Le 7e régiment de Lanciers

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 Historique sous le IInd Empire

 

 Le 7e régiment de lanciers reste en garnison en France durant tout le début du second Empire.

La guerre de 70 le trouve en garnison à Moulins. Il mobilise 4 escdrons de guerre et rejoint Chalons, dans la brigade du général Savaresse, attachée au 12e corps d'armée. Le régiment participe à la marche vers Sedan et est brièvement engagé à Mouzon. Lors de la bataille de Sedan, il est engagé pour fouiller les bois situés en Illy et la frontière belge.  Le régiment s'égare et se divise, le colonel et un escadron errent toute la journée, traversent la frontière et sont internés en Belgique. Le reste du régiment (3 escadrons) rejoint finalement la ville de Sedan le soir. Le jour de la capitulation, le régiment a perdu 20 hommes tués ou blessés et une cinquantaine de chevaux.

  

Jean Baptiste Arnaud Jouve

Sous Lieutenant en 1837, il sert d'abord comme officier à titre indigènes aux Spahis réguliers d'Alger, puis passe au 1er régiment de Chasseurs d'Afrique où il est promu Lieutenant (31/1/1841), puis Capitaine le 10/3/1844. Il combat en Algérie et s'illustre le 2/11/1851 dans la campagne menée par Pélissier lors des événements tragiques de l'enfumage des grottes de Darha. La camp du Gouverneur de l'Algérie est attaqué par Bou Baghla : "Chargé vigoureusement par une trentaine de gendarmes, chasseurs et spahis que commandait le capitaine Jouve, il fut ramené à deux lieues du camp."

Le 25/11/1851, il est nommé Chef d'escadrons du 1er régiment de Chasseurs d'Afrique et fait campagne en Crimée.

Le 14/9/1854, il est promu Lieutenant Colonel au 10e régiment de Dragons, puis il rejoint le régiment des Dragons de l'Impératrice avec lequel il fait la campagne d'Italie. Il y reçoit la croix d'officier de la Légion d'Honneur et la médaille de la valeur militaire de Sardaigne.

Dans ses mémoires, le général du Barail a conservé des souvenirs imagés du Lieutenant Colonel Jouve : "Mes cinq collègues dans la cavalerie de la Garde étaient : [...] aux dragons de l'Impératrice, le LtColonel Jouve, "Moussou Zouve" d'Arles, comme nous l'appelions, un brave homme et un homme brave qui avait eu le bras cassé en 1851 dans un combat chez les Maatkâs, mais que personne ne prenait au sériux à cause de son exubérance méridionale. Je le vois encore, ce pauvre Jouve, constamment assailli pas ses cousins d'Arles ; il lui en venait un tous les matins. Je devais le devancer dans le grade de Colonel et non seulement il n'en fut pas jaloux, mais il se mettait sous ma très inutile protection. Un jour, dans un bal des Tuileries, il m'aborda en me serrant les mains avec effusion, pour me conter ses peines et finit par s'ecrier : "Mon zer du Barail, faites moi nomme Colonel. Ce n'est pas pour moi, mon Dieu! Mais c'est pour le réziment dont ze veux faire le bonheur!". Et ce dernier mot lui remplissait la bouche. Enfin, il fut nommé Colonel du 7e lanciers ; et le lendemain, il courait au ministere demander que le 7e Lanciers fût envoyé à Tarascon. les bureaux étaient trop heureux de trouver un colonel qui demandait la garnison de Tarascon que refusait tout le monde. Voici mon Jouve qui va faire le bonheur de ses lanciers, en pleine Provence ; et ce bonheur consistait à faire entrer en masse les gens de Beaucaire, de Tarascon, d'Arles et de Marseille dans le régiment, qu'il finit pas exaspérer, au point qu'on dût vite l'admettre à la retraite.

Jouve est en effet nommé Colonel du 7e régiment de Lancier, le 17/1/1860, poste dans lequel il pose ici à droite, en grande tenue, avec sa croix d'officier de la Légion d'Honneur. Le visage est usé, témoignage de ses dures campagnes algériennes, mais la pose reste fière...

Il est fait Commandeur de la Légion d'Honneur vers 1862, décoration qu'il porte sur la photo de gauche. Jouve prend sa retraite en 1868.

Photo Ken (Paris)

  


  

Michel Morel

Né le 1/12/1828 à Rasnodanoff (Russie), il fait l'école de Saint Cyr de 1850 à 1852 et est nommé Sous Lieutenant le 1/10/1852 au 4e régiment de cuirassiers. Il suit les cours d'officier élève de Saumur en 1853.

En septembre 1854, il passe au 5e régiment de cuirassiers et y est nommé Lieutenant le 12/1/1856. Il retourne à Saumur en 1858 pour suivre les cours d'officier d'instruction.

Le 11/12/1861, il est nommé Capitaine, instructeur au 7e régiment de Lanciers. C'est dans cette fonction qu'il est photographié à Strasbourg, entre 1863 et 1865, pendant que son régiment garnisonne à Hagueneau. Il porte la grande tenue, avec la giberne et le cordon ainsi que les raquettes. Il prend le commandement d'un escadron de son régiment en 1868.

Le 23/10/1870, il est promu Chef d'escadrons et est nommé major du 9e cuirassiers, puis du 4e cuirassiers en décembre 1870. Il participe alors à la repression de l'insurection à Limoge où le colonel Billet du régiment trouve la mort. En mai 1871, il passe au 10e régiment de cuirassiers et est nommé chevalier de la Légion d'Honneur le 22/5/1873. Le 5/4/1875, il est nommé instructeur en chef à l'école de cavalerie de Saumur.

Lieutenant Colonel le 27/5/1876, il est nommé au 10e régiment de cuirassiers

Colonel le 18/1/1881, il prend la tête du 10e régiment de Hussards. Il est promu officier de la Légion d'Honneur le 2/9/1886, deux mois avant sa retraite.

Il est mort le 22/5/1901.

Photo Beaudelaire (Strasbourg)


    

Charles Bon Marie de Bourlon de Chevigne de Moncey

Né le 27/6/1821 à Asnieres sur Oise, c'est le petit fils du maréchal Moncey par sa mère.

C'est comme simple soldat, appelé avec le contingent de sa classe qu'il débute sa carrière militaire. Devenu sous officier, il est nommé Sous lieutenant le 2/3/1845, au 3e régiment de Spahis en Algérie.

En 1850, il se distingue en petite Kabylie lors de la construction d'une route entre Sétif et Bougie. Son escadron est attaqué le 21 mai par les beni Immel. Lors de l'affrontement, les spahis perdent une dizaine de cavaliers, ainsi que le général de Barral, tué dans la mélée. 200 arabes sont tués dans l'engagement.

Promu Lieutenant le 2/5/1853, il devient Capitaine le 4/4/1855 et passe au 7e régiment de lanciers. Il fait la campagne d'Italie où il est nommé chevalier de la légion d'honneur.

Il quitte l'armée en 1866 et est décédé le 18/10/1884, dans son château de Moncey dans le Doubs.

Photos Fatalot (Lyon) et Beaudelaire (Strasbourg)

    


Ludovic Boyer de Fonscolombe

Né le 20/7/1818 à Aix, il est élève de l'école de Saint Cyr entre 1837 et 1839. Promu Sous Lieutenant au 65e régiment d'infanterie le 1/10/1839, il y est nommé Lieutenant le 19/2/1843.

En mars 1844, il rejoint l'arme de la cavalerie et passe avec son grade au 6e régiment de cuirassiers. Il y est fait Capitaine le 19/12/1848. Il sert à Paris durant les événements suivant le coup d'Etat de Napoléon III, puis fait campagne en Orient entre mai 1854 et juin 1856. Il en revient décoré des médailles de le Reine d'Angleterre et de la Valeur militaire de Sardaigne.

A son retour de Crimée, il est nommé Chef d'escadrons le 20/5/1858, au 2e régiment de chasseurs, puis après la guerre d'Italie à laquelle il ne participe pas, il rejoint le régiment des Lanciers de la Garde Impériale. Il est promu chevalier de la Légion d'Honneur le 29/12/1860.

Le 13/8/1865, il est promu Lieutenant Colonel au 7e régiment de Lanciers, en garnison dans le sud de la France.

Boyer de Fonscolombe est nommé Colonel du 8e régiment de Dragons le 5/8/1869, régiment avec lequel il fait la campagne de 1870, jusqu'à la capitulation de Metz qui l'envoie rejoindre les forteresses allemandes. Rentré en France en avril 1871, il reçoit la croix d'officier de la Légion d'Honneur.

Il prend sa retraite en 1876. Il est mort le 8/6/1888.

Photo Walery (Marseille) 

   


  

Marie Gaston Gabriel Armand de Montrichard

Né le 12/8/1845 à Bazoches dans la Nièvre.

Saint Cyrien de la promotion du Danemark, il est nommé Sous lieutenant le 1/10/1865, au 7e régiment de lanciers et va suivre les cours de l'école de Saumur comme officier d'instruction.

Nommé Lieutenant le 16/7/1870, il est prisonnier à la capitulation de Sedan et reçoit la croix de la Légion d'Honneur en juin 1871.

En septembre 1871, il est affecté au 14e régiment de chasseurs. Il démissionne de l'armée comme Capitaine.

Il est mort en décembre 1924.

Photo Le Roch (Saumur)

 


 En 1871, il est transformé en 14e régiment de Chasseurs à cheval. Il ne quitte pas les garnisons métropolitaines avant la guerre de 14.

   

Pierre Quenette

Né le 3/3/1840 à Saint Mihiel, fils de cultivateur, Pierre Quenette s'engage au 7e régiment de lanciers le 1/5/1857. Il y est nommé brigadier en janvier 1858. En janvier 1859, il rejoint l'école de Saumur pour y suivre durant 18 mois les cours d'élève instructeur et rejoint son régiment avec les galons de maréchal des logis.
Sa carrièe de sous officier se poursuit au régiment, il est ainsi nommé Maréchal des logis chef en février 1866, puis adjudant sous officier  le 22/8/1869.

A la déclaration de guerre, il est promu Sous Lieutenant et fait campagne contre l'Allemagne jusqu'à la capitulation de Sedan.
Après la guerre, le régiment perd ses lances et est redénommé 14e régiment de chasseurs. Pierre Quenette en devient le porte drapeau le 8/9/1872, fonction dont il porte ici la tenue (caractérisée par le plumet tricolore de son schako, réservé au petit état major du régiment où émarge le porte drapeau).

Le 18/2/1875, Quenette quitte le 14e régiment de chasseurs lorsqu'il est nommé Lieutenant au 22e régiment de Dragons. Il aura passé 18 ans dans le même régiment. Sept mois plus tard, il rejoint l'Algérie et le 2e régiment de Spahis.

Promu Capitaine le 27/12/1880 au 1er régiment de Chasseurs d'Afrique, il est engagé dans les colonnes de repression des mouvements insurectionnels entre mai et juillet 1881. Il est fait chevalier de la Légion d'Honneur le 5/7/1882.
Le 14/5/1885, Quenette recoit l'ordre de conduire une partie du 6e escadron renforcer le 1/2 escadron du régiment envoyé au Tonkin en 1884. Il embarque sur le Rouen, steamer de la compagnie du Hâvre, avec 66 hommes et 90 chevaux. Le 31 mai, après avoir franchi de détroit de Bab el Mandeb, le navire est assailli par un cyclone qui le met à deux doigts de sa perte. Durant la traversée, 77 chevaux morts doivent être jetés à la mer, 4 sont enlevés par les lames et 7 meurent quelque jours après la relâche à Georges Town. Quenette ne ramène que deux chevaux qu Tonkin et doit remonter sa troupes avec des chevaux trouvés localement. Jusqu'à la fin de 1885, l'escadron ainsi reconstitué opère contre les pirates dans la région de Than Moï, puis en 1886, il fournit l'escorte de la commission chargée de la délimitation de la frontière entre la Chine et le Tonkin.

Rentré en Algérie en juin 1886, Quenette est retraité en juillet 1887. Il est mort le 21/9/1917.

Photo Cazaux (Auch)

 

Les colonels du 7e Lanciers

  • Legrand (1852-1856)
  • Marquet (1856-1860)
  • Jouve (1860-1867)
  • Périer (1867-1871)

    Les colonel du 14e Chasseurs

  • Périer (1871-1874)
  • D'Ussel (1874-1878)
  • de Lavigne (1883-1886)
  • de Chérizey (1878-1879)
  • Chanoine (1879-1884)
  • de Mandat de Grancey (1884-1886)
  • de Girardin (1886-1892)
  • Moris (1892-1897)
  • de Bire (1897-1902)
  • Panot (1903-1908)
  • Burette (1909-1911)
  • Baratier (1879-1884)
  • de Brémond d'Ars (1906-1909)
  • Allenou (1909-1914) 

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