissance rapide, la batterie fut amenée hors du bois de la Garenne et fut établie face du côté opposé à la place, sur une ligne oblique par rapport à la route qui mêne de Floing à Illy et entre deux taillis formant bastions, dans lequels se trouvait déjà de l'infanterie. C'est dans cette position excellente que nous avons passé toute la journée à tirer soit sur l'infanterie ou la cavalerie qui essayait de se montrer hors des villages, soit sur une batterie d'environ 80 pièces qui, lorsque nous arrivâmes, avait déjà commencé à se placer entre Floing et Illy, en se formant sur la droite en batterie. Nos batteries furent exposées à un feu terrible. [...] Vers 11h les pièces ne sont plus quà trois servants et à deux chevaux ; elles ont épuisé chacune leurs avant trains et trois caissons."

C'est durant cette action que Guillaume est sévèrement blessé. Son calvaire est lui aussi décrit dans l'historique du régiment : "Parmi les derniers arrivés à l'ambulance d'Illy, nous cherchons à reconnaître le lieutenant Guillaume ; une autre ambulance l'avait recueilli. Il avait un bras cassé et une cuisse détachée du tronc. Contre toute espérance, on voulut tenter l'amputation, mais il ne tarda pas à succomber."

Photo le Roch (Saumur)

Pierre Antoine Emile Parmentier

 

Né le 1/5/1833 à Barr en Alsace, il est Saint Cyrien (1842-1844) et a fait l'école d'état major, de la promotion de 1847.

Peu après sa nomination comme Lieutenant, il est envoyé au corps expéditionnaire de Rome en 1849, aide de camp du général Chadesson, commandant une brigade d'infanterie. Il va rester en Italie durant une longue partie de sa carrière, attaché au corps d'occupation de Rome. Il se fait photographier par l'atelier d'Alessandri, célèbre photographe romain, alors qu'il est Capitaine, en grande tenue d'officier d'état major.

Après sa nomination comme Chef d'escadron le 12/8/1864, il est nommé attaché militaire à Rome.

Après près de vingt ans de présence en Italie, la guerre de 1870 le rappelle en France. Il est nommé à l'état major de la 2e division d'infanterie du général Liébert (7e corps d'armée). Le 1/9/1870 lors de la bataille de Sedan, sa division est très activement engagée sur Illy et Floing et le commandant Parmentier est mortellement blessé lors de l'engagement.

Il meurt de ses blessures le 6/9/1870

Photo d'Alessandri (Rome)

   


Le blocus de Metz

Enfermée dans Metz, l'armée de Lorraine tente plusieurs sorties. Le 31 aout à Noisseville, puis à Ladonchamps. Mal conduites et somme toutes sans espoir, elles échouent toutes et obligent l'armée à capituler le 27 octobre, livrant 173.000 hommes aux Prussiens.

   

Bernard Marie de Vaudrimey Davout

 

Fils du général du même nom, de Vaudrimey Davout est né en 1839.
Ancien de l'école d'état major, il est Capitaine depuis le 13/8/1865. Juste avant la guerre, il a servi en Italie, à l'état major du corps d'occupation français de Rome, ce qui nous vaut cette photographie prise à Rome où il arbore la croix de Pie et la médaille de Mentana.

En 1870, il est attaché à l'état major du 3e corps d'armée et participe aux batailles de Rezonville et de Saint Privat où il se distingue en ramenant en avant les chasseurs du 7e bataillon un instant en retraite devant le bois de Génivaux.

Lors de la bataille de Noisseville, son destin tragique vient contredire la légende comme quoi les officiers d'état major occupaient des postes peu exposés lors des combats : "Depuis huit heures et demie du matin, le maréchal Lebœuf, superbe de bravoure, ayant à ses côtés, le vieux Changarnier, et derrière lui tout son état-major, se tient en première ligne sur la route de Sarrelouis, près de l'auberge de l'Amitié, sous le feu des obus, qui se croisent sur lui, venant de droite et de gauche, de Retonfey et de Servigny. Le commandant en chef du 3e corps, portant sur sa tunique la plaque de grand-croix de la Légion d'honneur et la médaille militaire, est là, sur la route, immobile à cheval, regardant les masses prussiennes, qui s'avancent de tous côtés sur Noisseville. Les obus tombent tout autour de lui, faisant voler par gerbes les cailloux et la terre durcie de la chaussée. On presse ce vaillant homme de guerre de se retirer. La position n'est plus guère tenable : « Messieurs, répond le maréchal à ses officiers, ceci vous regarde; mettez pied à terre, je vous prie. Quanta moi, je reste à cheval pour que l'ennemi et nos soldats me voient bien. » Et, en effet, pendant plus de deux heures, il reste, sans bouger, comme une véritable statue équestre, avec son fanion tricolore que porte le jeune maréchal des logis, Louis de Cassagnac, planté à côté de lui. Il semble vouloir, par une belle mort de soldat, racheter les torts irréparables du ministre de la guerre.
L'ennemi, dont la vue de cette troupe d'officiers et du fanion tricolore a éveillé l'attention, reconnaît l'état-major d'un maréchal de France et concentre sur ce point le feu de plusieurs batteries. La grêle d'obus redouble. Plusieurs officiers ont la précaution de se tenir en dehors de la chaussée, dans les champs, où la terre assez molle se laisse pénétrer par les. projectiles ennemis, qui s'enterrent au lieu d'éclater. Moins avisé, le capitaine d'état-major de Vaudrimey se trouve sur la route, causant avec le commandant Mauzon, quand un obus, tombant à ses pieds, sur le sol durci de la chaussée, éclate sous sa monture. Le capitaine se renverse, est entraîné pendant quelques pas et tombe de cheval. On court à lui, on le relève ; un éclat du projectile l'a frappé mortellement au-dessus du poumon droit. On transporte aussitôt le blessé à l'auberge de l'Amitié, ou il meurt un instant après. C'était un officier d'avenir. Le capitaine de Vaudrimey avait à peine trente et un ans. Il allait se marier. " (Français et Allemands, D de Lonlay)

Photo Alessandri (Rome)

 

Claude Jules Isidore Manèque

Né en 1812, il fait l'école de Saint Cyr en 1830-1832 et en sort second avant de faire l'école d'état major.

Il a une carrière brillante : Chef d'Escadron le 24/11/1854, il est officier de la Légion d'Honneur, à l'Etat-Major de la 2e Division d'Infanterie de la Garde Impériale ; Lieutenant-Colonel le 10/05/1859 il est chef d'Etat-Major de la Division de Cavalerie du 1er Corps d'Armée.

Nommé Colonel le 14/1/1863, il est sous-chef d'Etat-Major Général du Corps Expéditionnaire au Mexique. Dans ses mémoires, le général du Barail écrit de lui : "Le colonel d'Auverge avait pour second le lieutenant colonel Manèque, un de mes compagnons d'arme d'Afrique, un ami que j'étais heureux de retrouver et qu'appréciait beaucoup le général Pelissier. C'était un officier d'un rare bon sens, d'un parfait esprit de justice et d'impartialité, qui, sans empiéter sur les attributions d'autrui, exercait une influence heureuse et féconde".
Il devient ensuite chef de l'état major du corps expéditionnaire et est nommé Commandeur de la Légion d'Honneur le 2 juillet 1863. En 1865, il est chef du bureau des cartes et des plans au ministere de la Guerre, puis il devient chef d'état major d'une division d'infanterie de la Garde Impériale.

Il est nommé Général de Brigade le 2 août 1869. En 1870, il est chef de l'état major du 3e Corps d'armée et est blessé mortellement par un eclat d'obus le 1er septembre 1870 à la bataille de Noisseville (devant Metz), dans des cisctonstances assez similaires à celles du capitaine de Vaudrimey (vois notice ci dessus).

Il est enterré à Saint Julien

    

   

Emile Armand Gibon

Né à Quimper le 15/9/1813, fils d'un officier, il est engagé volontaire au 41e régiment d'infanterie en 1831 et prend part à la campagne de Belgique.

Nommé officier en 1836, il sejourne 15 ans en Algérie où il a plusieurs fois l'occasion de s'illustrer en servant aux tirailleurs algériens. C'est avec cette arme qu'il a aussi servi en Crimée, et a brillament participé aux batailles de l'Alma et au siège de Sébastopol où il a reçu la croix d'officier de la Légion d'Honneur en mars 1855 et a été blessé lors de la prise du mamelon vert. Chef de bataillon au régiment provisoire de tirailleurs algériens lors de la campagne d'Italie. Il s'illustre à Turbigo et est blessé à Magenta le 4/6/1859, puis combat à Solférino comme Lieutenant Colonel au 70e RI. A la suite de cette campagne, il sert trois ans comme Lieutenant Colonel du 1er régiment des Grenadiers de la Garde Impériale.

Gibon est nommé Colonel en 1863 au 25e régiment d'infanterie, poste qu'il occupe sur ce cliché pris vraisemblablement entre 1865 et 1867 et dont il est toujours titulaire au début de la guerre de 1870. 

Engagé au sein du 6e corps de l'armée de Metz, Gibon conduit brillament son régiment à Rezonville où il a un cheval tué sous lui. Deux jours plus tard à Saint Privat, son régiment se distingue à nouveau dans la défense du village submergé par les prussiens. En raison de son action durant ces deux jours, il est promu Général de Brigade le 26/9/1870 lors du siège de Metz.

Il s'illustre une dernière fois le 7 octobre lors du combat de Ladonchamps, devant le village de Bellevue : "Devant une aussi valeureuse offensive, les Allemands ont reculé en désordre. Les troupes du général Gibon les poursuivent vivement jusqu'en vue du camp retranché de Sémécourt. Mais l'alarme a été  donnée et les tranchées sont bondées de casques à pointe et de schakos à croix blanches. De ces ouvrages part une fusillade incessante. On est arrivé à moins de 300 mètres des retranchements ennemis. A ce moment la situation de nos troupes est des plus périlleuse. Non seulement celles ci trouvent devant elles le feu des batteries ennemies, ainsi que celui qui part des tranchées, mais encore elles ont à faire face à la fusillade dirigée sur leur gauche. N'importe ! Il n'y a pas à reculer ! Un instant, le brave général Gibon qui se trouvait au milieu du 26e de ligne, voyant ses hommes hésiter devant ce véritable ouragan de fer et de feu, s'élance en avant en leur criant ces mots sublimes : "N'ayez pas peur, mes enfants, je vous servirait de gabion !" L'héroïque soldat tient parole et, quelques instants plus tard, il tombe grièvement blessé d'une balle à l'avant bras et son cheval est tué. (Français et Allemands, D de Lonlay)". Blessé d'une balle dans le pliant entre le bras gauche et le cou, il meurt le 19 octobre suivant.

"Encore un trépas glorieux ! Le brave général Gibon, promu il y a moins d'un mois à ce grade, a succombé aux suites de la blessure qu'il a reçue le 7 à l'attaque de Ladonchamps. C'était une nature énergique, un coeur trempé d'acier. Il commandait cet admirable 25e de ligne qui a laissé tant de ses braves sur tous nos champs de bataille. Les funérailles du général Gibon ont été célébrées à l'église de Woippy, au milieu d'un grand concours de camarades. La population toute entière suivait le cercueil, s'associant à la douleur commune. Le curé de Woippy, dans une allocation touchante et bien inspirée, a jeté quelques fleurs sur cette tombe si tristement et prématurément ouverte (Le Voeu National, 23/10/1870)"

Photo Prevot (Paris)

Charles Louis Marie Tasset

Né le 30/10/1846, Tasset est Saint Cyrien de la promotion d'Oajaca (1864-1866). Nommé Sous Lieutenant le 1/10/1866, il rejoint le 7e bataillon de chasseurs à pied.
En 1869, il est nommé au bataillon des chasseurs à pied de la Garde dont il porte ici l'uniforme quelques mois avant le début de la guerre franco prussienne.

Durant les combats autour de Metz, Tasset est blessé une première fois à Rezonville, le 16/8/1870, alors que le bataillon des chasseurs de la Garde est engagé vers le bois des Oignons. Sa blessure est néanmoins sans grande gravité est il peut reprendre sa place dans le bataillon en étant promu Lieutenant.

C'est le 7/10/1870 lors de la bataille de Ladonchamps que Charles Tasset rencontre son destin. Lors de la prise du hameau de Bellevue, le bataillon subit des pertes importantes. "Au milieu du combat, le Lieutenant Tasset tombe frappé mortellement ; ses hommes le placent contre le revers d'un fossé. A cette vue la capitaine Ropert  qui l'a eu dans sa compagnie comme sous lieutenant et qui lui porte une vive affection, se penche sur lui pour l'embrasser. Au même instant, une balle ennemie le couche raide mort sur le corps de ce jeune lieutenant. Celui-ci malgré ses souffrances atroces (il a l'épine dorsale brisée), conserve sa gaité et son calme et dit à ses camarades qui l'entourent : "Je donne ma montre au capitaine Langbein et les mille francs qui sont dans ma ceinture seront distribués aux hommes de ma compagnie". On le fait transporter aux avants postes où il meurt en arrivant." (D de Lonlay - Français et Allemands).

Photo Mevius (Rennes)

    


Le siège de Paris (septembre 1870 - janvier 1871)

Après le désastre de Sedan, le 13e corps d'armée qui avait été formé à Paris et envoyé au secours de Mac Mahon, doit retraiter et rejoint dans Paris une armée hétéroclite, formée de gardes nationaux de gardes mobiles et de corps francs. L'investissement de la ville par les Prussiens est effectué à la mi septembre. Durant cette période, les combats sont essentiellement le fait des Français qui tentent soit d'occuper quelques points stratégiques (comme à Chatillon le 19 septembre, Villejuif le 23 septembre, Chevilly le 30 septembre et Bagneux le 13 octobre), soit de briser le blocus et sortir de la ville (comme à la Malmaison le 21 octobre et surtout lors des journées de Champigny (du 30 novembre au 2 décembre). Toutes les tentatives se soldent par des échecs et le 28 janvier 1871, Paris capitule.

  

Pierre Victor Guilhem

Né à Saint Géours (Landes) le 29/12/1815, c'est un engagé volontaire, promu officier au mérite.

Il a servi comme officier au 55e régiment d'infanterie, en Afrique et en Crimée, puis il dans la Garde Impériale comme Lieutenant Colonel (1/3/1856) au 2e régiment des Grenadiers et s'est illustré à Magenta. Promu Colonel le 16/6/1859, il est nommé au 90e régiment d'infanterie en remplacement de son chef de corps tué durant la bataille. A la tête du 90e, il se distingue ensuite à Solférino lors de la prise du village de Rebecco. Il revient d'Italie officier de la Légion d'Honneur.

Il est ici photographié ici à gauche en 1862 alors que son régiment est en garnison à Nice et il porte les décorations qu'il a reçu lors de la campagne d'Italie. Entre 1865 et 1867, il commande le régiment de la légion étrangère au Mexique.

Promu Général de brigade en 1867 (photo de droite), lorsque la guerre de 70 éclate il commande la brigade d'infanterie des troupes du corps d'occupation de Rome.

Revenu en France, il est mis à la tête d'une brigade du 13e corps d'armée du général Vinoy. Il est tué lors de la bataille de Chevilly le 30/9/1870. Son corps sera remis à l'armée française par les Prussiens et fera l'objet d'obsèques conduites par le général Trochu lors du siège de Paris. Il est enterré au cimetierre du Montparnasse à Paris.

Photos Ferret (Nice) et Provost (Alençon)

  

Rodolphe Mowat dit Bedford

Né le 14//3/1830 à Metz, Rodolphe Mowat est saint cyrien (promotion 1849-1851).

Officier des chasseurs à pied, il a servi en Crimée, en Italie et au Mexique où il a été fait chevalier de la Légion d'Honneur le 20/11/1864 ("15 ans de services effectifs, sept campagnes, n'a cessé depuis la marche sur Monterey de faire l'avant garde de la colonne et a su triompher de difficultés constantes"). Son portrait ci contre a été pris à Guadalajara, garnison de son bataillon (le 7e) au Mexique en 1866.

Au déclanchement  de la guerre de 1870, il est adjudant major au 4e bataillon. Pas engagé dans les premièrs semaines de la campagne, il est nommé Chef de bataillon et affecté au 14e régiment d'infanterie provisioire, devenu 114e RI quelques semaines plus tard. Lors du siège de Paris, le 13/10, il commande le bataillon lors d'une reconnaissance offensive sur Châtillon et occupe les maisons voisines de la barricade qui coupe la principale rue, puis attaque sans succèe les maisons situées sur la place de l'église.

A Champigny, le 30 novembre, le régiment sous le commandement du colonel Boulanger est engagé devant le parc de Coeuilly "A onze heure les Wurtembergeois sortent du parc et veulent exécuter un retour offensid. Après un moment d'hésitation, nos soldats vaillements enlevés par leurs officiers s'avancent au pas de chargeant baïonnette baissée, foncent sur l'ennemi. Sans attendre le choc les Allemands tournent le dos. Le 114e arrive jusque sur la pente du ravion de Coeuilly, poursuivant de près les Wurtembergeois qui abandonnent la tranchée abri, la redoute et nous laissent plus de 400 des leurs tués, blessés ou prisonniers. Mais là, accumulés sur un espace restreint, nous sommes assaillis de face par la mitraille de la batterie de la grille, par la fusillade des crénaux ; de flanc par les obus de Villiers, de la pointe de Coeuilly. Malgré ce feu rapide de mousqueterie et d'artillerie, nos soldats font bonne contenance, quand tout à coup, de Mon Idée s'élancent plusieurs bataillons wurtembergeois. Notre droite menacée d'être prise à revers recule, les bataillons, les compagnies se confondent, criblés de toutes parts, nous sommes obligés de rétrograder. A midi et demi, le 1er bataillon venant du four à chaux arrive sur le plateau. Ces braves troupes enlevées par leurs chefs, entrainent toute la ligne postée derrière la crête et elles renouvellent l'attaque contre le parc de Coeuilly. Un feu rapide d'artillerie et de mousqueterie n'arrète pas l'élan de nos soldats. Ils enlèvent de nouveau l'ouvrage du plateau et bousculant tout devant eux, arrivent sur le bors du ravin de Coeuilly. Mais une deuxième fois cette accumulation de troupes offre une proie facile aux coups de l'ennemi. Plus de la moitiè des soldats est par terre, le commandant Mowat est tué" (historique du régiment).

Photo Octaviano de la Mora (Guadalajara)


 

   

  

Pierre Hippolyte Publius Renault

Né le 20/1/1807 à la Valette ce fils de militaire est un ancien de Saint Cyr. Il a bâti sa réputation pour sa participation à la conquête de l'Algérie où il a servi dès 1830, mais a aussi été officier de l'armée espagnole lorsque la Légion étrangère fut cédée à ce pays vers 1835.
Accumulant les citations et les faits d'armes, il s’est illustré dans toutes les étapes de la conquête, obtenant le surnom de « Renault de l’arrière garde » et y récoltant plus de 5 blessures ("Il commandait deux magnifiques bataillons d'élite composés de voltigeurs et de grenadiers. Il était maigre, décharné, pâle. On le voyait arriver le soir au bivouac, le dernier, épuisé, sans voix, ayant ereinté trois ou quatre chevaux à courir partout où il y avait du danger, partout où il y avait du combat" - du Barail).

Déjà Général de Division lors du coup d'Etat de Napoléon en 1851, sa carrière s'étend aussi durant l'Empire puisqu'il a servi en Italie et a été à plusieurs reprise gouverneur par intérim en Algérie. Sénateur, Grand Croix de la Légion d’Honneur, au moment de la guerre franco prussienne, le général Renault était déjà au cadre de réserve. Rappelé à l’activité en aout, il est mis à la tête du 14e corps d’armée, devenu 2e corps lors du siège de Paris.

Lors de la première journée de la bataille de Champigny (30/11/1870), s’exposant sans mesure pour encourager de jeunes troupes, il fut grièvement blessé au combat de Villiers : « Un obus avait éclaté entre les jambes de son cheval et lui avait emporté le pied. L’amputation de la jambe avait été jugée nécessaire. Le général l’avait subie avec le courage d’un vieux soldat. Deux jours après il succombait aux suites de l’opération » « (Le Monde Illustré – 17/12/1870).

"On le transporta chez lui. Il vecu quatre jours encore, sans même se douter qu'on lui avait coupé la jambe, entêté à lire les journaux pour connaître les nouvelles, presque toujours en proie à un délire terrible dans lequel il accusait constamment le général Trochu qui était devenu sa bête noire et le couvrait d'injures - Herisson)".

Il est mort à l'hôpital Lariboisière le 6/12/1870.

Adrien Prévault

Adrien Prévault est né le 12/3/1836 dans l'Indre et Loire. Il fait l'école de Saint Cyr (promotion du Prince Impérial 1855-1857) et rejoint le 2e régiment de Zouaves comme Sous Lieutenant.

Durant la campagne d'Italie, il est blessé à la bataille de Magenta d'un coup de feu à la fesse droite. En novembre 1861, il s'embarque avec son bataillon pour le Mexique et participe à la première attaque de Puebla qui se solde par un échec. Néanmoins, à la suite de cette affaire, Prévault est nommé Lieutenant (le 7/5/62).

Capitaine le 13/8/65, il est photographié à Oran avec la dédicace suivante : "Que cette image vous fasse penser quelquefois à un coeur qui vous est tout dévoué".
En avril 1870, il est légèrement blessé d'un coup de feu à la tête devant Aïn Chaïr. Il rentre en France pour la campagne de 1870 et comme la plupart des officiers du 2e régiment de Zouaves, il est blessé lors de la bataille de Froeschwiller. Sa belle conduite durant la bataille lui vaut cependant la croix d'officier de la légion d'honneur (le 20/8/1870), distinction rare pour un officier subalterne.

Evacué, il se remet de sa blessure et est nommé Chef de bataillon lors de la réorganisation du 4e Zouaves le 1/10/1870 à Paris.

Il est nommé Lieutenant colonel du 42e de Ligne durant le siège de Paris le 27/11/1870. A peine quelques jours après sa nomination, il est tué à la tête de son régiment en chargeant le plateau de Coeuilly lors de la bataille de Villiers le 30/11/70. "Le 30/11/1870 le brave 42e de ligne, enlevé vigoureusement par son chef le LtColonel Prévault, qui avait pris l'avant veille seulement le commandement, se précipite sur le plateau de Coeuilly, entrainant avec lui les tirailleurs postés dérrière la crête. Sans être arrêté par un feu formidable d'artillerie et de mousquéterie, ils arrivent sur les bords du ravin : les Allemands sont repoussés dans l'intérieur du parc. Mais la mitraille fait rage ; le brave lieutenant colonel est mortellement frappé, près de la moitié de l'effectif est par terre (centenaire de StCyr)"

Photo Klary (Oran)

       

        

Léon Charles Marie Verscheider

 

Né à Paris le 26/10/1846, officier de marine, il est Aspirant sur le Jean Bart en 1865, puis sur le Louis XIV, vaisseau école des cannoniers marins.

Enseigne de vaisseau en 1869, il embarque sur le Casablanca pour participer à une expédition navale aux Antilles et à la Guyanne.

Revenu en France sur sa demande pour participer à la guerre, il est au siège de Paris comme officier d'état major de l'amiral La Roncière le Noury. Il est alors chargé de commander les pontonniers auxiliaires de la marine, formés de 60 gabiers d'élites.

Il est tué par un obus prussien le 2/12/1870 à Brie sur Marne alors qu'il surveillait l'installation des ponts sur la Marne.

 

Photo Mayer (Paris)

Léon Jean Festugière

Saint Cyrien de la promotion de Djurjurah, il est nommé Sous Lieutenant le 1/10/1858, au 23e régiment d'infanterie. Après la campagne d'Italie, il passe au régiment des Zouaves de la Garde en 1860, ce qui nous vaut ce cliché ci contre pris par Prévot.

Promu Lieutenant le 24/8/1862, il passe au 90e régiment d'infanterie en 1868. Il y est nommé Capitaine le 15/10/1869.

A la déclaration de guerre de 1870, Festugière sert au 4e bataillon au dépôt du régiment et n'est donc pas envoyé à l'armée. Le 23/8/1870, ce bataillon, avec les 4e bataillons des 93e et 95e de ligne sont appelés pour former le 12e régiment de marche. Formé à Aubervilliers, le régiment est rattaché au 13e corps d'armée à Paris. Festugière prend le commandement de la 3e compagnie du premier bataillon du régiment.

Le 30 septembre une action est décidée pour détruire le pont de bateaux de Choisy le Roi servant aux communications allemandes des routes de l'est à Versailles. La compagnie de Festugière a pour objectif le village de Thiais. Elle parcourt avec le plus grand entrain tout le plateau, long de 3 à 4000 metres et culbute les avants postes prussiens du Moulin d'argent blanc. A 500 metres du villages elle se trouve en butte, sur un terrain completement découvert à un feu de mousqueterie et d'artillerie des plus dangereux. Néanmoins elle franchit cet espace avec vigueur, mais non sans pertes sensibles, et son élan ne s'arrête qu'au village lui même, alors qu'elle vient se heurter contre un grand mur d'enceinte qui lui fait obstacle. Ce mur crénelé, flanqué d'une part par le cimetierre, et de l'autre par un épaulement armé d'artillerie, abrite l'ennemi, qui accueille nos tirailleurs de face par une fusillade à bout portant et de flanc par des feux croisés. C'est à ce moment que le capitaine Festugière est mortellement atteint.  

Il est nommé chevalier de la Légion d'Honneur le 15/10/1870, quelques jours avant sa mort.

Photo Prevot (Paris)

    


La guerre en Province

  

Paul Charles Jaquin

Né le 6/12/1824, ce bel officer au torse avantageux est Saint Cyrien de la promotion d'Ibrahim (1845-1847). Il pose ici en tenue de capitaine du 12e régiment de dragons, vers 1860.

Il a derrière lui une carrière déja bien fournie, puisqu'il a passé de nombreuses années en Algérie, a servi en Crimée au 7e Dragons, au Mexique dans les Chasseurs d'Afrique et la contre guerilla, ainsi qu'au Chili comme instructeur. Cette carrière est décrite sur cette page.

La guerre ayant été déclarée, Jaquin est promu Chef d'Escadrons le 29/8/1870 et rejoint la France début septembre. La réorganisation des troupes de cavalerie après les premiers revers de Metz et Sedan, le font affecter au 1er régiment de marche de Hussards le 23/9/1870.

Ce régiment, formé à Castres le 17/9/1870 et composé d'un escadron de chacun des 2e, 4e, 6e et 7e régiments de hussards, est concentré à Tours dans une brigade qui va servir lors du rigoureux hiver 1870/1871. Le 9/11/1870, lors de la bataille de Coulmiers, le régiment est engagé vers 2 heures dans un mouvement offensif visant à menacer deux batteries prussiennes qui canonnent l'aile droite de la division. Le régiment "s'approche  à 900 metres de ces batteries sans être apreçu. Au moment où il allait charger, il reçoit l'ordre de rejoindre la division. Découvert alors, il exécuta sa retraite  dans le plus grand calme et le plus grand ordre, les escadrons se retirant au pas par échelons sous une grêle d'obus et de projectiles de toutes sortes. Cette marche fit le plus grand honneur aux hommes de troupe qui l'exécutèrent avec le plus grand sang froid. Le régiment eut à regretter la mort du commandant Jaquin, frappé à sa place de bataille d'un éclat d'obus dans la poitrine (historique du 1er régiment de marche de hussards)". Jaquin est enterré sur place.

Photo Lombard (St Maixent)

Marie Charles Henri, Comte Harouard de Suarez d'Aulan

Henri d'Aulan est né le 3/1/1839.

Il est promu Sous lieutenant le 1/10/1860 au 1er régiment de carabiniers.

Il est pris en photo ici à Livourne en 1860, pour le mariage de son frère ainé avec la fille d'un sénateur du royaume d'Italie.

En janvier 1866, peu après la fusion des deux régiments de carabiniers, il est promu Lieutenant au 6e régiment de Hussards.

Il est nommé Capitaine en 1870, peu avant le début de la guerre de 1870. Au dépôt de son régiment, comme capitaine adjudant major, il n'assite pas aux opérations en Lorraine et aux revers de l'armée impériale. En revanche, il fait partie du 4e régiment de marche de dragons, mis sur pied le 4/10/1870 et engagé au 16e corps d'armée à l'armée de la Loire.

Distingué lors de la bataille de Coulmier, il reçoit la croix de la Légion d'Honneur. Il est tué le 1/12/1870 lors de la bataille de Patay, alors que son régiment est pris sous le feu de l'artillerie ennemie.

 

Photo Marzocchini (Livourne)

    

   

Pierre Jean Maurin

Né le 18/5/1828 à Montpellier, il débute tout d'abord une carrière de sous officier et participe à la campagne de Crimée

Il est promu officier, Sous Lieutenant, le 16/8/1862 au 7e BCP. Il fait la campagne de Mexique et y est promu chevalier de la Légion d'Honneur le 15/8/1865 et chevalier de la Guadalupe le 26/11/1867. Il est ici photographié au Mexique durant la campagne.

Le 11/3/1868, il est promu Lieutenant et rejoint le 16e bataillon de chasseurs où il occupe les fonctions d'officier d'habillement.

Au déclanchement de la guerre de 1870, il figure parmis les officiers restés au dépôt, mais les pertes de la première partie de la guerre obligent le nouveau gouvernement républicain à promouvoir des officiers. Maurin est alors nommé Capitaine et affecté au 15e bataillon de marche de chasseurs, créé le 8/11/1870 à Besançon et faisant partie du 24e corps d'armée de l'armée de l'Est.

Le 16 janvier 1871, le bataillon prend part au combat de Bethoncourt : "Il se déployait sur la droite du village, pendant que le reste de la brigade était massée en arrière dans un bois. Vers trois heures, les 1e et 3e compagnies prennnent la tête d'une colonne d'attaque dirigée sur le village, et la bataillon entier reçoit bientôt lui même l'ordre de marcher. Mais déjà les premières troupes engagées ploient sous une grêle de balles, venant à la fois du cimetierre, du village et des hauteurs opposées. Le 15e bataillon, à peine entré en ligne, dut obéïr au signal de la retraite ; les chasseurs avaient fait preuve de beaucoup d'élan. Quoique tardivement engagé, le 15e bataillon de marche avait fait des pertes sensibles : un officier tué, le Capitaine Maurin (Historique des bataillons de chasseurs - Richard)".

Edgard Louis Péricaud de Gravillon

Né le 30/10/1836 à Epinal, cet officier est sorti de l'école d'état major en 1857.

Capitaine en 1860, il a servi à l'état major en Algérie, et est chevalier de la Légion d'Honneur le 26/12/1864 (11 ans de service, 5 campagnes. A rempli avec distinctionles fonctions de chef d'état major de la colonne Liébert). La guerre de 1870 le trouve à Alger.

Il rejoint l'armée de la Loire comme aide de camp du général Barry. Il est tué le 9/11/1870 lors de l'assaut sur Coulmier. "L'intrépide général Barry est descendu de cheval et, la canne à la main, l'air calme et la voix presque paisible : "Allons mes enfants ! venez donc avec moi" crie-t-il aux mobiles de la Dordogne qu'il guide lui même à l'assaut de ces retranchements. Le Capitaine d'état major de Gravillon tombre près de son général, tué d'une balle au front." (Recits de l'invasion - journal d'un bourgoeis d'Orlénas)

Photo Bertrand (Alger)

  


 Les sièges des forteresses

Durant la guerre, les Prussiens ont eu à conquérir ou assiéger les nombreuses places fortes qui défendent le pays. Les sièges de Belfort de Bitche et de Strasbourg ont particulièrement marqué cette période.

   

Jacques Auguste Constant François Fievet

Capitaine, il commande une batterie d'artillerie du 13e RA en Crimée. Il se distingue à Inkermann et il est promu Chef d'escadron en juin 1855. A cette date, il passe dans la Garde Impériale et commande son artillerie détachée en Crimée.

Nommé Lieutenant colonel le 24/12/1858, il passe au 14e régiment à cheval, puis au régiment à cheval de la Garde Impériale, position dans laquelle il se fait photographier ci contre.

Colonel le 27/12/1862 au 6e régiment pontonniers, il commande l'artillerie et les ponts du 1e corps d'armée au début de la guerre de 1870. Mis à disposition de la Place de Strasbourg, comme chef de l'artillerie, lors du siège de la ville, il commande une sortie le 16 aout 1870 par la porte de l'Hopital. Pris sous une embuscade de soldats badois, la sortie fait long feu et le colonel Fiévet est grièvement blessé à la jambe dans l'engagement qui coûte trois petites pièces de canon à l'armée française.

Il décède de ses blessures le 1er septembre 1870.

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