Les tués de 1870-1871 lors des opérations des armées d'Alsace et de Chalons

 

Durant la guerre de 1870, les officiers français payèrent un lourd tribut à la France, puisque 5 420 officiers seront blessés et 2 359 tués. Ces quelques biographies, replacées dans leur contexte historique, retracent sommairement les carrières de certains de ces hommes.

 

Wissembourg (4/8/1870)

Le 4 aout, la division Douay du 1e corps, en pointe avancée à Wissembourg, est surprise par la IIIe armée allemande. Les 5000 français ne peuvent rien contre 40.000 allemands. Il sont battus et doivent se replier sur le corps de Mac Mahon.


Froeschwiller (6/8/1870)

La IIIe armée prussienne qui continue sa marche en avant attaque le 6 aout le corps d'armée du maréchal Mac Mahon sur les positions de Woerth/Froeschwiller/Reichshoffen. Combattant à un contre trois, les français sont battus, mais les pertes allemandes sont à peu près aussi importantes que celles des Français. L'armée de Mac Mahon parvient à retraiter sans être accrochée, mais doit  abandonner l'Alsace aux Prussiens pour se reconstituer au camp de Chalons.

   

Simon Adhémar Ancelin

Saint Cyrien de la promotion de 1858, Ancelin a eu une carrière sans éclat jusqu'au déclanchement de la guerre de 1870. Il a servi au 3e régiment d'infanterie et la veille de la guerre, il a été promu Capitaine à l'ancienneté.

Lors de la guerre de 70, son régiment fait partie du 7e Corps d'Armée. Concentré à Mulhouse les premiers jours d'aout, il rejoint l'armée à Froeschwiller. Dans les premières heures de la bataille, le régiment est pris à parti par un intense feu d'artillerie, sans pouvoir riposter.
"Pour ne pas rester plus longtemps sous le feu d'un ennemi invisible, le colonel Champion commande l'attaque. Tout le régiment s'avance en bon ordre et à son approche, les allemands se retirent en continuant le feu. La charge est commandée, les sacs sont déposés, et le régiment s'avance dans un ordre superbe, aborde le plateau avec un ensemble et un aplomb qui font l'admiration de tous les spectateurs de cette charge. Les allemands se replient, vont se rallier sur le bord extérieur du plateau, sur le monticule et dans la vigne. Le colonel arrête le régiment et fait commencer le feu. On perd du monde sans avancer. Alors, pressé d'en finir et voulant enlever définitivement la position, le colonel fait cesser le feu et commande de nouveau "En avant !" Il y a un moment d'hésitation dans les rangs. A cette vue le colonel Champion passe à hauteur du drapeau, devant le premier rang, l'épée haute ; il répète son commandement "En avant !" et enlève ses trois bataillons qui refoulent l'ennemi jusque dans la vallée du Sauerbach. Cependant une partie des Allemands se sont ralliés sur le monticule et dans la vigne ; de là, ils dirigent un feu nourri sur le régiment. Le 3e, de nouveau arrêté, recommence le feu. L'action devient très vive ; à la lisière de la vigne, on se fusille presque à bout portant. L'ennemi cède enfin, et nos bataillons occupent la position qu'ils viennent d'acheter chèrement au prix de pertes enormes ; le colonel Champion qui  avait déjà eu son cheval tué sous lui, a reçu trois blessures qui le mettent hors de combat. Le capitaine Ancelin a été tué. (historique du régiment)".

 

Photo Maury et Debas (Angouleme)

Louis Alexis Emile Maire

Né le 8/9/1811, fils d'officier, c'est un Saint Cyrien de la promotion de 1829. Maire a servi en Algérie entre 1841 et 1848 et a été cité pour s'être fait remarquer au combat de l'oued Soggeur le 3/5/1845 et aux engagements de l'Arbazet et de Chelalah en juin 1846. Il a fait la campagne d'Italie comme Lieutenant Colonel du 98e RI. Il a d'abord été contusionné d'un éclat d'obus à l'oeil droit lors de la bataille de Montebello (20/5/1859), puis à Solférino, où il échappe miraculeusement à la mort. Il est en effet le même jour blessé d'une forte contusion à la hanche par un eclat d'obus, d'un coup de feu qui lui a traversé l'épaule gauche, d'un autre coup de feu pénétrant à la partie inférieure et postérieure de la poitrine, d'un coup de feu à l'omoplate gauche ainsi que d'un éclat d'obus qui pénétre profondément sous le trapeze.

Promu Colonel du 8e RI (ici photographié), il est noté comme "Capable, instruit, conservant au commandement son double caractère de fermeté et de bienveillance qu'il doit toujours avoir. Nature intelligent, généreuse et sympathique, distingué dans ses manières."

La guerre de 1870 le trouve Général de brigade (depuis le 24/2/1869), commandant la 2e brigade de la 1ere division du 7e Corps d'armée.

Le 6 aout, sa brigade (47e et 99e RI) est engagée vers Woerth : "Aussitôt que les bataillons ont dépassé la crête du terrain, ils sont criblés de balles et d'obus. Après 500 metres d'une marche en bataille par bataillon, en colonne double, aussi bien exécutée que sur un terrain de manoeuvre, et malgré la pluie de projectiles, le 47e se déploie en subissant des pertes énormes. Sans s'arreter à répondre au feu de l'ennemi, le général Maire se tourne vers les tambours du 47e RI et s'ecrie en brandissant son épée "Tambours ! La charge". Une immense acclamation lui répond. Au même instant, il tombe mortellement frappé. ("Francais et Allemands")

   

   

Louis Philippe Million

Saint Cyrien de la promotion de 1857, Million rejoint le 2e régiment de Zouaves dès sa sortie de l'école et y faire toute sa carrière. Il a fait la campagne d'Italie, servi en Algérie et au Mexique où il s'est distingué lors des deux assauts contre Puebla.

La guerre de 1870 le trouve Capitaine (depuis le 8/1/1868), commandant une compagnie du 3e bataillon.

Le régiment est pratiquement anéanti lors de la bataille de Froeshwiller, notamment lors de la prise du village de Woerth : « Déjà les Prussiens arrivent à moins de 200 mètres de la position quand subitement les zouaves se relèvent comme un seul homme à la voix de leurs officiers restés debouts à leur place de bataille. Ils mettent d’eux même la baïonnette au canon et poussant des cris de victoire, bondissent dans les vignes à la suite du général L’Herillier qui dirige la contre-attaque, le képi au bout de la canne. La soudaineté et l’impétuosité de l’attaque sont telles que tirailleurs et officiers ennemis se débarrassent de leurs armes et de leurs manteaux en sautoir pour pouvoir fuir plus vite. Les soutiens massés dans les vignes à peu de distance de Woerth ne font aucune résistance et les zouaves pénètrent pèle mêle dans le village. Ils y sont accueillis par une fusillade meurtrière partant des soupiraux des fenêtres et surtout des toitures où les défenseurs ont pratiqué des ouvertures. [...] Sans soutien ni à droite ni à gauche, ni en arrière, les zouaves reculent lentement pour regagner les hauteurs. L’ascension des vignobles plantes sur un terrain en pente très raide et soutenus par des échalas s’opère difficilement ; épuisés par les efforts qu’ils viennent de faire les zouaves subissent les plus grandes pertes." (Historique du 2e zouave).

Dans la journée, le régiment perd 47 officiers sur 65. Million figure parmi les morts.

Pierre François Jean Raphael Suzzoni

Né le 4/10/1818 à Cervione (Corse), Suzonni est polytechnicien et a fait la première partie de sa carrière dans l'artillerie avant de rejoindre l'infanterie indigène d'Algérie en 1854, comme capitaine au bataillon des tirailleurs d'Alger.

Toute sa carrière s'est affectuée en Algérie. "Il était tout petit et on se demandait comment tant de coeur, d'esprit et d'intelligence pouvait tenir en si peu d'espace - (du Barail - Mes souvenirs)" 

Fait Colonel le 27/2/1869, il prend le commandement du 2e régiment de tirailleurs à la fin de l'année, mais est nommé à la tête du cercle de Boghar. Au déclanchement de la guerre, il ne rejoint son régiment constitué pour la campagne en France que le 4/8/1870 à Froeschwiller. Deux jours plus tard c'est la bataille. Le régiment resiste durant la matinée aux assauts des bavarois sur les pentes du Hochwald attaqué à plusieurs reprises. Dans l'après midi, l'armée prussienne renforcée attaque de nouveau. "Lorsque les Prussiens deviennent trop pressants, les turcos recourant à la baïonnette, poussent une charge en avant pour se redonner de l'air. Leur terrible élan rejette chaques fois au bas des pentes la ligne allemande qui, renforcée sans cesse, reprend chaque fois sa marche en avant. Pour regagner les bois après chaque charge, les défenseurs doivent remonter les pentes à découvert sous le feu de l'artillerie ennemie. Ces pentes sont bientôt jonchées de cadavres ; les vignes et les houblonnières situées au dessous du bois sont mouchetées par les tuniques bleu clair des bavarois, les uniformes sombres des Prussiens, les pantalons rouges de nos lignards et les larges culottes de toiles de nos trucos. (historique du régiment)".

C'est dans une action de ce type que Suzzoni est tué : "Se mettant à la tête du 3e bataillon, il se lance sur l'ennemi. Les Prussiens sont encore obligés de descendre les pentes, la baïonnette dans les reins. C'était un répit de quelques instants, mais dans la charge, le colonel était tombé la poitrine trouée d'une balle qui le frappa au dessous et contre l'étoile de sa croix. Il expira presque immédiatement en disant : Tenons... tenons ! la vicoire nous restera... (historique du régiment)"

"Deux sapeurs tirailleurs emportent aussitôt le corps de leur chef roulé dans la toile d'une tente abri. Les deux bras sortent et pendent de chaque côté. Sur les manches en drap bleu clair brillent les cinq galons d'or. Plusieurs turcos l'accompagnent et ce funebre cortège s'engage dans le chemin creux jonché de blessés et de morts. (Français et Allemand - D de Lonlay)" 

 

Photo Alary & Geiser (Alger)

     

   

Léon André Poyet

Saint Cyrien, Poyet a servi comme capitaine au 11e bataillon de chasseurs et a gagné la croix de la Légion d'Honneur à Magenta ("16 ans de service effectifs, 9 campagnes")

Il est promu Chef de bataillon le 12/3/1866 et prend le commandement du 8e bataillon de chasseurs le 3/8/1867. Promu officier de la Légion d'Honneur en 1869, il pose ici à Toulouse dans la nouvelle tunique modèle 1868 à laquelle il a fait ajouter les galons plats portés sur la manche, juste avant l'entrée en campagne.

Sa dernière bataille est décrite dans le rapport relatif au bataillon durant la bataille de Froeschwiller :
" Le 8e bataillon est arrivé le 4 août à Frœschwiller, à 7 h. 1/2 du soir; les lere et 2e compagnies sont détachées en avant du village et préposées à la garde d'une batterie d'artillerie, les 3e, 4e, 5e et 6e compagnies sont campées dans les rues du village.
Le 6 août, les 3e, 4e, 5e et 6e compagnies, conduites par M. Poyet, chef de bataillon, prennent les armes entre 8 et 9 heures du matin et sont d'abord préposées à la garde d'une batterie d'artillerie, les 4e et 5e sont déployées en tirailleurs en avant, les deux autres sont en bataille. A 10 heures elles s'engagent dans le bois et y restent jusque vers 1 heure sans donner. A ce moment le bataillon reçoit l'ordre de marcher en avant pour appuyer le 2e régiment de tirailleurs, qui perdait beaucoup de monde. A peine engagé, M. Poyet est frappé mortellement d'une balle au dessous du sein droit, il est emporté et M. Gyss, capitaine de la 5e compagnie, prend le commandement du bataillon; L'adjudant-major est blessé très grièvement au bas-ventre. Après avoir marché en avant et battu en retraite plusieurs fois, les compagnies se retirent définitivement vers 4 heures sans ordres et sans chefs, car tous sont restés sur le champ de bataille, tués, blessés, prisonniers ou disparus.
Les lere et 2e compagnies, sous le commandement du capitaine Chardon, prennent les armes à 7 h. 1/4 et suivent la 1re à droite, la 2e à gauche, la batterie d'artillerie qu'elles doivent protéger, elles reçoivent l'ordre de se déployer et de se porter en avant vers 1 h. 1/2 pour couvrir la droite et la gauche du 2e régiment de zouaves.
Le mouvement de retraite commence vers 3 h. 1/2 et à 5 heures la déroute est complète ; le corps d'armée se retire sur Reichshoffen et les corps en désordre continuent dans la nuit du 6 leur retraite sur Saverne, où est le point de ralliement.
La perte du bataillon dans cette journée est évaluée à 2 officiers tués, 14 disparus ou blessés restés entre les mains de l'ennemi, 600 sous-officiers, caporaux ou soldats tués, blessés ou disparus.
M. Henriot, capitaine, arrivé au bataillon la veille de la bataille, est compris dans le nombre des disparus. M. Nouaux, officier sorti de l'école l'année précédente, après avoir reçu une blessure, est, avec le commandant du bataillon, de ceux dont la mort est certaine
."

 Photo Trantoul (Toulouse)

Adrien Henri Louis Archambault de Beaune

Né le 18/3/1819 à Veretz (Indre et Loire), Archambault de Beaune est élève de Saint Cyr entre 1838 et 1840 (Promotion de l'"An quarante"). Il a d'abord servi aux Chasseurs d'Afrique et a combattu en Crimée.

Il est promu Lieutenant Colonel au 9e cuirassiers en 1866. Il est à cette date officier de la Légion d'Honneur.

Lors de la bataille de Froeschwiller, il tombe à la tête de son régiment le 6/8/1870. Blessé, il décède le lendemain. Il est enterré au cimetierre comunal de Morsbronn.

Photo Levitski (Paris)

 

    

Ernest de Franchessin

Ce Saint Cyrien de la promotion de 1844 a fait campagne en Orient, en Afrique, en Italie et au Mexique. Il a servi comme Chef de bataillon au 3e régiment de Zouaves et au 20e bataillon de chasseurs, puis Lieutenant Colonel du 2e régiment de Zouaves (ici sur le cliché).

Photo Ken (Paris)
"En avant !" - le 96e régiment à Froeschwiller

Promu Colonel en 1868, il prend le commandement du 96e régiment d'infanterie qu'il va conduire au feu en 1870.

Le livre du centenaire de Saint Cyr raconte sa mort le 6/8/1870 à Froeschwiller, rapportée par le caporal Fournier de son régiment : "Hardi jusqu'à la témérité, il excite les hommes de la voix et du regard et s'ecrie "A moi mes enfants ! à la baïonnette, courage !" Et il s'élance le premier. L'élan était donné mais une grêle de balles l'arrête ; la compagnie Hésite. Le colonel se retourne et crie pour la deuxième fois "A moi ! à la baïonnette !" Une balle le frappe au pied gauche qui est troué de part en part. Il s'adosse à une arbre, se fait déchausser et, malgré la douleur, il marche en s'appuyant sur moi. Nous n'avions parcouru qu'une faible distance qu'une nouvelle balle l'atteint au côté gauche, à 10 cm au dessous du sein. Je le sens tressaillir et il me dit avec un sang froid que je n'oublierai jamais "Je suis mortellement blessé." Il avait à peine achevé ces mots qu'une troisième balle le frappait à nouveau au côté droit, à la même hauteur que la seconde. Malgré ses trois blessures et avec un courage surhumain, il cria : "En avant ! en avant!". je le soutins de mon mieux, car malgré sa volonté de fer, il chancela. Avec l'aide de trois hommes du 3e bataillon, puis d'un cavalier démonté et d'un caisson, je l'emmenai près de l'ambulance; Pendant que je le soutenais sur mes épaules, il reçut une quatrième balle près de l'omoplate. Nous avions environ 100 metres à parcourir quand il commença son agonie qui dura trois minutes ; je voulus le porter jusqu'à l'ambulance ; c'était l'église de Froeschwiller qui était toute en feu. Nous laissâmes le corps du colonel dans une grange et nous pûmes regagner la forêt.

L'historique du 96e régiment d'infanterie évoque la même action : "La 4e compagnie se trouve tout à coup engagée sous bois avec des forces bien supérieures ; elle résiste pendant longtemps à un feu meurtrier qui la décime. <…> La 4e compagnie, fléchissant sous cette violente mousqueterie commence un mouvement rétrograde ; c'est alors que le colonel de Franchessin accourt à pied, son cheval ayant été tué sous lui, se porte sur la ligne, et ramène la compagnie en avant, en s'élançant le premier et en s'écriant " A moi, mes enfants, à la baïonnette ; courage ! ". Une véritable grêle de balles qui couche à terre plusieurs hommes arrête cet élan. Voyant l'hésitation, le colonel se retourne et crie pour la seconde fois : " A moi, à la baïonnette ! ". Au même moment il reçoit une balle qui lui traverse le pied. Aidé par le caporal Fournier, il retire sa botte, s'enveloppe le pied avec son mouchoir et continue à marcher en s'appuyant sur l'épaule du caporal. Il reçoit alors coup sur coup deux balles qui lui trouent la poitrine ; avec un courage surhumain et malgré les souffrances que lui causent ces trois blessures, il continue à crier : " En avant ! En avant ! ". Emmené sur les derrières par le caporal Fournier, le colonel de Franchessin expirait en arrivant à une des premières maisons de Froeschwiller.

Cyr Charles Maillard

 

 

Nommé Sous lieutenant le 5/3/52 au 3e RI, il participe à l'expédition de la Baltique et y reçoit la médaille commémorative britanique (c'est la médaille de droite sur la photo).

Lieutenant le 22/12/55, il est avec son régiment en Algérie entre 1859 et 1864, pour y participer aux campagnes du  Maroc (1859), de Kabylie (1860) et du Sud Algérien (1864). Il y reçoit la croix de la légion d'honneur.

Capitaine le 21/1/1863, il est capitaine adjudant major de son régiment au déclanchement de la guerre de 70

Il est tué le 6 aout 1870 à la bataille de Froeschwiller.

 

 

   

  

Pierre François Eugène André

Ce saint cyrien de la promotion de Crimée-Sébastopol (1854-1856) est nommé Sous Lieutenant le 1/10/1855 au 48e régiment d'infanterie.

Lieutenant le 16/3/1864, il fait campagne en Algérie entre 1864 et 1868.

Au déclanchement de la guerre de 70, il est Capitaine de son régiment qui participe à la bataille de Froeschwiller à la division du général Raoult le 6/8/1870.

Il y est tué alors que sa compagnie défend le bois de Froeschwiller. Le régiment perd dans cette affaire 1200 hommes, ainsi que 18 officiers.

Photo Muzet & Joguet (Lyon)

Jules Edouard Colson

 

Né le 20/1/1820, il fait Saint Cyr et l'école d'état major (1844). Officier brillant du corps d'état major, il fait la campagne de Crimée (où il est blessé le 18/6/1855), il sert en Algérie, notamment en 1857 pour la campagne de Kabylie et suit la campagne d'Italie.

Il sert aussi comme attaché militaire en Russie.

Au déclanchement de la guerre, il est Général de brigade, chef d'état major du Maréchal Mac Mahon au 1er corps d'armée.

Il est tué le 6 aout 1870, à la bataille de Froeschwiller.

Dans ses souvenir inédite, la Maréchal Mac Mahon relate ainsi la mort de son chef d'état major : "Environ à 2 h 1/2, j'aperçus entre le Niederwald et Woerth une colonne, qui se formait sur la rive droite de la Sauer et se disposait à attaquer la position qui se trouvait devant elle. Je crus alors devoir la faire repousser par la division Conseil-Dumesnil, qui se trouvait déployée en face d'elle par bataillons, en colonne. J'ordonnai à mon chef d'état-major, le général Colson, de transmettre lui-même l'ordre au général Conseil-Dumesnil de porter sa division en avant et de repousser l'ennemi au delà de la Sauer. Mais, comme je ne pouvais prendre une offensive générale, il devait, après avoir repoussé l'ennemi, venir prendre son ancienne position, où ses hommes avaient laissé leurs sacs. A ce moment, le général Colson fut frappé d'une balle au coeur et tomba raide mort. Ce fut pour moi une perte réelle et je sentis tout de suite combien il me serait difficile de le remplacer. Je donnai à un autre officier les mêmes instructions pour le général Conseil-Dumesnil."  

Il est enterré au cimetierre de St Aubin du Aire (Meuse)

 

Photo Disdéri (Paris)

        

    

Abdallah Ben Missoun

Abdallah ben Missoun a déjà une longue carrière de sous officier derrière lui au 2em régiment de tirailleurs algériens, lorsqu'il est promu Sous Lieutenant le 28/3/1863.

Il a servi en Algérie, mais aussi durant la campagne d'Italie, dont il est revcenu décoré. Spécificité du corps des tirailleurs algériens, le corps des officiers est composé d'officiers indigènes, qui peuvent servir jusqu'au grade de lieutenant. Ben Missoun porte ici leur tenue spécifique : veste et gilet de forme arabe, en drap bleu de ciel, ornés de tresses et de galons en soie noire. Grades en forme de noeuds hongrois sur les manches. Pantalon arabe en drap orné de chamarrures en soie noire. Chéchia et turban, bottes souples en cuir noir verni.

Au début 1870, il participe à l'expédition de l'Oued Guir, puis en aout 1870, fait partie des officiers envoyés combattre en France. Il sert à la 3e compagnie du 2e bataillon.

Le 6/8/1870 à Froeschwiller, le régiment va défendre l'éperon boisé du Hochwald contre les attaques prussiennes et bavaroises, très supérieures en nombre. Pour arréter leur marche en avant, les tirailleurs doivent effectuer de nombreux retours offensifs à la baïonnette qui rejettent plusieurs fois l'ennemi dans les bois d'où ils essaient de déboucher, mais au prix de pertes sanglantes, notamment lorsqu'ils doivent remonter la pente vers le couvert du bois, sous le feu de l'artillerie. Ben Missoun est grièvement blessé lors de la bataille.

Il succombe de ses blessures le 26/8/1870 à Soultz.

Noël Raoult

Né à Meaux le 26/12/1810, fils d'un boulanger, il a fait Saint Cyr et l'école d'état major. Il a servi en Algérie à l'état major du général Pelissier et s'est distingué en Crimée où il a été blessé à deux reprises le 6 juin et le 8 septembre 1855.

Revenu de Crimée comme commandeur de la Légion d'Honneur, seul Lieutenant Colonel a avoir cette distinction, il est nommé chef d'état major de la Garde Impériale, fonction qu'il occupe alors qu'il est photographié par Le Gray.

Il a été nommé Général de brigade après la campagne d'Italie et Général de division en 1867.

En 1870, il commande une division de l'armée de Mac Mahon. Ces derniers instants lors de la bataille de Froeschwiller le 6/8/1870 ont été racontés par le Maréchal de Mac Mahon . "Peu après, le général Raoult évacua les positions qu'il occupait en avant de Froeschwiller. Plusieurs fois, serré de trop près, il exécuta des retours offensifs qui rejetèrent en arrière les assaillants. Il n'évacua Froeschwiller qu'au moment où il allait être tourné. De sa personne, il était resté avec ses derniers tirailleurs. Ce fut la qu'il reçut une balle qui le blessa mortellement. Il tomba; les soldats se précipitèrent et voulurent l'emporter, mais il eut encore assez de forces pour leur donner l'ordre formel de le laisser sur place. Ils le soulevèrent, mais prenant alors son épée, il menaça de les en frapper, s'ils refusaient de lui obéir. Ils se retirèrent. Il fut pris par l'ennemi et conduit à l'ambulance où il mourut quelques jours après."

Photo Le Gray (Paris)

  

   

Charles Robert de Vogüé

 

Né le 16/12/1835 à Paris, il est Saint Cyrien de la promotion Crimée-Sébastopol (1854-1856), sorti 198e sur 416..

Sous Lieutenant le 1/10/1856, il est nommé au 8e régiment de hussards avec qui il fait la campagne d'Italie.

Lieutenant 17/1/1863, il passe au 11e régiment de chasseurs à cheval et est envoyé en Algérie en 1864, en garnison à Mostaganem. Il y est nommé chevalier de la Légion d'Honneur.

Capitaine le 14/8/1867, la vie africaine lui convient puisque lorsque le 8e Hussard rentre en France, de Vogüé obtient sa permutation au 1er régiment de Spahis en 1868. Remarqué par le haut commandement, et bénéficiant d'importants appuis familiaux, il est nommé officier d'ordonnance du maréchal de Mac Mahon, gouverneur de l'Algérie. Cette fonction explique le port des aiguillette sur ce beau portrait, oeuvre du photographe Geiser.

De Vogüé suit Mac Mahon lorsque celui-ci est nommé commandant l'armée d'Alsace en 1870.

Il est tué le 6/8/1870 à la bataille de Froeschwiller, d'une balle en plein front. Enterré dans une fosse commune, son père devra faire des recherches pour retrouver son corps et lui donner une sépulture individuelle : "Le capitaine de spahis de Vogüe, officier d'ordonnance du maréchal McMahon, avait été jeté dans une vaste fosse, et la famille fit pendant plusieurs mois de vaines recherches pour retrouver ses restes. Enfin, on s'arrêta devant une fosse qui refermait 80 corps complètement meconaissables. Des témoins de l'action affirmaient que de Vogüe était tombé à 60 metres des maisons de Woerth. Une balle l'avait frappé entre les deux yeux, lui brisant le front. Une reconnaissance par les traits du visage était donc impossible. Les parent et les amis n'espéraient découvrir son corps que par un de ces événements providentiels qu'on nomme le hasard. On ramena à la surface 78 cadavres sur les 80 qui reposaient à cet endroit. Au 79e, un paysan de Froeschwiller qui avait aidé le lendemain de cette bataille à la mise en terre, fut frappé par la vue d'une gourmette couverte de vert de gris et de terre pendant à un lambeau de vêtement. Il se souvint d'avoir arraché d'un pantalon une petit chaîne de cuivre dont le brillant avait attiré son regard ; constatation faite, on reconnut les sous pieds du capitaine de Vogüe. (Ambert - Recits)"

 

Photo Geiser (Alger)

Louis Robert Mathurin Merlin

 

Né le 8/2/1832 à Saint Brieux, engagé en 1850 au 1er régiment de ligne, il y a gravi les grades de sous officier et a servi en Crimée en 1855, comme sergent major.

Promu Sous Lieutenant le 4/6/1860, il est nommé au 22e régiment d'infanterie, où il a servi comme porte drapeau entre 1863 et 1866.

Nommé Lieutenant 30/9/1866, il a rejoint le 2e régiment de Zouaves le 28/9/1868.
Lieutenant à la 3e compagnie du 1er bataillon, il suit son régiment en France lors de la guerre de 1870. Il est tué le 6/8/1870 à la bataille de Froeschwiller, lors des terribles combats autour du village de Woerth.

 

Photo Jacotin (Paris)

   


 

Beaumont (30/8/1870)

Regroupée à Chalons, l'ancienne armée d'Alsace est renommée Armée de Chalons. Mac Mahon qui la commande est chargé de secourir Metz. Lors de la marche, son 5e corps est surpris à Beaumont par les troupes allemandes qui ont pu être libérées du siège de Metz. Les Français sont sévèrement battus.

 
  

Louis Charles Auguste Morand

C'est le fils du général Morand qui s'illustra sous le Premier empire. Il est né le 20/12/1813 à Mayence., il a fait Saint Cyr dans la promotion d'Isly (1843-1845).
Capitaine le 30/12/1852 du 2e régiment de Zouaves, il est nommé aide de camp de l'Empereur, tenue dans laquelle il est photographié ci contre par le Gray au camp de Chalons en 1856.

Chef de bataillon le 13/7/1858 au 2e régiment de Zouaves, il commande son bataillon lors de la campagne d'Italie et se distingue lors de la prise de Magenta, action pour laquelle le drapeau du régiment est décoré. Il se distingue une nouvelle fois à Solférino et est nommé officier de la Légion d'Honneur. En 1862, son bataillon est envoyé au Mexique et il échoue devant le premier assaut de Puébla. Nommé Lieutenant Colonel le 21/12/1862 au 34e régiment d'infanterie, il retourne en France.

Colonel du 21e régiment d'infanterie le 6/3/1867, c'est dans ces fonctions qu'il est engagé en 1870. Il se distingue brillament le 6 aout à Froeschwiller. Nommé Général de brigade le 25/8/1870, il est blessé le 30/8/1870 lors de la bataille de Beaumont et meurt le 9 septembre de ses blessures. "Au moment où le 21e RI allait se former entre Varniforet et la Thibaudine, le jour de la bataille de Beaumont, il est accablé par le feu des prussiens embusqués à 100 metres de la route, dans la foret de Dreulet. Les hommes se placent dans les fossés de la route. Un bataillon du 3e de ligne s'avance derrière eux drapeau déployé et tambours battant la charge, mais en vain. Le 21e est remené en arrière. Les officiers restés à découvert sur la route furent tous atteints par les balles ennemies. le colonel Morand qui avait été nommé général trois jours avant fut blessé à mort" (centenaire de Saint Cyr 1808-1908)"

 

Auguste Assant

Il a servi comme Chef d'escadrons au regiment des Dragons de l'Impératrice dont il porte ici l'uniforme.

Nommé Lieutenant Colonel le 12/08/1866 au e régiment de Cuirassiers.

Lors de la campagne de 1870, le 5e régiment de cuirasseirs est engagé à la bataille de Beaumont. Surprise au bivouac, l'armée est rapidement mise en diffculté. La bridage de cuirasseirs (5e et 6e régiments) sur la rive droite de la Meuse, monte rapidement à cheval, travrse le feluve, se porte à 1000 metrs au delà et se forme en bataille sur deux lignes, sur la pente d'un mamelon défendu par une batterie d emitrailleuses. Mais lorsque cette batterie veut ouvrir le feu, ses pièces sont de suite démontées et réduites au silence tant le terrain est couvert d'obus En même temps, l'infanterie allemand crible de balles nos escadrons, qui sont impuissants à se défendre. Le 5e cuirassier, resté seul immobile sous une grêle de balles. Les unes, avec un bruit sec et metallique s'applatissent sur les cuirasses. Les autres frappent plus cruellement ; Le Lieutenant Colonel Assant tombait foudroyé."

Photo Moulin (Paris)

  

  

Aimé Cesar Auguste Istweire

Né le 13/9/1831 à Bourbourg (Nord) le jeune Istwere s'engage au 26e régiment d'infanterie comme soldat. Sous officier en septembre 1851, il s'est signalé en Orient où il a été blessé d'un coup de baionnette et d'un eclat d'obus le 5/11/1854 à la bataille d'Inkermann, action pour laquelle il a reçu la médaille militaire, puis une nouvelle fois le 18/6/1855, lors de l'assaut manqué sur Malakoff, cette fois d'une balle au bras gauche. Il a été promu officier en décembre 1855 (notre photo).
En mars 1863, il rejoint le régiment des Zouaves de la Garde et y a été décoré de la croix de la Légion d'Honneur en 1866.

C'est à sa promotion comme Capitaine en mars 1869, qu'il rejoint le 47e régiment d'infanterie.

Le 30/8/1870 le corps d'armée du général Ducrot rejoint le village de Stonne et se dirige vers la Meuse.
A cet endroit, à mi distance de Warniforet et la Thibaudine, la route de Beaumont s'avance entre deux bois et s'enfonce dans le fond d'un petit vallon qu'elle traverse perpendiculairement, puis remonte en longeant une clairière. Dans cette clairière à droite de la route, est établie une ligne d'infanterie bavaroise, couchée à plat ventre, à environ 200 metres du vallon. Quelques pièces d'artillerie à l'affut peint en blanc et bleu, en position à 100 metres plus loins, enfilent cette route et en battent les débouchés dans la clairière.
C'est sur ce terrain que s'engage un violent combat entre les Bavarois et la division Conseil Dumesnil, celle-ci sans cavalerie et sans son artillerie qui est restée au convoi, sur la route de Stonne à Raucourt. Le 47e de ligne s'engage le premier : ses trois bataillons sont commandés le 1er par le capitaine Ziegler, le 2e par le commandant de Liabé, le 3e par le commandant Spickert. Après une lutte opiniâtre, deux des bataillons (les 1er et 2e) tournés sur leur droite par d'énormes masses ennemies qui occupent les bois, reçoivent l'ordre de battre en retraite, et perdent leurs deux chefs, blessés mortellement, ainsi que le capitaine Itsweiré. (Francias et Allemands - d de Lonlay)"
"

Photo Beaudelaire (Strasbourg)

 

  

 

 

Jean Pierre Ferdinand de Belhague

Il est Colonel du 11e régiment d'infanterie depuis le 5/5/1864.

Le 30/8/1870, le  5e corps d'armée, dont fait parie le 11e RI, est surpris par les Prussien à Beaumont. "Au premier coup de canon, le 11e sauta sur ses armes. Faisant preuve d'énergie et d'initiative, le colonel de Béhagle, qui n'a pas quitté sa tente depuis le matin, et qui, manquant de vivres, a partagé dans la matinée le café noir de son ordonnance, prend le commandement de toutes ces troupes éparses. Le 11e, dont les campements étaient les plus éloignés de l'ennemi, se forma immédiatement en bataille. En avant, le 11e ! s'écrie le colonel de Béhagle d'une voix tonnante, et, sans tenir compte de l'infériorité numérique, sans calculer combien les chances sont inégales, ce brave officier supérieur s'élance à la tête des siens, qui le suivent résolument. Malgré la pluie de fer qui s'abat sur lui, le 11e gagne du terrain en avant ; seul, il est exposé à l'armée allemande tout entière pendant les mouvements préparatoires des autres régiments de la division, car il se trouve immédiatement prêt à résister aux colonnes prussiennes et prêt à se sacrifier pour sauver l'armée. Visant à genou ou couchés, les soldats du 11e tirent avec le plus grand sang-froid et à coup sûr dans les noires et profondes masses qui descendent des collines ; leurs balles fouillent si bien les régiments prussiens, que ceux-ci, malgré leur supériorité écrasante, reculent et vont se dissimuler à la lisière des bois. En quelques instants, une batterie allemande d'avant-garde perd 24 chevaux et 26 canonniers; 2 bataillons du 86e Poméranien sont décimés et lâchent pied sous la grêle de balles que font pleuvoir sur eux nos héroïques fantassins. Mais, si les assaillants subissent des pertes sensibles par le feu de nos chassepots, leur nombreuse et redoutable artillerie nous couvre de projectiles. Le 11e de ligne, écrasé par la supériorité numérique de l'ennemi et  par la grêle d'obus qui fait rage sur lui depuis une heure et demie, cède le terrain, mais pied à pied, et ne bat définitivement en retraite que lorsqu'il se voit menacé d'être débordé tout à la fois sur sa droite et sur sa gauche. I.e lendemain, en ramassant les morts sur le champ de bataille, on trouva des soldats du 1Ie qui avaient été frappés par les balles prussiennes à plus de 500 mètres en avant de leurs campements.
Dès le début de l'action, le colonel de Béhagle, après avoir réussi à enlever son Régiment, s'était placé sur la première ligne de ses tirailleurs. Il venait de donner à un sous-lieutenant d'infanterie l'ordre de faire avancer les pièces qui se trouvaient dans la vallée de Dame-Pouce, lorsqu'une balle partie à 500 mètres des environs de la Maison-Blanche lui traversa le foie et les reins. Ce brave officier, mortellement atteint, eut encore la force de crier, au moment où ses sapeurs, groupés autour de lui, l'emmenaient à l'ambulance : « Ne vous occupez pas de moi!... « Allons, mes enfants, soutenez l'honneur du Régiment! Courage! « courage ! ». Transporté à l'ambulance de Beaumont, le colonel de Béhagle y mourut le lendemain, et les Prussiens rendirent les honneurs militaires à son convoi, escorté par un soldat du 11e, le bras en écharpe, qui avait demandé comme unique faveur de porter l'eau bénite pour la sépulture de son chef bien-aimé. M. de Béhagle était un intrépide soldat. Chef de bataillon à Solférino, il était allé avertir, au péril de sa vie, le quartier-général que l'armée française avait devant elle toute l'armée autrichienne, et ce fut par miracle qu'il échappa aux Autrichiens, qui tirèrent sur lui, à son retour, des centaines de coups de fusil, comme des chasseurs sur un lièvre. Il se laissa glisser de son cheval comme s'il eût été atteint, et rejoignit son bataillon en suivant la berge d'un canal desséché. Aussi bon que brave, il était adoré de ses officiers et de ses soldats, qui pleurèrent eu lui un chef aussi distingué par ses belles qualités militaires que par son caractère aimable et sa bienveillante sollicitude pour tous ses subordonnés. A Sarrebourg, pendant que, selon ses propres paroles, « nous fuyions comme des misérables . devant l'envahisseur, on le voyait mangeant un morceau de pain noir sur son cheval, encourageant ses soldats harassés en les appelant "ses entants" d'une voix si sympathique qu'ils redoublaient d'efforts pour marcher encore, à la prière de celui qu'ils aimaient comme un père
(historique du 11e régiment d'infanterie)".

Photos Durand (Lyon) et  Chamussy (Chambéry)

  


Sedan (1/9/1870)

Après la défaite de Beaumont, Mac Mahon renonce à sa marche vers l'est et tente de se regrouper. Mais l'avance des Prussiens est plus rapide et ils parviennent à encercler l'armée française à Sedan. En dépit de tentatives pour briser l'encerclement (à Bazeilles, puis à Floing). Les Français doivent capituler et plus de 100.000 hommes sont capturés, avec l'Empereur. Le sort de la bataille n'a jamais fait de doute, mais l'armée française montre qu'elle est capable de sacrifices, notamment de sa cavalerie qui se fait décimer dans des charges à Illy et Floing.

Les pertes des charges de cavaleries de Floing et d'Illy sont décrites sur une page spéciale.

     

Jean Adolphe Goetzmann

Né le 23/28/1819 à Nancy il est elève de Saint Cyr en 1838. Il est nommé Sous Lieutenant le 1/10/1840 au 59e RI, puis promu Lieutenant (19/7/1845) et Capitaine (28/9/1850).

Il rejoint le 3e régiment de Zouaves le 25/02/1852 et sert en Algérie avant d'embarquer pour l'Orient en avril 1854. Il se fait remarquer lors du siège de Sébastopol, comme capitaine au corps des éclaireurs volontaire. Le 1/3/1855, il rejoint le régiment des Zouaves de la Garde. Il est fait chevalier de la Légion d'Honneur en mai 1855. Lors de l'assaut de Malakoff, il est contusionné d'une balle à l'omoplate. Il fait ensuite la campagne d'Italie.

En septembre 1859, il est promu Chef de bataillon et rejoint le 8e RI (photo ci contre). Fait Lieutenant Colonel le 3/8/1867, il rejoint le 53e régiment d'infanterie et entre en campagne avec ce régiment en 1870.

Il est tué à Sedan le 1er septembre 1870. "Il est midi et demi, la brigde de la bastide reçoit l'ordre de se déployer pour entrer en ligne. Ce mouvement s'exécte sous la mitraille avec le calme d'un champ de manoeuvre. Le 2e bataillon du 53e conduit par le colonel Japy, se porte en avant, suivi par les deux autres bataillons, pour reprendre la position abandonnée par la première ligne. Mais son flanc gauche est complétement découvert ; les Pussiens s'établissent alors perpendiculairement à la ligne de bataille et ouvrent un feu effroyable. En quelques minutes, le 2e bataillon perd la moiti de son effectif. Un obus tue le porte drapeau et coupe en deux la hampe de l'aigle que le fusillier Giraud qui fut plus tard médaillé, relève et fait flotter fièrement. Tous à côté, le Lieutenant Colonel Goetzmann, qui s'était jeté en avant, tombe foudroyé par une balle. En crimée, Lieutenant au 3e Zouaves, il était arrivé un des premiers sur les hauteurs de l'Alma. Nommé Capitaine aux Zouaves de la garde, il s'était distingué à la prise de Sébastopol en défendant avec sa compagnie, la gorge de Malakoff, ainsi qu'à la bataille de Magenta. ".  (Français et Allemands).

Photo Perin & Schahl (Nancy)

Antoine Louis Liédot

Elève à l'Ecole Polytechnique le 01/11/1828, il choisit l'artillerie.

Il fait les campagnes de Morée (1833), d'Algérie (1839-42) où il y est blessé le 04/04/1841, de Crimée (1854-1855) et d'Italie (1859).

Il est promu Colonel le 30/6/1859, uniforme dans lequel il est ici photographié, probablement comme directeur de la capsulerie militaire à Paris.

Il devient Général de brigade le 27 /02/1868, il est affecté avant la guerre au comité de l'artillerie.

En 1870, il sert à l'armée du Rhin et puis de Châlons comme commandant de l'artillerie du 5e Corps. Il est tué à Sedan le 1er septembre 1870. "Vers 7h30 le général de Wimpfen ayant pris le commandement de l'armée nous quitta, le général Liédot demeura avec nous. Tous nous étions à pied dans l'intérieur du camp retranché attendant que le moment d'agir s'offre à nous, mais continuant à y recevoir le feu de l'ennemi sans pouvoir y répondre. On rangea et on redressa le mieux possible pour les défiler les avants trains et les caissons des trois batteries restées en batterie dans les retranchements. Ce fut en donnant à un conducteur de derrière d'un caisson une indication tendant à ce but que le général Liédot, qui pendant toute la campagne avait déployé la plus intelligente activité et qui à Beaumont-Mouzon avait donné à toute l'artillerie l'exemple du plus brillant courage, eut les deux jambes brisées par un obus qui l'avait atteint après avoir emporté la tête du conducteur auquel il s'adressait. L'émotion fut bien vive en voyant ce chef aimé, ce coeur loyal, frappé ainsi au milieu de nous tous d'un coup mortel. Son aide de camp, le capitaine Gibouin et le capitaine Pla, aidés de quelques servants, l'emportèrent dans une ferme voisine où il eut encore l'energie de dicter au capitaine Coudren l'ordre par lequel il remettait le commandement de l'artillerie du 5e corps. Heureux peut être d'une si grande fin, heureux aussi de ne pas assister au désastre que son esprit eclairé entrevoyait à quelques heures de distance, il rendit sans plainte sa belle âme à Dieu."  (rapport sur la bataille de Sedan de la reserve de l'artillerie du 5e corps d'armée).

Photo Dagron (Paris)

     

     

Georges Gaston Babut

Après avoir fait Saint Cyr entre 1851 et 1853 (promotion de l'Aigle), il est nommé sous lieutenant au 5em régiment léger. Il part dès 1854 en Orient et participe à toute la campagne, notamment à l'assaut du fort de Malakov.

Nommé lieutenant le 6/5/1855, son régiment est redénommé 80e régiment d'infanterie à la suppression des régiments légers. Il revient en France avec la croix de la légion d'honneur, la médaille britannique et la croix Turque du Medjidié.

Capitaine le 24/5/1859, il part en Italie de 1859 à 1860. Son régiment y retourne en 1867 pour protéger les possessions du Pape des visées de l'Italie. Il y reçoit la croix de Mentana. De 1862 à 1868, il est capitaine adjudant major du 80e RI.

A la veille de la guerre de 70, il est nommé chef de bataillon du 72e RI.

Il est blessé mortellement à la tête de son bataillon sur la crête du calvaire d'Illy à la bataille de Sedan, le 1/9/1870.

Photos Faucher (Tulle) et Provost (Toulouse)

     

 

Auguste Minary

Sous officier sorti du rang, Minary a fait toute sa carrière au 1er régiment de zouaves, y gagant ses galons d'officier et ses décorations en Crimée, en Italie et au Mexique.

Il a été blessé deux fois au cours de sa carrière.

Capitaine adjudant major en 1870, il est nommé Chef de bataillon après la bataille de Woerth pour remplacer les pertes cruelles du régiment, notamment dans le corps des officiers.


Mis à la tête du troisième bataillon lors de la réorganisation du régiment au camp de Chalons, il est grièvement blessé aux premières heures de la bataille de Sedan et meurt de ses blessures17 jours plus tard.

Photo Thévenot (Paris)

   

   

Albert Jean Baptiste Guillaume

Lieutenant d'artillerie en octobre 1867, Guillaume est ici photographié alors qu'il suit les cours de l'école de cavalerie de Saumur en 1868.

Au déclanchement de la guerre de 70, il est affecté à la 19e batterie (de mitrailleuses) du 2e régiment d'artillerie. Cette batterie, attachée à la 3e division du 5e corps d'armée, fait la campagne de Sedan.

Elle est une première fois vigoureusement engagée à la bataille de Beaumont. Puis le 1/9/1870 à Sedan. L'historique du régiment indique : "Après une reconnaissance rapide, la batterie fut amenée hors du bois de la Garenne et fut établie face du côté opposé à la place, sur une ligne oblique par rapport à la route qui mêne de Floing à Illy et entre deux taillis formant bastions, dans lequels se trouvait déjà de l'infanterie. C'est dans cette position excellente que nous avons passé toute la journée à tirer soit sur l'infanterie ou la cavalerie qui essayait de se montrer hors des villages, soit sur une batterie d'environ 80 pièces qui, lorsque nous arrivâmes, avait déjà commencé à se placer entre Floing et Illy, en se formant sur la droite en batterie. Nos batteries furent exposées à un feu terrible. [...] Vers 11h les pièces ne sont plus quà trois servants et à deux chevaux ; elles ont épuisé chacune leurs avant trains et trois caissons."

C'est durant cette action que Guillaume est sévèrement blessé. Son calvaire est lui aussi décrit dans l'historique du régiment : "Parmi les derniers arrivés à l'ambulance d'Illy, nous cherchons à reconnaître le lieutenant Guillaume ; une autre ambulance l'avait recueilli. Il avait un bras cassé et une cuisse détachée du tronc. Contre toute espérance, on voulut tenter l'amputation, mais il ne tarda pas à succomber."

Photo le Roch (Saumur)

Pierre Antoine Emile Parmentier

 

Né le 1/5/1833 à Barr en Alsace, il est Saint Cyrien (1842-1844) et a fait l'école d'état major, de la promotion de 1847.

Peu après sa nomination comme Lieutenant, il est envoyé au corps expéditionnaire de Rome en 1849, aide de camp du général Chadesson, commandant une brigade d'infanterie. Il va rester en Italie durant une longue partie de sa carrière, attaché au corps d'occupation de Rome. Il se fait photographier par l'atelier d'Alessandri, célèbre photographe romain, alors qu'il est Capitaine, en grande tenue d'officier d'état major.

Après sa nomination comme Chef d'escadron le 12/8/1864, il est nommé attaché militaire à Rome.

Après près de vingt ans de présence en Italie, la guerre de 1870 le rappelle en France. Il est nommé à l'état major de la 2e division d'infanterie du général Liébert (7e corps d'armée). Le 1/9/1870 lors de la bataille de Sedan, sa division est très activement engagée sur Illy et Floing et le commandant Parmentier est mortellement blessé lors de l'engagement.

Il meurt de ses blessures le 6/9/1870

Photo d'Alessandri (Rome)

   

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