Le 2e Régiment de Hussards

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Historique sous le IInd Empire et le début de la 3e république

 

Le 2e Hussard (Chamborant) a été engagé en Afrique durant la campagne du Maroc (1844). Il participe à la bataille d'Isly et un de ses escadrons, commandé par le chef d'escadrons Courby de Cognord se distingue lors du désastre de Sidi Brahim.

Le régiment est engagé durant la guerre d'Italie. Embrigadé avec le 7e régiment de Hussards dans la brigade Clérembault, attaché au 3e corps d'armée du maréchal Canrobert. Lors de la première partie de la campagne, ses escadrons sont démembrés pour servir d'eclaireurs à diverses divisions d'infanterie. reformé peu avant la bataille de Solférino. Le 4e escadron participe à une première charge pour disperser  un parti d'eclaireurs autrichiens. Quelques heures plus tard, ses 5e et 6e escadrons se distinguent en chargeant victorieusement vers la ferme de la Casa Nova : "Il était une heure environ, le général Partourneaux envoya la brigade Clérembault au secours de l'infanterie épuisée. Guidés par le bruit de la fusillade, nos régiments prirent la direction de la ferme et arrivèrent 1/4 d'heure après à hauteur des tirailleurs de la brigade la Charrière. Le 2e Hussards marchait en tête; malgré les mûriers, les larges fossés et le feu de mousqueterie et d'artillerie qui l'accueillit, le colonel l'Huillier lança le 6e escadron en fourrageurs, s'engagea lui même avec le 5e sur la droite et ordonna au commandant Féline de le soutenir avec le 4e. Conduite avec beaucoup d'entrain, cette charge eut un plein succès ; bon nombre d'Autrichiens furent sabrés, les autres lâchèrent pied et l'infanterie française soulagée put reprendre l'offensive. Après la charge, 36 hommes et trois officiers manquaient à l'appel (Historique du régiment)".

En 1870, le régiment mobilise 5 escadrons de guerre (690 hommes) envoyés à Thionville pour servir à l'armée du Rhin. Il est engagé dans les batailles de Rezonville, de Saint Privat et de Servigny. Il participe ainsi à la grande bataille de cavalerie sur le plateau d'Yron contre le 13e dragons prussiens.
"Les deux cavaleries s'observent avant de se charger pendant un moment très court et qui cependant parait long aux acteurs. Quelques coups de fusil sont tirés de notre côté ; le colonel Carrelet va faire faire une décharge générale, mais le général Legrand s'écrie "aux sabres ! aux sabres !". Alors le colonel Carrelet debout sur les etriers, le sabre haut, embrasse d'un coup d'oeil son régiment et commande "escadrons ! garde à vous pour charger ! Au galop ! Marche !". Les trompettes sonnent la charge, le commandement de "Chargez !" est répété de toutes parts et la brigade Montaigu part à fond de train suivi de près par les autres échelons. Nos hussards chargent à toute allure. Cependant le 13e dragons allemand soutenu à sa gauche par l'escadron de la garde royale s'avance au pas, les escadrons du 10e hussards allemand se portent en colonne sur les ailes de leur première ligne, nos hussards la pénètre et la mélée commence. Les Chamborants ont l'honneur de donner les premiers coups de pointes. Successivement et très promptement les autres échelons ont abordé les régiments allemands qui se trouvent en face d'eux. bientôt les lignes sont rompues. La confusion est extrème ; c'est une série de combats individuels où nos officiers comme nos hussards se signalent à l'envi les uns des autres. Le colonel Carrelet a son cheval blessé, le capitaine de Maussion trouve une mort glorieuse en chargeant à la tête de son escadron, le lieutenant colonel de Planhol, le commandant Duplessis (blessé), le commandant Duhesme, se font remarquer par leur bravoure, le capitaine de Saran reçoit deux coups de sabre, le capitaine Esquerre cinq, le capitaine Gauthier quatre... Il y perd 23 officiers et 80 hommes. Le régiment capitule à Metz.
Un autre escadron du régiment est aussi engagé à l'armée de Chalons et combat à Sedan. Le 2e régiment des hussards de marche est aussi engagé à l'armée de la Loire (batailles de Coulmiers), puis à l'armée de l'Est.

Sous la 3e République, il est envoyé en Algérie de 1880 à 1887 et est engagé lors de l'insurrection du sud Oranais.

   

Marie Louis Georges Hippolyte Fournier d'Arthel

Ce saint cyrien de la promotion de l'Empire (1852-1854) est né le 22/8/1832 à Arthel dans la Nièvre.

Nommé Sous lieutenant en octobre 1854, il est affecté quatre ans au 4e cuirassiers, avant de passer au 2e Hussards et aller compléter son instruction à l'école de Saumur.

Promu Lieutenant le 18/9/1863, il est de nouveau détaché à Saumur comme lieutenant instructeur.

Capitaine le 22/12/1866, à son retour de Saumur, il est nommé instructeur de son régiment. Il occupe encore ces fonctions lorsqu'éclate la guerre de 1870. Il reste donc au dépôt du régiment lorsque celui ci part pour combattre. D'Arthel est alors mis à la tête du 2e escadron qui est mobilisé pour rejoindre l'armée de Chalons. Lors de la bataille de Sedan, il est blessé de trois coups de feu (un au genou droit, un à la main gauche ayant enlevé la dernière phalange du petit doigt et un au poignet gauche).

Il est nommé chevalier de la Légion d'Honneur le 22/3/1872. En 1873, lors de la réorganisation de la cavalerie, son escadron est désigné pour composer le nouveau 12e régiment de hussards. Il rejoint donc cette nouvelle unité et y est promu Chef d'escadrons le 24/11/1874.

Il finit sa carrière comme Lieutenant Colonel le 27/9/1880, au 18e régiment de dragons. Il est mort en juillet 1884.


Christian Théodore Sigismond, baron de Waldner de Freundstein

Né le 10/7/1850, issu d'une vieille famille de la noblesse d'Alsace, qui compte dans ses rangs de nombreux officiers.

Eléve à l'école de Saint Cyr en 1869, il fait partie de la promotion du 14/8/1870 dont les élèves furent nommés officiers avant la fin des études pour cause de guerre. Il est nommé Sous lieutenant le 14/8/1870. Il fait la guerre de 70 au 2e régiment de marche des hussards et est engagé lors de la campagne de l'est comme commandant de peloton.
C'est dans ce grade qu'il est photographié à Paris, sans doute juste après les opérations contre la Commune, le 2e régiment de Hussards étant entré à Paris le 26 mai 1871 et s'étant établi à l'école militaire, où il séjourne jusqu'au 4 septembre. Il porte la pelisse de cavalerie légère et son appartenance aux hussards est confirmée par le motif de son képi et les deux bandes blanches de son pantalon.

Le 4/9/1874, il est nommé Lieutenant au 4e régiment de hussards. Il permute au 2e régiment de chasseurs le 1/12/1876.

Il est nommé Capitaine au 2e chasseurs à cheval le 24/3/1880, et y commande un escadron, jusqu'à sa mort le 22/4/1887 à Paris.

Photo Le Jeune (Paris)

  


   

Jean Charles Devezeaux de Rancougne

Né le 24/1/1841 à Nargis (Loir et Cher). Elève de Saint Cyr (1865-1867), il en sort avec un rang médiocre (238e sur 249) est est nommé Sous Lieutenant au 4e régiment de cuirassiers. Affecté à l'école de Saumur comme sous lieutenant d'instruction, il finit à peine ses cours lorsque la guerre de 1870 éclate. Il fait la campagne de 1870 et charge avec le 1er escadrons lors de la bataille de Froeschwiller. Revenu indemne de la charge, il fait partie des cadres qui reconstituent le régiment au camp de Chalons et participe à la seconde partie de la campagne, qui conduit son régiment à capituler avec l'armée de Mac Mahon à Sedan. Devezeaux réussit à s'échapper grace à l'assistance de civils qui lui procurent des vetements civils et, fuyant par la Belgique, il retourne en France et participe à la campagne de l'armée de la Loire.

Promu Lieutenant le 6/11/1870, puis capitaine à titre provisoire, il fait campagne au 8e régiment de marche des cuirassiers. Il fait ensuite le siège de Paris. Remis Lieutenant après la guerre, il retorune au 4e Cuirassiers en fevreir 1872, puis au 21e régiment de dragons en octobre 1873, date de la création du régiment.

Promu Capitaine le 21/10/1876, il prend le commandement d'un escadron le 30/12/1881. De septembre 1885 au mois d'aout 1886, il est affecté au corps expéditionnaire du Tonkin et y recoit la médaille du Tonkin, ainsi que l'ordre du Dragon d'Annam.

promu Chef d'Escadrons le 14/10/1886, il est nommé au 2e régiment de Hussards qu'il rejoint en Algérie entre novembre 1886 et septembre 1887. Il est promu Chevalier de la Légion d'Honneur le 28/12/1888.

Le 26/12/1893, il est nommé Lieutenant Colonel au 5e régiment de Cuirassiers, puis Colonel le 2/3/1898 au 9e régiment de cuirassiers. Il est promu officier de la légion d'Honneur et prend sa retraite dans ce grade.

Il est mort le 22/12/1923.

 Photo G. Durand (Chalons)


Louis Henri Richard de Dampierre

Né le 20/7/1857 à Paris

Elève de Saint Cyr (1876-1878), il en sort classé 251e sur 586 et est nommé Sous Lieutenant d'infanterie le 1/10/1878. Deux mois plus tard, ayant rejoint l'arme de la cavalerie par permutation, il est nommé au 2e régiment de Hussards.

Il est ici photographié vers 1879, en garnison dans l'est de la France. De Dampierre suit ensuite son régiment en Algérie entre 1881 et mi 1882, participant notamment aux colonnes de repressions des mouvements insurectionnels sur le territoire algérien. Il recevra la médaille coloniale (barrette "Algérie") pour sa participation à la campagne.

Promu Lieutenant le 9/10/1883, il rejoint la métropole et le 2e régiment de cuirassiers.

En septembre 1888, il rejoint le 7e régiment de chasseurs comme lieutenant d'instruction, puis y conserve ces fonctions après y avoir été promu Capitaine, le 16/12/1888.  Dampierre rejoint de nouveau les Hussards en octobre 1889, comme instructeur au 7e régiment de l'arme. Il y prend le commandement d'un escadron en 1893.
Le 6/4/1896, il rejoint l'école de cavalerie de Saumur comme instructeur d'exercices militaires. Il y reçoit la croix de la Légion d'Honneur le 29/12/1898. Il est fait Duc romain de San Lorenzo en 1898.

Nommé Chef d'Escadrons le 6/9/1900, il est affecté comme Major du 15e régiment de chasseurs.

Il est mort le 5/3/1906, alors en poste au 18e Dragons

Photo Barco (Nancy)

   

Les colonels du 2e régiment de Hussards

 

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