L'INFANTERIE SOUS LE SECOND EMPIRE (1852-1867)

Les Soldats

Entre 1854 et 1860 l'infanterie porte la veste en drap bleu de roi, fermé par 9 petits boutons d'uniforme, avec col sans pattes garance, orné des grenades ou des cors pour les compagnies d'élite (grenadiers et voltigeurs).
En campagne, la troupe porte la capote : modèle 1855 (à deux rangées de 5 boutons et col large qui peut se porter rabattu), 1858 (deux rangées de 6 boutons, avec col droit), ou criméenne (avec pélerine et capuchon)
Pantalon en drap garance.
Le soldat porte le bonnet de police à visière (ou kepi, avec turban en drap garance  et calot bleu de roi sur lequel est inscrit le numéro du régiment en garance) ou le schako, orné d'une plaque figurant un aigle (couronné à partir de janvier 1855) et le numéro du régiment sous ses serres. Le pompon est ovale garance, avec le numéro de la compagnie d'une couleur spécifique pour chaque bataillon. Le pompon du schako des compagnies d'élite est double. Après 1855 le schako est orné sur les cotés de jugulaires en cuivre.


Sergent d'une compagnie de grenadiers, avant 1855
Daguerréotype

Après la guerre d'Italie, le décret impérial du 30/3/1860 fixe un nouvel uniforme pour l'infanterie de ligne :
Tunique en drap bleu foncé, à une rangée de 9 boutons, d'une coupe rappelant celle des chasseurs à pied de la Garde, avec une jupe très courte arrivant au raz des fesses (dite "basquine"). Le collet et la patte de parement sont jonquilles. Les épaulettes sont écarlates pour les grenadiers, jonquilles pour le voltigeurs et vertes pour les compagnies du centre. Cet habit est la tenue typique de campagne.
La capote du modèle 1860, qui se porte sur l'habit en fonction du temps, possède un col rabattu, avec deux rangées de 4 boutons, sans épaulettes.
Le pantalon en drap garance est à 24 plis, tombant à mi mollet ; il est assorti de jambières.
Le shako de 13cm est en cuir noir, avec une plaque représentant un aigle et le numéro du régiment. Il est orné d'un pompon en petite tenue et une aigrette en grande tenue. Il peut être remplacé par un bonnet de police ou le képi.


Soldat, 10e RI
Tenue de campagne avec le képi
Photo Morizet frères


Soldat avec le Schako
Photo Cremière


Soldat avec la capote
Photo Cremière


Sergent fourrier
Photo Centrale (Amiens)

Sergent fourrier avec bonnet de police
Photo Trantoul (Toulouse)

 

Les officiers

Entre 1855 et 1860, les officiers portent la tunique à collet droit en drap jonquille (il était arrondi avant cette date), orné éventuellement de l'attribut des compagnies d'élite. Pattes de parement bleu foncé.

Le schako modèle 1852 figure sur la plaque un aigle (couronné à partir de janvier 1855) et un galon argent au sommet dont la largeur figure le grade de l'officier


Schako de lieutenant Colonel


Capitaine - tenue avant 1855
Daguerréotype


Lieutenant - tenue avant 1855 (fourreau en cuir)
Avec couvre schako de toile noire
Daguerréotype Lamiche


La tenue des officiers est ensuite fixée par le règlement de mars 1860 :
Ils portent la tunique bleu foncée (avec collet arrondi et pattes de parements en drap jonquille), mais avec une jupe plus longue que la basquine de la troupe. Le collet jonquille peut être orné d'une grenade ou d'un cor pour les officiers de l'état major du régiment ou des compagnies d'élite (grenadiers et voltigeurs). Les marques de grade sont uniquement figurées par les épaulettes.

Les officiers portent le shako, le bonnet de police à soufflets ou le képi de petite tenue (modèle 1858 - porté normalement en Afrique ou en campagne)

Le shako est orné de plumes en grande tenue et un pompon en petite. Il perd le galon argent supérieur qui figurait le grade.


Détail du schako de petite tenue
Le numéro de la compagnie (1) figure sur le pompon
Celui du régiment (58) sur la plaque

  Le bonnet de police est à corps garance et deux rabats latéraux en drap bleu

 


L'attribut central est l'étoile jonquille ou le cor pour les compagnies légères

 

 

  Le képi de petite tenue fait apparaître les marques du grade par des tresses plates

 


Képi à calot garance et turban bleu

 

Le pantalon garance est moins bouffant que celui de la troupe.
Le ceinturon (modèle 1845) est noir en petite tenue et en or à trois raies noires en grande tenue. La plaque dorée figure le génie de la France.


Détail du ceinturon

Armement : Les officiers portent le sabre modèle 1821, avec garde à une seule branche. Est porté le modèle modifié en 1845 par l'adjonction de deux bracelets à anneaux sur le fourreau permettant l'accroche sur le baudrier. Le fourreau est en cuir jusqu'en 1855, puis en tôle d'acier après cette date. Le sabre est orné d'une dragonne, enroulée autour de la garde du sabre. En grande tenue, elle est terminé par un gland à franges (petites pour les officiers subalternes et grosses pour les officiers supérieurs). En petite tenue, elle se termine par une olive noire.
En 1855 les officiers supérieurs recoivent un nouveau modèle de sabre avec un quillon à trois branches.

 

Capitaine en petite tenue
Photo Feyen (Paris)

Lieutenant avec le bonnet à soufflets
Photo Bounneton et Appert (Paris)

Sous lieutenant en grande tenue
avec hausse col
Photo Téruel (Paris)

Sous Lieutenant Morin, porte drapeau du 85e RI
Photo Américaine (Rome)

Sous Lieutenant grande tenue
L'aigrette blanche signale un officier
appartenant à l'état major du régiment
Photo Patras (Lyon)

 
 
Fonction spéciales
 
Le régiment comprend des sapeurs . En grande tenue, ils portent le bonnet à poils sans ornement, ainsi que le tablier de sapeur en buffle blanc et les gants en mouton blanchis. En petite tenue, le schako ordinaire, avec le pompon d'état major du régiment.
 

Sapeur d'infanterie de ligne
Grande tenue
en position du port d'arme à la hache*.
Photo Crémière (Paris)

Sapeur, petite tenue.
Photo Baudelaire (Strasbourg)

 
 
*Port d’arme de la hache : Le manche appuyé sur le rouleau de capote au dessus de l’épaule droite, la taillant en l’air, le bas du fer débordant en arrière le rouleau d’environ 50mm. La main droite à hauteur de l’épaule et tenant le manche à 250 mm environ de son extrémité inférieure.
 
 
Une musique est attachée au régiment. Elles sont commandées par une chef de musique (assimilable à un sous lieutenant) et un sous chef (adjudant), portant la tenue d'officiers, avec les contre épaulettes et la lyre au collet.
 

M. Elfrique, sous chef de musique, 21e RI

Chef de musique

 
L'uniforme après 1867

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