La cavalerie de la Garde

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Historique du régiment des Chasseurs à cheval de la Garde

 

A la reconstitution de la Garde Impériale, en mai 1854, une brigade de cavalerie est comprise dans son effectif. Il faut attendre avril 1856 pour que la mise sur pied de cette troupe soit réalisée.

Le licenciement du 4e régiment de chasseurs d'Afrique permet de trouver les principaux éléments nécessaires à la formation du régiment des Chasseurs de la Garde et de ses 4 premiers escadrons formés en Crimée. Mais des éléments provenant des autres régiments de Chasseurs d'Afrique, ainsi que ceux des 1er et 4e régiments de Hussards, aussi présents en Crimée, contribuent à sa formation. Celle ci est complétée de deux escadrons (5e et 6e), formés en Algérie.

Les escadrons ainsi formés se rejoignent à Compiègne, première garnison du régiment. C'est le 7 novembre 1856 que l'Empereur passe pour la première fois en revue le régiment ainsi constitué et distribue les décorations gagnées sur les champs de bataille de Crimée. Les Chasseurs comprennent 1272 hommes. L'Aigle lui est donné le 6 mai 1857 au Champ de Mars, lors d'une revue passée en l'honneur du Grand Duc Constantin de Russie.

A la fin avril 1859, le régiment reçoit l'ordre de se mettre en route pour l'Italie. Rassemblé à Marseille, il ouvre la route de la division de cavalerie de la Garde et rejoint Gênes par la route de la corniche. Ayant atteint Alexandrie début juin, il passe le Pô, puis la Sesia. Le 2 juin, il aborde le Tessin devant Magenta. Après avoir franchi les ponts sur le Tessin, le corps de la Garde Impériale est isolé devant les autrichiens et la situation devient critique. "Le général Cassaignoles, ce héros sorti du rang, qui sous une enveloppe un peu grêle cache un coeur vaillant et une âme de feu, accourt à ce moment avec 110 chasseurs à cheval de la Garde (3e escadron), franchit le canal et se jette brusquement sur la gauche de la route. Les Autrichiens s'apercevant du petit nombre de leurs ennemis forment leurs colonnes d'attaque pour reprendre les positions perdues. A cette vue et malgré les difficultés d'un terrain peu favorable à la cavalerie, le général Cassaignoles lance vigoureusement plusieurs fois à la charge ses vaillants petits chasseurs à cheval qui, à peine ralliès, se rejettent sur les rangs ennemis où ils font de sanglantes trouées. A la troisième charge le capitaine Bertrand, commandant l'escadron, est frappé d'un coup de baïonnette ; son capitaine en second Robillard, blessé légèrement, a son cheval tué, le lieutenant Cornée est également atteint, le brigadier Ceccaldi et une quinzaine de chasseurs à cheval sont également atteints (La Garde - Richard)". Les efforts de l'escadron restent sans effet et la troupe doit repasser le canal. Le  6e escadron est quant à lui engagé à l'avant garde de la division Camou de l'autre côté du Tessin. La victoire est acquise grace à l'intervention du corps d'armée du général Mac Mahon. Le régiment perd six blessés dans la journée.
Entré à Milan le 8 juin, le régiment poursuit l'armée Autrichienne qui fait finalement demi tour pour affronter l'armée française à Solférino, le 24 juin. Le régiment est engagé vers 3 heures du soir, alors que le 10e hussards autrichien cherche à repousser la division de cavalerie de la Garde. Les Chasseurs chargent cette troupe et la repoussent jusque sous le feu des batteries autrichiennes qui arrêtent la poursuite. Sept chasseurs sont blessés dans l'engagement, qui est alors stoppé par un vilent orage qui suspend tout mouvement. La guerre finie, le régiment rentre en France et participe au défilé des troupes à Paris le 14 aout.

Entre 1860 et 1870, le régiment enchaine les garnisons entre Saint Germain, Paris, Melun, Fontainebleau et Compiègne.

Durant la guerre de 70, les Chasseurs de la Garde se rassemblent à Metz le 28 juillet et se retrouve attachés à la division des voltigeurs de la Garde. Le 16 aout, lors de la bataille de Gravelotte, le régiment eclaire le flanc gauche de la division des Voltigeurs mais n'est pas engagé. Il ne l'est pas non plus, ni à Saint Privat, ni durant le siège de Metz. Le 28 octobre, le régiment est compris dans la capitulation de Metz. Durant la guerre, l'escadron de dépôt reste à Paris et garde le palais des Tuileries, puis contribue à la formation du 1er régiment de cavalerie mixte (formé des escadrons de dépôt des régiments de cavalerie de la Garde) qui sert lors du siège de Paris.

Après la campagne, le 4/2/1871, le régiment est dissous et forme le 13e régiment des Chasseurs à cheval.  


Victor Masséna d'Essling de Rivoli

 

Né le 16/1/1836 à Paris, c'est le petit fils du Maréchal d'Empire Masséna. Il est éleve de l'école de Saint Cyr entre 1854 et 1856 dont il sort classé dans un rang médiocre (343e). Nommé Sous lieutenant le 1/10/1856, il sert d'abord au 3e régiment de Lanciers, avant de rejoindre le régiment des Chasseurs à cheval de la Garde en janvier 1858.

Quelques jours avant le début de la campagne d'Italie, il est détaché comme officier d'ordonnance auprès du commandant en chef la Garde Impériale, le général Regnault de Saint Jean d'Angely. C'est probablement quelques jours avant son départ pour l'Italie qu'il se fait photographier ici, en grande tenue portée avant 1860, et arborant les aiguillettes, symbole de sa position à l'état major.

Masséna assiste à la campagne aux côtés du général Regnault, nommé Maréchal après la bataille de Magenta, et revient d'Italie décoré de la croix de la Légion d'Honneur reçue le lendemain de la bataille de Solférino. Il rentre au corps en septembre 1859.

Le 12/8/1861, il est nommé Lieutenant mais demissionne un an plus tard de l'armée.

Fait Duc de Rivoli à la mort de son père en 1863, il débute une brève carrière politique étant élu député des Alpes Maritimes entre 1863 et 1871. Après cet intermède il entame une vie consacrée aux études artistiques, à l'art de la renaissance et utilise sa confortable fortune, faisant notamment construire une magnifique Villa sur la promenade des Anglais, devenue le Musée Masséna. En 1898, il succède à son frère ainé décédé comme Duc de Rivoli. .

Il est mort le 28/10/1910 à Paris.

 

     


     

Isidore Constant Marie Joseph Anger de Kernisan

Né le 17/9/1829 à Verger (Ile et Vilaine), c'est un saint cyrien de la promotion de la République (1847-1849), après être sorti dans un rang moyen (210e sur 272), il a fait l'école de cavalerie. Nommé Sous lieutenant le 1/10/1849 au 3e régiment de chasseurs d'Afrique, il passe au 4e régiment de chasseurs d'Afrique en octobre 1851.

Lieutenant le 1/5/1854, il fait la campagne de Crimée et il est promu Capitaine le 4/9/1855, quelques jours avant la fin de la campagne.

En Aout 1856, il est muté au 3e régiment de cuirassiers à son retrour de Crimée.

Il rejoint le régiment des chasseurs de la Garde Impériale en janvier 1859 et il fait la campagne d'Italie dans ses rangs. La photo est prise peu après la campagne d'Italie, probablement en 1860, puisqu'il sera promu chevalier de la Légion d'Honneur en décembre 1861.

Chef d'escadrons en le 28/12/1868 au 6e régiment de chasseurs à cheval, il fait la guerre de 70 au 11e régiment de chasseurs et assite aux combats de l'armée d'Alsace et de Chalons.

Il passe au 3e chasseur après la guerre et est promu Lieutenant Colonel en 1875 et sert dans ce grade au 5e chasseurs et au 3e cuirassiers, avant de prendre sa retraite pour infirmités en aout 1875.

Il est décédé le 3/2/1901.


 Pierre Joseph Pinochet

 

Né le 26/3/1823 à Cahors, il est éleve de l'école de Saint Cyr (promotion d'Ibrahim), et nommé Sous lieutenant en 1847 au 3e régiment de chasseurs d'Afrique.

Muté au 4e régiment de chasseurs d'afrique en 1850, il y est promu Lieutenant le 15/8/1852. D'avril 1854 à aout 1855, il fait campagne en Crimée et il y est nommé Capitaine le 16/7/1855.

A la formation du régiment des chasseurs, il est transféré dans la Garde et y est nommé capitaine au 5e escadron. Engagé lors de la campagne d'Italie, il y recoit la croix de chevalier de la légion d'honneur le 17/6/1859.

La photographie ci contre est datée de 1862. Pinochet arbore le dolman vert à 5 rangées de boutons, la pelisse et le pantalon garance ornée des bandes d'or.

Le 18/12/1867, il est nommé Chef d'escadrons et passe au 2e régiment de chasseurs à cheval. Nommé officier de la Légion d'Honneur en décembre 1869. Durant la guerre de 70, il participe notamment à la bataille de Saint Privat en contribuant à limiter la retraite du 6e corps d'armée avec son 5e escadron. Il y reçoit la croix d'officier de la légion d'honneur.

Nommé Lieutenant Colonel le 31/12/1874 (au 18e chasseurs), il finit sa carrière dans ce grade en 1881.

Il est mort en 1898.

Photo Dupré (Compiègne)

     


    

François Victor Verlinde

Né le 1/1/1821 à Lille, fils d'un magasinier, il s'engage comme cavalier au 7e régiment de Hussards le 5/3/1842.

Sous officier laborieux et solide, il est nommé officer, Sous Lieutenant le 27/3/1849 au 4e régiment de Hussards. Dans ses "souvenirs de Crimée", le capitaine de Berthois relate : "Il avait débuté comme ouvrier sellier au 7e Hussards. Sans fortune, sans appui, d'une haute valeur morale, économe. Sous Lieutenant à Haguenau, il avait acheté son équipement et ses uniformes (grande tenue d'occasion) sans dépasser sa première mise et non seulement il n'avait pas un sou de dettes, mais tenait toujours en réserve et au service de ses amis, une somme de 500 francs, fruit de ses économies".

Promu Lieutenant le 1/5/1854, Verlinde fait la campagne de Crimée avec le 4e Hussards et se distingue lors du combat de Kanghill le 29/9/1855, où il tue de sa main un cosaque.

Promu Capitaine le 3/11/1855, Verlinde rejoint le régiment des Chasseurs à cheval de la Garde en mai 1856 à sa création en Crimée et est affecté au 4e escadron. Revenu de Crimée, Il est nommé Chevalier de la Légion d'Honneur le 8/11/1856 ("15 ans de service effectif, trois campagnes, cité à l'ordre de l'armée pour s'être distingué à Eupatoria") et reçoit sa décoration le jour où le régiment, enfin rassemblé, est passé en revue pour la première fois par l'Empereur à Compiègne. En septembre 1857, il est nommé adjudant major au régiment.
Il participe à la campagne d'Italie avec le régiment et est décoré de l'ordre militaire de Savoie, ainsi que de la médaille d'Italie. Il est photographié en petite tenue (dolman à tresses noires, bonnet de police), avec ses galons d'adjudant major bien visibles. En 1862, il devient capitaine chargé de l'habillement.

Au déclanchement de la guerre de 1870, Verlinde est promu Chef d'escadrons, major au 5e Hussards le 29/10/1870

Il quitte le service actif en novembre 1871. Il est mort le 31/5/1909

    

 


Constantin Joseph Cornée

 

Né le 28/5/1814 à Ferrières (Nord), Constantin Cornée s'engage d'abord dans l'artillerie, au 1er régiment, en 1835. Il y gravit les grades de sous officier et part en 1840 en Afrique du Nord. Il va y rester 3 ans.

Ayant probablement pris goût à l'Algérie, et souhaitant y retourner, il choisit d'abandonner ses galons pour être nommé simple cavalier au 4e régiment de chasseurs d'Afrique en décembre 1845. Entre 1845 et 1854, il y a une carrière heurtée, puisqu'il est plusieurs fois cassé de son grade de sous officier. Il reçoit néanmoins la médaille militaire en 1853.

Envoyé en Crimée, il y reçoit enfin les galons de Sous lieutenant le 26/8/1854, à 40 ans. Il est nommé porte étendard de son régiment le 19/8/1855.

Affecté au régiment des Chasseurs de la Garde, le 10/5/1856, alors qu'il est toujours en Crimée, il y conserve son poste honorifique de porte Aigle. Revenu en France, il est nommé chevalier de la Légion d'Honneur le 8/11/1856 lors de la revue menée par l'Empereur et reçoit probablement sa décoration des mains du Souverain. Le 6/5/1857, il reçoit encore probablement des mains de l'Empereur l'Aigle du régiment.

Promu Lieutenant le 14/3/1859. Durant la campagne d'Italie, il sert comme officier d'ordonnance du général Cassaignolles, commandant la brigade de cavalerie légère de la Garde. Il fait partie des rares officiers blessés du régiment à la bataille de Magenta, étant contusionné à la pommette gauche par un coup de feu lors de la charge menée pour dégager les régiments d'infanterie de la Garde en situation difficile.

Le 1/6/1864, il est promu Capitaine et passe au 4e régiment de cuirassiers. Il finit sa carrière dans ce grade et prend sa retraite avant la guerre de 70.

Il est mort le 30/11/1875.

    


 
    

Charles André Barreau

Né le 9/11/1827 à Coudray (Maine et Loire), il s'engage en 1848 dans le train des équipages. Le 29/3/1849, il rejoint le 4e régiment de chasseur d'Afrique comme simple chasseur. Il est nommé brigadier en 1850, puis maréchal des logis le 24/1/1853. Après avoir servi en Algérie, il est envoyé en Crimée du 29/4/1854 au 1/6/1856. C'est alors qu'il est en Crimée qu'il est transféré au régiment des chasseurs à cheval de la Garde le 28/4/1856.

Le 2/8/1858, il est promu Sous lieutenant, et le 14/5/1859, il devient porte aigle du régiment, juste avant son départ pour la campagne d'Italie. Barreau est porte aigle du régiment jusqu'en decembre 1867. C'est dans cette fonction qu'il est photographié par Prévot, en petite tenue, arborant sa légion d'Honneur (reçue le 12/8/1861), sa médaille d'Italie et sa médaille de Crimée.

Le 25/12/1867, il est promu Lieutenant. Durant la guerre de 70, il fait partie de l'escadron du dépôt qui est reste à Paris en aout 1870 et ne suit pas le reste du régiment à l'armée de Metz. Après avoir fait le service au palais des Tuileries et notamment avoir escorté l'Impératrice jusqu'à son départ de la capitale, l'escadron de dépôt du régiment forme le 1er escadron du régiment de cavalerie mixte composé des dépôts des régiments de cavalerie de la Garde restés à Paris. Le 18/9/1870, le lieutenant Barreau commande un peloton de reconnaissance dans les environs du petit Bicêtre et charge un peloton de reconnaissance de cavalerie prussienne ; dans cet engagement, un chasseur est tué.

Barreau sert à Paris durant toutes les opérations du siège et est promu Capitaine le 27/1/1871. La paix revenue, il est nommé capitaine d'habillement au 13e régiment de Chasseurs, héritier du régiment de la Garde. Il prend sa retraite en aout 1873. 

Il est mort le 17/6/1915. Merci à Jerome Lantz pour l'identification.

Photo Prévot (Paris)


 

Henri Robillard

Né le 4/8/1819 à Thiberville (Eure), Robillard, fils de cafetier, s'engage comme simple lancier au 1er régiment le 5/5/1838. Il y gravit progressivement les grades de sous officiers, étant nommé maréchal des logis en 1842, puis maréchal des logis chef en 1845 et enfin adjudant le 4/5/1848. Il a suivi les cours des sous officiers d'instruction à Saumur entre janvier 1841 et octobre 1842.

C'est le 16/8/1848 qu'il accède à l'épaulette de Sous lieutenant, et il est ensuite promu Lieutenant le 1/5/1854.

Promu Capitaine le 7/8/1856, il passe au régiment des chasseurs à cheval de la Garde le 16/3/1859, peu avant la campagne d'Italie. Durant cette campagne, il est l'un des rares officier blessé du régiment, ayant reçu à Magenta une contusion à la partie plantaire du pied droit par une balle morte. Il est décoré de la médaille commémorative française, ainsi que de la médaille de Sardaigne et est ici photographié peu après son retour de campagne, arborant sa récente légion d'Honneur reçue le 27/7/1860. Robillard devient capitaine instructeur au régiment le 21/4/1865.

Le destin de Robillard en 1870 n'est pas bien connu. Il n'a manifestement pas été envoyé à Metz avec son régiment et ne figure pas parmi les officiers restés au dépôt et ayant combattu au siège de Paris. Il est cependant promu Chef d'escadrons le 24/9/1870 au 4e régiment de marche des Lanciers.
On le retrouve après la guerre en poste aux 16e, puis 18e régiments de dragons. Il est nommé officier de la Légion d'Honneur le 3/8/1875, alors qu'il sert au 25e régiment de dragons.

Il est mort le 23/1/1887. Merci à Jerome Lantz pour l'identification

     


 
      

Jean Achille Gicquet de Pressac

Né le 28/8/1826 à Aixe (Haute Vienne), il s'est engagé en 1845 au 4e régiment de chasseurs d'Afrique. Ses campagnes en Algérie, sans interruption entre 1845 et 1854, lui font gagner les grades de sous officier.

Il est nommé Sous lieutenant le 15/9/1854, trois mois avant son départ pour l'Orient. Le 10/5/1856, Gicquet de Pressac passe au régiment des Chasseurs de la Garde, régiment avec lequel il fait la campagne d'Italie. Il est chevalier de la légion d'Honneur depuis 1857.

Promu Lieutenant  le 28/1/1860, puis Capitaine le 13/3/1867, il est transféré au 1er régiment de Hussards.

C'est comme commandant le 3e escadron du régiment qu'il débute la guerre de 1870, le régiment étant rassemblé au camp de Chalons. Le 1/9/1870, le 1er régiment de Hussards charge avec les chasseurs d'Afrique lors des héroïques charges de Sedan. Lors de l'assaut, Pressac qui commande le 3e escadron s'illustre : "Le colonel donne ses ordres au capitaine de Pressac et fait sonner la charge ; de Pressac part presque en face de son front, la main un peu à gauche ; l'ennemi est à 400 metres, plusieurs lignes de tirailleurs sont en avant des soutiens. L'escadron est accueilli par un feu à volonté assez mal dirigé ; quelques hommes et des chevaux tombent sur le terrain sans obstacle et légèrement sablonneux. Tout à coup, à 40 metres de l'ennemi, malgé le cri "A droite ! à droite!" les pelotons s'infléchissent à gauche, présentent le flanc droit à l'ennemi et défilent sous le feu. l'escadron tourne encore à gauche sans direction bien définie et revient à toute bride se reformer au point d'où il était parti, ayant somme toute très peu souffert. Après ce ralliement, l'escadron en colonne par quatre, au pas, se dirigeait vers Sedan. Arrivé à l'entrée du chemin montueux, fort encombré, près d'un gros chêne, devant la porte d'une ambulance, le capitaine de Pressac fut grièvement blessé ; une balle vint briser la lorgnette qu'il portait au côté, les eclats de verre perforèrent les inestins. la convalescence fut très longue." (R de Mandres - la division Margueritte). Fait prisonnier, il est relâché par les prussiens en raison de la gravité de sa blessure.

De Pressac reprend le commandement du 4e escadron du regiment reformé, jusqu'au 10/6/1873, date de sa nomination comme Chef d'escadrons au 6e hussards. En février 1875, il est transféré au 6e régiment de chasseurs et est promu officier de la Légion d'Honneur le 7/8/1877.

Il est mort en poste le 4/6/1880. Merci à Jerome Lantz pour l'identification.


Paul Carrelet

Né le 11/1/1821, c'est le fils du général Carrelet, général bonapartiste qui participe au coup d'Etat de 1851. Saint Cyrien en 1841, il est nommé Sous Lieutenant le 1/4/1843 au 9e cuirassiers. Muté au 3e Lanciers en 1844, il est nommé Lieutenant en 1846, puis Capitaine en 1849.

Le 20/5/1859, il est nommé Chef d'Escadrons au 5e chasseurs, puis le 24/12/1859, il passe au 12e régiment de chasseurs. N'ayant pas encore eu l'occasion de faire campagne, ni de quitter la France, cette mutation va accélérer sa carrière. Il rejoint tout d'abord son nouveau régiment en Algérie en janvier 1860 et est décoré par l'Empereur le 12 septembre à Alger lors de la visite du souverain. Mais c'est la campagne du Mexique qui va le révéler. Carrelet est en effet désigné pour commander l'escadron du 12e chasseurs envoyé outre Atlantique pour former le 2e régiment de marche, composé de deux escadrons du 12e chasseurs et de deux escadrons du 3e chasseurs d'Afrique. Embarqué le 24/8/1862, le régiment arrive à Vera Cruz après une traversée mouvementée qui voit la mort de nombreux chevaux. A la tête de cette troupe, il va exécuter de nombreuses mission de reconnaissances du corps expéditionnaire qui entame sa marche vers Puébla et il a de nombreuses occasions de se distinguer. En particulier le 22/3/1863 au combat de Cholula, où trois escadrons du régiment mettent en déroute environ 200 cavaliers mexicains. Puis une seconde fois à San Lorenzo, le 8/5/1863, en support du siège de Puebla, la division du général Bazaine met en déroute l'armée de secours mexicaine. Lors de l'engagement, la cavalerie contribue à couper la retraite de l'ennemi et à capturer 24 canons, 60 voitures chargées de vivres et de munitions et 1500 prisonniers. Carrelet y gagne la croix d'officier de la Légion d'Honneur.

Promu Lieutenant Colonel en juin 1864, Carrelet est muté au 2e régiment de Chasseurs qu'il rejoint en France, puis au régiment des Chasseurs de la Garde en 1866. C'est dans ce poste prestigieux qu'il est photographié dans une pose presque romantique, avec ses belles décorations ramenées du Mexique.

Promu Colonel le 28/10/1868, Carrelet est mis à la tête du 2e régiment de Hussards qu'il va conduire au feu en 1870 et avec lequel il charge à Mars La Tour en aout 1870. Il a une cheval tué sous lui lors de la charge. Fait prisonnier à la capitulation de Metz, il revient en France pour participer aux opérations contre la Commune de Paris.

Après la guerre il est promu Général de brigade (1873), puis Général de Division (1879), inspecteur de cavalerie. Retiré du service actif en 1886, Grand officier de la Légion d'Honneur, il meurt quelques mois plus tard.

Photo Dupré (Compiègne)

    


   

Pierre Louis Emilien Pascalis de Barrin

 

Né à Beaurepaire le 28/5/1831, c'est le fils d'un colonel, baron d'Empire. Saint Cyrien en 1850, il est nommé Sous Lieutenant le 1/10/1852 au 6e régiment de chasseurs à cheval.

 

Promu Lieutenant le 8/11/1857, il suit les cours d'officier instructeur à Saumur à l'hiver 1860.

 

Nommé Capitaine le 10/11/1860, il se fait caricaturer à gauche, par un ami officier qui en fera un tirage photographique.

De Barrin passe au régiment des chasseurs de la Garde le 24/11/1862. Il se fait photographier dans une pose plus traditionelle par le grand atelier Nadar, quelque temps avant sa promotion comme adjudant major le 6/2/1866.

 

Il démissionne de l'armée le 13/3/1867, mais reste en service dans la garde mobile. Au déclanchement de la guerre, il est nommé le 27/7/1870, Chef de bataillon de la garde mobile de l'Isere. Il fait alors campagne à l'armee de la Loire (sept-dec 1870), puis à l'armée de l'est (dec 70- fevr 71). Il finit la guerre interné en Suisse. Promu chevalier de la Légion d'Honneur le 5/5/1871, sa carrière militaire est terminée.

 

Il est mort le 15/1/1896.

 

Photo Nadar (Paris)

    


   

Charles Pierre Armand Louis Orfaure (de Tantaloup)

Né le 23/9/1843 à Clermont Ferrand, fils d’un officier de dragons. Saint Cyrien de 1863 à 1865, il est nommé Sous Lieutenant au 2e régiment de Hussards le 1/10/1865. Le 10/8/1868, il obtient une mutation dans la Garde Impériale au régiment des Chasseurs de la Garde. Il sert ensuite une année à Saumur, ce qui nous vaut cette magnifique photographie, dans la grande tenue du régiment (dolman à tresses d’argent, talpack avec plumet en plume de vautour, porte giberne, sabretache et manteau).
Durant la guerre de 70, il sert au régiment qui n’a pas beaucoup l’occasion de se distinguer lors des batailles autour de Metz, puis lors du siège de la ville. Interné après la capitulation de Metz le 28/10/1870, Orfaure ne retrouve la France qu’en avril 1871.

La Garde Impériale ayant été supprimée, le Lieutenant Orfaure (devenu Orfaure de Tantaloup le 18/12/1871 après jugement ayant fait modifier son nom) passe au 13e régiment de chasseurs. Il est promu Lieutenant le 30/4/1872.

Le 1/5/1875, il est fait Capitaine instructeur au 7e Hussards et rejoint l’école de cavalerie de Saumur un an plus tard comme instructeur et il y écrit un manuel de cavalerie. Le 30/9/1877, il rejoint l’école de Saint Cyr pour y servir là aussi comme instructeur de cavalerie. Revenu servir en régiment, au 18e régiment de chasseurs, il commande un escadron.

Le 29/3/1886, il part en Algérie au 4e régiment de chasseurs d’Afrique. Il y est promu Chef d’escadrons le 3/11/1887 et passe au 1er régiment de Spahis. Nommé chevalier de la Légion d’Honneur le 4/5/1889, il reste alors quelques années en Afrique, rattaché au 2e puis 6e régiment de chasseurs d’Afrique et reçoit le Nichat Iftikhar.

Le 23/3/1895, il est promu Lieutenant Colonel au 19e régiment de Chasseurs. Promu Officier de la Légion d’Honneur le 12/7/1900. Muté au 13e régiment de Hussards.

Il prend se retraite le 23/9/1903. Il est mort le 22/11/1921.

Photo le Roch (Saumur)

 


André Benedettini

Né le 4/7/1832 à Bastia, André Benedettini s'engage au 3e régiment de chasseurs le 18/1/1853. Il y est fait brigadier en juin 1854. Le 22/7/1856, la vie de garnison l'ennuyant, il rejoint le 1er régiment de chasseurs d'Afrique et part en Algérie. Il y est fait brigadier en aout, puis maréchal de logis le 23/12/1855.

Rengagé pour 7 ans en 1856, il rejoint le régiment des Chasseurs de la Garde le 31/7/1856. Il y fait la campagne d'Italie et se distingue à Solférino. Dans son ouvrage "Souvenirs d'un capitaine de cavalerie" Choppin décrit ainsi l'action : "Un coup de baïonnette lui traverse la main de la bride ; d'un vigoureux coup de sabre, il fend la tête du Tudesque qui l'avait endommagé et parvient à se dégager d'une nuée de uhlans qui l'entouraient". Il y gagne la médaille militaire, reçue le 26/6/1859, ainsi que la médaille d'Italie.

Le 17/7/1865, il est nommé adjudant, tenue dans laquelle il pose ci contre. Selon Choppin, il se caractérisait par un tempérament vif et amateur de duels : "J'ai été une fois son partenaire et souvent son témoin. Il n'était pas d'un caractère batailleur, mais n'admettait aucun gros mot, n'entendait pas, surtout, qu'on marchât sur des plates bandes dont il cultivait les fleurs".

Il quitte le service actif en janvier 1870, mais se rengage pour la durée de la guerre au même corps le 19/8/1870. Durant la campagne il retrouve ses galons de sous officier en servant aux escadrons du dépôt restés à Paris. 

Renvoyé dans ses foyers en mars 1871, il retrouve ses fonctions de percepteur qu'il avait brièvement tenues au début de 1870 après avoir quitté l'armée. Il est retraité en 1897, sans avoir obtenu la croix de la Légion d'Honneur qu'il avait sollicitée. Il est mort en 1907.

Photo Mulot (Paris)

   

Ils ont servi aux Chasseurs de la garde : Chef d'escadrons Féline, Coste, Euchêne

Les colonels du régiment des chasseurs de la Garde

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