Le 7e bataillon de chasseurs à pied

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 Historique sous le IInd Empire et la République

 

Le 7e bataillon de chasseurs est créé en 1840. Il est à Rome de 1851 à 1853, puis rejoint l'Agérie pour la campagne de Kabylie.
Il est envoyé en Crimée en mars 1855, il y a son baptème du feu en juin
Il est envoyé au siège de Sébastopol en 1855. De 1862 à 1867, il fait la campagne du Mexique, se distinguant à toutes les affaires de la campagne (le sièges de Puebla, la campagne de la Sonora...).
En 1870, il est à l'armée du Rhin, aux batailles de Borny et de Saint Privat.
En 1881, il participe à l'expédition de Tunisie (combat de Seket), puis il est alpinisé en décembre 1888.

Alfred Algan

Né à Sarreguemines, c'est un saint cyrien de la promotion de l'Aigle (1851-1853). Il est issu d'une famille qui offrit 7 frères officiers à l'armée française.

Sous Lieutenant le 1/10/1853, il est nommé au 7e batallion de chasseurs à pied.

Promu Lieutenant le 30/8/1855, il est ici photographié à Dijon, peu après son retour de Crimée dont il porte la médaille commémorative britannique.

Il participe à l'expédition du Mexique, comme officier en second de la compagnie commandée par le capitaine Bochet. Ce dernier a laisse des souvenirs mitigés de son second dans ses "Mémoires d'un officier de chasseurs" : "Mon Lieutenant, M A est un très bon officier, d'un esprit peut être un peu étroit, mais enfin faisant très bien son service. Son caractère est moins agréable : il est froid et susceptible, et de plus enrage de ne pas être encore capitaine, depuis cinq ans qu'il est proposé avec le n°1. Je crois encors qu'il pose un peu pour l'homme ne demandant jamais rien en attendant tout de son propre mérite. De plus il est marié, ce qui doit encore influer sur son caractère. Nous ne sympathisons pas beaucoup ensemble. Je me suis même cru obligé de le mettre quatre jours aux arrêts pour une réponse assez inconvenante qu'il m'avait faite sous les armes, le jour du combat de Las Vignas. Maintenant cela va bien. Du reste je vais le perdre incessamment, car il va passer capitaine. Je perdrai très probablement au change comme officier, mais je peux y gagner comme camarade. Je peux y perdre aussi car, en somme, il est bien élevé."
Algan est blessé le 5/4/1863 lors du siège de Puebla. Sa fin de carrière est assez triste, comme en témoigne une nouvelle fois le capitaine Bochet dans ses souvenirs : "J'ai un nouveau lieutenant, M A. ayant donné sa démission et étant parti pour la France (avec ses eclats d'obus à chaque jambe et sans la moindre récompense)".

Après la guerre de 70, il rejoint l'armée territoriale et finit sa carrière chef de bataillon d'infanterie territoriale (23/7/1875) au 54e régiment.

Photo Emery Dufour (Dijon)

    


  

Rodolphe Mowat dit Bedford

Né le 14//3/1830 à Metz. C'est le fils d'un Anglais, naturalisé français en 1843, qui servit comme ingénieur d'artillerie pour la France. Saint Cyrien (1849-1851), il est nommé Sous Lieutenant le 1/10/1851 au 10e bataillon de chasseurs qu'il suit à Rome au corps d'occupation. Il passe au 16e bataillon en 1853.

Promu Lieutenant le 14/3/1855, il fait la guerre de Crimée au 14e bataillon de chasseurs. Mowat participe ensuite la guerre d'Italie. Il n'a pas l'occasion de s'illustrer durant ces deux campagnes, mais reçoit cependant la médaille de la valeur militaire de Sardaigne.

Il est fait Capitaine le 16/8/1862. Passé au 7e bataillon de chasseurs, il fait la campagne du Mexique. Il est chevalier de la Légion d'Honneur le 20/11/1864 ("15 ans de services effectifs, sept campagnes, n'a cessé depuis la marche sur Monterey de faire l'avant garde de la colonne et a su triompher de difficultés constantes").
Mowat est ici photographié vers 1866 à Guadalajara. Teint et yeux clairs, cheveux blonds, notre homme a du souffrir du climat mexicain... Revenu du Mexique, il est nommé adjudant major au 4e bataillon, fonction qu'il occupe au déclanchement de la guerre de 1870.

Pas engagé dans les premièrs semaines de la campagne, il est nommé Chef de bataillon et affecté au 14e régiment d'infanterie provisioire, devenu 114e RI quelques semaines plus tard. Lors du siège de Paris, le 13/10, il commande le bataillon lors d'une reconnaissance offensive sur Châtillon et occupe les maisons voisines de la barricade qui coupe la principale rue, puis attaque sans succèe les maisons situées sur la place de l'église.

Mowat est blessé mortellement le 30/11/1870 lors de la bataille de Champigny. Le mémorial du siège de Paris indique quelques jours plus tard qu'il "a commandé son bataillon de la façon la plus brillante, le 30 novembre, jusqu'au moment où il a reçu une blessure à laquelle il a succombé lelendemain."

Photo Octaviano de la Mora (Guadalajara)



François Augustin Thomas

Né le 6/7/1830 à Bains (Vosges). Fils de cultivateur, il s'engage en octobre 1848 au 17e régiment d'infanterie où il est nommé caporal un an plus tard, puis sergent en février 1851. Libéré en 1852, il s'engage de nouveau, cette fois au 16e régiment d'infanterie. En janvier 1854, il passe comme caporal au 5e bataillon de chasseurs. Juste promu sergent au bataillon, il part en Orient en avril 1854. Il fait toute la campagne de Crimée. Le bataillon n'est pas engagé à la bataille de l'Alma, mais participe au long siège de Sebastopol, à l'expédition de Kertch et surtout à l'assaut raté du 18 juin contre la batterie Gervais, où après avoir forcé l'enceinte, il doit retraiter et perd 18 officiers sur 19 ainsi que 367 hommes. Lors de cette action, Thomas est blessé d'un eclat d'obus à la jambe droite qui lui cause une fracture du péroné.

Revenu de Crimée en janvier 1856, il reçoit la médaille militaire et il est fait sergent major. Engagé lors de la campagne d'Italie, il est blessé d'un coup de feu au bras droit lors de la bataille de Solférino, le 24/6/1859, lors de l'attaque et la prise du village de Medole. L'historique du 5e bataillon relate ainsi sa blessure : "Le sergent major Thomas, un energique soldat qui a voulu faire campagne sac au dos, bien qu'il boite encore par suite d'une grave blessure reçue à Malakoff, s'est jeté en avant pour donner l'exemple ; il a bientôt le bras traversé par une balle." Thomas est alors promu Sous Lieutenant le 5/7/1859 alors que son bataillon est encore en Italie. Revenu en France, il suit les cours de l'école normale de tir en 1862. Ses beaux services de guerre lui valent une nomination au bataillon des chasseurs à pied de la Garde Impériale le 21/3/1863 et il est fait chevalier de la Légion d'Honneur le 30/3/1864.

Le 13/8/1865 il est nommé Lieutenant au 15e bataillon, puis en avril 1867, il rejoint le 16e bataillon comme officier d'habillement. C'est le 1/12/1868 qu'il rejoint le 7e bataillon de chasseurs, peu après le retour du bataillon du Mexique. C'est alors caserné à Vincennes et qu'il se fait tirer le portrait chez Prevot, dans la nouvelle tenue des officiers de chasseurs à pied.

Au déclanchement de la guerre de 1870, il est officier à la 7e compagnie qui reste au dépôt à Vincennes. Le 18 aout sa compagnie est détaché au 13e corps d'armée. Thomas fait alors les opérations du siège de Paris : il est nommé Capitaine le 6/10/1870 et rejoint en novembre avec sa compagnie, le 21e bataillon de chasseurs qui vient d'être mis sur pied. Il y exerce les fonctions d'adjudant major. Après la guerre, il sert deux ans et demi en Algérie lors de l'insurrection de la Kabylie, le bataillon y a plusieurs engagements contre les insurgés.

Il finit sa carrière comme Chef de Bataillon (promotion du 6/7/1883), au 35e régiment d'infanterie, après avoir reçu la croix d'officier de la Légion d'Honneur en 1885. Il est mort le 25/3/1909.

Photo Prevot (Paris)

      


   

Pierre Marie Santelli

Né le 13/2/1837 à Lavatoggio (Corse), Santelli est engagé comme soldat au 6e régiment d'infanterie le 21/6/1855. Il y est nommé caporal, puis sergent, grade qu'il occupe lors de la campagne d'Italie.
En juillet 1862, il rend ses galons de sergent major pour faire campagne au Mexique et se rengage au 62e régiment d'infanterie, comme simple soldat. Quelques jours avant son embarquement en aout, il est fait caporal, puis sergent en juillet 1863. Il sert à la compagnie franche de San Luis de Potosi et le 17/5/1864, il est cité pour s'être distingué au combat de Matchuala. Il est fait adjudant en décembre..

Nommé Sous Lieutenant le 7/6/1865, il participe à la campagne de Mazatlan, comme commandant la compagnie franche du régiment. Lors des opérations de relève du siège de la ville, il se distingue une nouvelle fois le 6/5/1866  au combat de Baron où lors de l'attaque des lignes ennemies, il capture un pièce d'artillerie : "Mazatlan était completement bloquée côté terre par les bandes de Corona au  nombre de 5.000 fantassins, 1200 cavaliers avec 12 canons rayés. Une sortie fut donc résolue le 5/5/1866 [...] Le sous lieutenant Santelli se met à la tête de sa section, fond sur les Mexicains à la baïonnette et s'empare d'une pièce de canon ennemi. L'officier qui la commande est tué sur place, le servant qui poste le sachet à munitions et mortellement blessé. (Mémoires d'un chef de partisan - Grandin)"
Santelli est de nouveau cité le 4 juillet pour son action sous les murs de Mazatlan. Cette fois il reçoit la criix de la Légion d'Honneur et est fait Lieutenant le 15/8/1866, au régiment étranger. Il est immédiatement détaché au 7e bataillon de Cazadores comme adjudant major (commandant en second le bataillon). Ce bataillon mexican est chargé de la défense de Mazatlan après l'évacuation des troupes française de la ville. Il y sert jusqu'en janvier 1867.

Rappatrié en France en avril 1867, Santelli rejoint le 55e régiment avec lequel il sert en 1870. Durant les opérations autour de Metz, il est fait Capitaine le 21/8/1870 et commande la compagnie franche du régiment. Il y est cité "pour avoir fait preuve du plus grand tact et de la plus grande energie dans toutes les opérations de la guerre devant Metz : plein de feu et plein d'entrain."
Echappant à la capitulation, il commande alors un corps franc de volontaire à Chaumon (entre octobre et novembre), puis il passe au 57e régiment de marche en formation à Lyon et continue la guerre à l'armée de l'Est. Il est alors blessé au combat de Nuits le 18/12/1870 d'une "forte contusion avec excoriation et épanchement de sang au poignet gauche". Santelli finit la guerre comme chef de bataillon (grade temporaire reçu le 19/1/1871, et officier de la Légion d'Honneur (du 5/12/1870).

Après la guerre, il retoruve ses galons de Chef de bataillon en 1882, puis prend le commandement du 7e bataillon de chasseurs le 29/7/1885 qu'il transforme en bataillon alpin durant son temps de commandement.

La belle carrière de cet officier sorti du rang ne s'arrête pas là : il est nommé Lieutenant Colonel du 75e RI en 1889, puis Colonel du 122e RI en octobre 1892. Il prend sa retraite en 1894, commandeur de la Légion d'Honneur. Il meurt en décembre 1900.

Photo Margain et Jager (Grenoble)

 

 Les commandants du 7e bataillon

  • Répond (1840-1845)
  • Foltz (1845-1848)
  • de Saint Pol (1848-1851)
  • Pissonnet de Bellefonds (1851-1854)
  • Maurice (1854-1858) 
  • Colavier d'Albici (1858-1863)
  • Bréart (1863-1867) 
  • Coste (1867-1870)
  • Rigaud (1870-1875)
  • Gallimard (1871)
  • Dimoff (1871-1877)
  • Jeannerod (1877-1881)
  • Paquié (1881-1885)
  • Santelli (1885-

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