L'artillerie et le génie de la Garde - Historique sous le IInd Empire

 

Le régiment à cheval est créé le 1/5/1854 à 6 batteries et d'un cadre de dépôt. Il participe aux campagnes de Crimée, d'Italie et du Mexique avant d'être engagé lors de la guerre de 1870.

Charles Jean Baptiste Renault

Né le 1/7/1821 à Nancy, Charles Renault reçoit la médaille militaire le 10/5/1852, puis est nommé chevalier de la Légion d'Honneur le 14/8/1854, alors qu'il sert comme sergent major, chef de musique au 35e régiment d'infanterie de ligne ("19 ans de services et 3 campagnes"). Il a fait la campagne de Crimée dont il reçoit la médaille de Crimée quelques mois plus tard. 

En 1860, il est passé chef de musique au régiment d'artillerie à cheval de la Garde Impériale.

Il en porte ici le magnifique uniforme de grande tenue : Dolman blanc à tresses d'or et parements écarlates, pantalon bleu, talpack avec aigrette.

Il est mort le 24/2/1889.

 

Photo Crémière (Paris)

   


 Le régiment monté est créé le 17/5/1855. D'abord dénommé régiment à pied, il devient régiment monté le 20/2/1860. Composé de 8 batteries, il participe aux campagnes d'Italie et du Mexique avant d'être engagé lors de la guerre de 1870.

    

Antoine Hyacinte Rolland

Capitaine le 13/10/1849. Il fait campagne en Crimée, comme commandant une batterie du 16e régiment.
A la création du régiment d'artillerie à pied de la Garde Impériale, le capitaine Rolland est appelé à commander la 4e batterie, formée à Versailles le 23/10/1856. Il est nommé chevalier de la Légion d'Honneur le 8/10/1857 avec "vingt ans de service effectif, deux campagnes".
En 1859, il conduit sa batterie pour la campagne d'Italie. A Magenta, deux sections de sa batteries sont engagées en fin de journée pour tirer sur le village de Rebecco. A Solférino, sa batterie reste en réserve. C'est probablement peu de temps après son retour en France qu'il se fait photographier par Disdéri, en grande tenue, arborant ses décorations fraichement reçues durant la campagne.
Le 1/4/1860, il conserve le commandement de la 4e batterie, désormais dénommée batterie montée. 

Promu Chef d'Escadrons le 14/8/1860, il sert au 3e régiment à pied. En 1870, il commande l'artillerie du corps d'occupation en Italie en poste à Civitta Vecchia.

La guerre déclarée, il est promu Lieutenant Colonel et prend la tête de l'artillerie de la 1ere division du 5e corps d'armée (5, 6 et 7e batteries du 6e régiment d'artillerie). Le matin du 1/9/1870, lors de la bataille de Sedan, ses trois batteries sont envoyées pour soutenir l'artillerie du 1er corps et sous ses ordres, elles prennent position sur la crête qui s'étend de Dailly à Givonne. Lorsque le mouvement de retraite des troupes française commence, les trois batteries qui jusqu'alors avaient été protegées par la crête contre les feux directs, sont prises d'écharpe et de revers "cependant elles tinrent dans cette position jusqu'à ce que l'ennemi, voyant l'effet de son feu sur nos troupes, commenca à faire déboucher ses colonnes d'infanterie. Les batteries s'opposèrent à leur marche en tirant tout ce qu'elles avaient de boites à mitraille" (rapport officiel de la bataille de Sedan).  Un peu avant dix heures, il reçoit une blessure qui l'oblige à remettre son commandement à son chef d'escadrons.

Il meurt de ses blessures à Sedan le 22 septembre.

Photo Disdéri (Paris)

Marie Charles Raoul Frédéric Pinte

Né le 6/9/1843 à Aumale, fils d'un docteur en médecine, Pinte est élève de l'école polytechnique et de l'école d'application de Metz. Lieutenant le 16/10/1867, il est nommé au 19e régiment d'artillerie.

Il est nommé dans la Garde en mars 1869 comme officier en second à la 1ere batterie montée de la Garde. Il pose ici à l'école de Saumur, vers 1868, où il sert comme élève officier instructeur. Il porte sur cette photo la grande tenue du régiment, avec la sabretache ornée de l'aigle et des canons croisés, ici bien visible.
Lors de la guerre de 1870, sa batterie est affectée à la division des voltigeurs de la Garde. A Rezonville, le 16 aout, sa batterie n'ouvre le feu que vers 4 heures du soir contre les batteries prussiennes établies à Flavigny et combat jusqu'à la tombée de la nuit. Pinte n'est pas engagé à Saint Privat, ni dans les batailles du siège de Metz et parvient à s'échapper de la capitulation de Metz le 28/10/1870 et il rejoint le 23e régiment d'artillerie.

Après la guerre, il est promu Capitaine le 30/11/1871 et affecté au 34e régiment pour y servir comme instructeur d'equitation et de conduite des voitures. En 1876, il rejoint le 7e régiment d'artillerie et il est nommé chevalier de la Légion d'Honneur en 1882.

Promu Chef d'escadron le 25/2/1887, il sert à l'atelier de construction de Verdun, puis à la direction d'artillerie de Vernon avant de prendre le commandement du 1er bataillon d'artillerie à pied en 1889. Lieutenant Colonel en 1894, il sert au 15e régiment d'artillerie.

Il finit sa carrière Colonel (nommé le 23/7/1898), à la direction d'artillerie de Dunkerquee, officier de la Légion d'Honneur. Il est mort le 1/11/1914.

Photo le Roch (Saumur)

     

       

François Hermann Gaertner

 

Né le 21/5/1834 à Paris. Il s'engage en avril 1852 au 9e régiment d'artillerie. Il y fait campagne en Crimée alors qu'il est maréchal des logis en y étant à deux reprises de juin à novembre 1854, puis de juillet 1855 à juin 1856.

Il est promu Sous Lieutenant le 2/8/1858 au 17e régiment à cheval, il fait la campagne d'Italie.

En janvier 1860, il passe au régiment monté de la Garde Impériale est y est nommé Lieutenant le 2/8/1860 . Le 11/9/1862, il embarque sur le Montezuma pour la campagne du Mexique et y débarque le 31 octobre comme lieutenant en second. Sa batterie participe au difficile siège de Puébla. Durant le siège, elle est engagée sous les ordres du général Bazaine lors du combat de San Lorenzo contre les troupes du général Comonfort qui tentent de briser le siège. Au matin du 8 mai 1863, la batterie de la Garde se porte vivement en avant, se met en batterie et répond vigoureusement au feu des 8 canons de l'ennemi. La bataille est un succès complet et les huit pièces ennemies sont capturées. Pour cette affaire, Gaertner est nommé chevalier de la Légion d'Honneur. Revenu en France il se fait fièrement photographier, arborant ses trois décorations (légion d'honneur, médaille de Crimée et médaille du Mexique), en tenue de campagne, talpack sans flamme ni plumet et une longue pelisse, non règlementaire.

Promu Capitaine le 6/6/1867, il passe au 4e régiment monté et est détaché à la fonderie de Bourges. Durant la guerre de 70, il sert au 4e régiment d'artillerie et après la capitulation de Metz, il est interné à Coblenz entre le 29/10/1870  et le 5/4/1871. Après la guerre, il est nommé au 1er régiment d'artillerie à Bourges.

Il est promu Chef d'escadrons le 24/2/1880 au 37e régiment d'artillerie (encore à Bourges), puis officier de la Légion d'Honneur.

Il finit sa carrière comme Lieutenant Colonel, commandant le 8e régiment d'artillerie territoriale, toujours à Bourges, cette ville ayant décidément conquis tout son intérêt... Il est mort le 29/4/1901.

 

Charles Alexis Piquemal

Il est promu Lieutenant le 1/5/1858. Le 9/3/1859 il est admis dans la Garde comme lieutenant en second à la 3e batterie à pied du régiment monté. Il fait partie des cadres envoyés en Italie en 1859. A Magenta, en fin de journée, il installe ses pièces dans les bâtiments de Ponte Nuovo qu'il organise défensivement. A Solférino, il n'est pas engagé, si ce n'est en fin de journée où la batterie tire au jugé quelques coups sur des troupes en mouvement qui paraissent appartenir à de la cavalerie ennemie, mais faute de but certain, le tir cesse presque aussitôt.

Après la campagne d'Italie, le régiment à pied est transformé en un régiment monté et une division à pied composée d'une compagnie de canonniers servants et d'une compagnie de canonniers pontonniers sont créés. Picquemal passe à la division à pied le 1/4/1860 et quitte alors le régiment temporairement, mais le retrouve dès le 15 juin, nommé lieutenant en second à la seconde batterie. Le 29/12/1860, il est nommé lieutenant en premier, puis passe à la 1ere batterie le 28/8/1861. Le 18/12/1862, il quitte le régiment pour se marier.

 

Photo Disdéri (Paris)

     

   

Louis Ernest Petit-Jean

Né à Nimes le 4/3/1833, il s'engage comme canonnier au 3e régiment d'artillerie. Promu sous officier en 1852, il passe en mars 1854 au 16e régiment d'artillerie comme maréchal de logis et fait la campagne de crimée de juin 1855 à juillet 1856.

Le 21/3/1860, il est promu Sous Lieutenant et passe dans le train d'artillerie au 1er escadron. Il sert alors trois ans en Algérie de juin 1860 à septembre 1863.

Promu Lieutenant le 22/3/1862, il rejoint l'escadron du train d'artillerie de la Garde Impériale le 13/8/1863. Il en porte ici la petite tenue, avec la croix de la Légion d'Hoenneur reçue le 26/10/1864. En 1865, il suit durant un an les cours de l'école de saumur.

Promu Capitaine le 1/5/1867, Petit-Jean quitte la Garde et rejoint le 1er régiment du train d'artillerie. Il en devient adjudant major. Ses services de guerre indique qu'il a servi du 3/9/1870 au 25/2/1871 contre l'Allemagne.

Il est promu Chef d'escadrons le 20/1/1876 et sert à l'école d'artillerie de Vannes, puis au 28e régiment d'artillerie en juillet 1883. Il sert ses dernieres années actives en Bretagne, au 35e régiment d'artillerie et comme adjoint au directeur de l'école d'artillerie du 11e corps d'armée, avant de prendre sa retraite en 1887, officier de la Légion d'Honneur.

Il est mort le 16/4/1910.

Louis Hyacinthe Simon

Né le 15/12/1835 à Metz, Simon est élève de l'école polytechnique entre 1855 et 1857, puis de l'école d'application de l'artillerie à Metz. Il est promu Lieutenant le 1/10/1859 et rejoint le 9e régiment d'artillerie monté.

Le 15/1/1861, il est admis dans la Garde Impériale, comme officier attaché à la 5e batterie du régiment monté. Il est ici photographié en petite tenue, dans une pose plutôt romantique, peu courante sur les clichés de l'époque.

Nommé Capitaine le 13/8/1865, il quitte la Garde et est affecté au 12e régiment d'artillerie, mais est détaché à la manufacture d'armes de Châtellerault, puis en mission en Angleterre durant trois ans. Au déclanchement de la guerre de 1870, il est affecté comme capitaine en second au 11e régiment d'artillerie(canons de 4 de campagne), attachée au 1e Corps d'armée (Armée du Rhin) et rejoint Strasbourg. La batterie est engagée à Reischoffen et a six hommes blessés. Simon quitte l'armée de Metz avant sa capitulation et rejoint les armées de la République. Il sert alors à l'armée de la Loire comme commandant l'artillerie d'une division d'infanterie du 17e corps d'armée. Il est promu chevalier de la Légion d'Honneur le 14/11/1870.

Après la guerre, il est nommé aide de camp du général Susane, membre du comité de l'artillerie.

Il est démissionnaire de l'armée en avril 1875. Ayant émigré en Nouvelle Calédonie, il y démarre une seconde carrière politique, en y étant nommé Conseiller Général (entre 1891 et 1895), puis délégué du territoire au Conseil Supérieur des colonies en 1897, puis au comité consultatif de l'agriculture, du commerce et de l'industrie aux colonies. Lors de l'exposition universelle de 1900, il y est commissaire de la Nouvelle Calédonie. Il est alors nommé officier de la Légion d'Honneur.

Il est mort le 30/12/1926.

Photo Disdéri (Paris)

     

Ils ont servi dans l'artillerie de la Garde : Capitaine Clairin,


Lors du rétablissement de la Garde en 1854, une compagnie du génie lui est attachée. Portée à deux compagnies, ses effectifs reteront modestes (7 officiers et 712 hommes). Ces troupes participent cependant au opérations en Crimée. Par mesure d'économie, ces troupes seront licenciées en novembre 1865. 

Adrien Camille Joseph Oscar Blondeau

 

Né le 12/12/1813 à Livourne (Italie)

Capitaine le 22/1/1841. Il a commandé une compagnie de pontonniers envoyée en juin 1849 pour participer au siège de Rome. Il est nommé chevalier de la Légion d'Honneur le 10/5/1852.

A partir de 1859, la division du génie de la Garde Impériale est commandée par un chef de bataillon. Blondeau qui est Chef de bataillon depuis le 15/12/1855 et occupe un poste au 3e régiment du Génie est le premier à occuper cette fonction prestigieuse.

Il est ici photographié par Pierson, portant les aiguillettes de la Garde (le corps du génie de la Garde les ayant portées dès 1854 à la différence de l'infanterie qui attendra 1860 pour les arborer) et le chapeau ferré. Il porte la croix d'officier de la Légion d'Honneur, distinction qu'il a reçue en 1859.

Son passage dans la Garde lui permet d'être promu Lieutenant Colonel le 14/1/1863, il est alors nommé professeur de fortifications à l'école du Génie de Metz.

Promu Colonel le 2/3/1867, il est directeur des fortifications à Mezières lorsque la guerre de 1870 éclate.

La garnison composée de 3.000 hommes est opposée à l'armée prusienne à partir du 1er septembre 1870. L'investissement de la place a lieu le 25 décembre et après 28 heures de bombardement, Blondeau qui a été nommé commandant de la défense le 3/12/1870 et Général de brigade le 19/12/70, doit capituler le 2 janvier 1871. Une commission d'enquêtre réunie après la guerre concluera "Le commandant supérieur Blondeau mérite le blâme pour avoir capitulé en n'ayant détruit qu'une partie de son matériel et de son armement et avoir abandonné à l'ennemi une énorme quantité d'aprovisionnements et de vivres de toute espèce."

Après guerre il n'exexce pas de commandement actif et est membre du Comité des fortifications.

Nommé Commandeur de la Légion d'Honneur le 3/8/1875, il est retraité en 1883. Il est mort le 25/3/1886.

Photo Pierson (Paris)

     

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