Les tués dans les opérations militaires (hors guerre de 1870 et des 1914)

En Algérie

   

Adolphe-Charles-Edouard-Eugène Jannot de Moncey

Petit neveu du maréchal de Moncey, il est nommé sous-Lieutenant au 3e Hussards le 13 Août 1857, c'est dans ce grade qu'il est photographié dans l'uniforme des hussards d'avant la réforme de 1860 (dolman gris argentin à tresses blanches, ceinture à cordons et cordon fourragère). La photo est prise à Saumur entre 1859 et 1860.

Il passera Lieutenant en Second le 17 Janvier 1863, alors que son régiment est déjà depuis un an en Algérie.

Le 7 octobre 1864, lors d'une engagement contre les arabes à Aïn Malakof, il est tué en chargeant à la tête de son escadron. Il est enterré au cietierre de Djelfa, avec les deux hussards morts à ces côtés en essayant de le protéger.


Cet engagement permet de capturer un butin considérable de 3 000 chameaux, 30 000 moutons, un millier de bœufs et de bêtes de somme, un grand nombre de tentes et d'objets de campement ainsi qu'une somme d'argent importante, représentant ensemble une valeur d’un million et demi, en chiffres ronds. Il eut dans les tribus un très grand retentissement et contribua puissamment à avancer l'heure de la pacification.


 Durant la campagne d'Italie (1859)

Jean Joseph Gustave Cler

Né le 10/12/1814 à Salins, Cler est Saint Cyrien et effectué la première partie de sa carrière en métropole. En 1841, il rejoint l'Algérie comme capitaine adjudant major du 2e bataillon d'infanterie légère d'Afrique et sa carrière va s'accélérer. Il y sert d'abord six ans et fait campagne avec Bugeaud et Saint Arnaud, puis y retrourne comme Lieutenant Colonel (avril 1852) au 2e régiment de zouaves, unité d'élite qu'il va commander au feu lors de la prise de Laghouat où il plante le drapeau du régiment sur le minaret de la ville, puis lors de la campagne de la petite Kabylie.

Nommé Colonel du 2e régiment de zouaves, la guerre de Crimée lui donne encore l'occasion de se distinguer lors de la bataille de l'Alma où il conduit son régiment à l'assaut des positions russes escarpées, prend la tour du télégraphe et de nouveau y plante le drapeau du régiment, puis lors du siège de Sébastopol durant les combats de la prise des ouvrages blancs et la bataille de Tratkir.

De retour en France, considéré comme un héros, Cler est nommé Général de brigade et prend le commandement de la 2e brigade de la Garde Impériale. Il est immortalisé à cette époque par Le Gray, à l'occasion de son reportage photographique au camp de Chalons en 1857. Ce portrait correspond bien à la description faite par le général du Barail dans ses mémoires : "grand et superbe officier, à la taille svelte, aux traits fins, à l'abondante chevelure, très soigné, très élégant, très musqué même, il avait une apparence tout à fait juvénile".

Lors de la campagne d'Italie en 1859, Cler est engagé à Magenta le 4 juin. La Garde y est combat seule contre une bonne partie de l'armée autrichienne devant les ponts du Naviglio Grande qui mènent à Magenta :
"A Ponte Nuovo di Magenta, centre de la position, nous avons vu le général Cler se jeter avec le 1er régiment des grenadiers de la garde au delà du Naviglio. Son arrivée redouble l'ardeur des combattants. D'un coup d'oeil rapide il embrasse l'ensemble des dispositons ennemies, et donne l'ordre au colonel de Bretteville de déployer ses grenadiers à  gauche de la route et des zouaves. Sa vue, l'énergie intrépide qui brille dans ses yeux, électrisent les soldats qu'il commande : zouaves et grenadiers se portent en avant. Le combat est terrible, acharné, sanglant. Aux ennemis qui disparaissent un instant dans les massifs succèdent de nouveaux ennemis ;  des feux invisibles se croisent en tous sens au milieu de ces terrains perfides, où l'oeil ne peut pénétrer. Les Autrichiens concentrent leurs forces sur ces hardis bataillons qui ont dépassé le Naviglio ; bientôt ils les enserrent dans un réseau de fer et de feu. Le général Cler est là, donnant ses ordres et suivant d'un oeil impassible les phases menancantes de cette lutte inégale. Près de lui se tiennent son aide de camp, le capitaine Caffarel et le lieutenant Tortel, son officier d'ordonnance." (Veillées de la brigade. A du Casse).
"La position était désespérée ; j'étais à 4 ou 5 pas du général Cler lorsqu'il donna à notre colonel l'ordre de faire cesser le feu et de marcher en avant à la baïonette ; il était à cheval et tournait le dos à l'ennemi lorsqu'une balle lui traversa le corps en brisant sans doute la colonne vertebrale. Il tomba de cheval en arrière en criant "Oh ! mon Dieu !". Nous commencions à battre en retraite, quatre grenadiers quittent les rangs et veulent rapporter le corps de notre général : deux de ces hommes tombent mortellement atteints, les deux autres cherchent encore à ramener le général en arrière, mais se sentant mourir, il leur ordonne de l'abandonner et de rejoindre leurs rangs. Après la bataille, notre colonel a profité des premiers instants de répit pour faire chercher le corps du général. J'avais vu l'endroit où on l'avait laissé, mais il n'y était plus. Les Autrichiens l'avaient déjùà porté en arrière. Enfin on l'a retrouvé sans mutilations aucune, mais les infâmes lui avaient enlevé ses épaulettes, ses décorations, son sabre turc et ses bottes à l'écuyère. Ses aiguillettes pendaient encore à sa tunique, on n'avait pas eu le temps de les décrocher. Son corps fut déposé dans une maison du pont et transporté le soir après la  bataille dans une petite chaumière abandonnée sur la route de Milan, en arrière de l'ambulance. Le lendemain, son aide de camp Caffarel l'a fait enterrer. On craignait un retour offensif des Autrichiens de sorte qu'il fut défendu de lui rendre les honneurs funèbres militaires. L'aumonier de la division a pu officier et tous les regrèts de ceux qu'il commandait avec tant de bienveillance et de bravoure, l'ont accompagné dans la tombe." (lettre d'un officier).

Photo Le Gray (Paris)

   

   

André Froidefond

Né le 12/1/1832, engagé au 12e régiment de dragons en 1849, il accède à l'épaulette de sous lieutenant en 1854 et fait son entrée aux Guides de la Garde.
Elie de Comminges dans ses souvenirs raconte : "Il se mettait souvent dans des colères furieuses. Alors, il cassait tout, broyait les verres avec ses dents, insultait les passants dans la rue. Même quand il était calme il avait des amusements etonnants. Un jour j'entrai chez lui, il était en train de briser ses meubles. Dans un coin était blotti son flirt. "tu tombes bien, me crie-t-il, je suis en train de jouer à la ville prise d'assaut. Les horreurs de la guerre quoi ! Là bas tu vois la jeune épouse du duc. Toi, tu vas faire le duc!". Ses duels avaient parfois des issues tragiques, le jeune duc de Cataneo s'en aperçut qu'il reçut un tel coup d'épée qu'il trepassa net".

Il porte sur ce cliché une tenue de gala avec culotte à la hongroise et bottes à la Souvarov.

Passé au 1er régiment de carabiniers le 27/4/1859, il trouve la mort à Magenta le 4 juin en compagnie du général Espinasse dont il était officier d'ordonnance.

"Pendant notre marche impétueuse sur Magenta, le général Espinasse avec le général de Castagny à ses côtés, tous deux l'épée à la main, s'étaient tenus en tête de la colonne. Arrivés au chemin de fer, les officiers généraux voulurent aborder à cheval l'entrée de la ville ; mais ne pouvant tenir sur ce sol mouvant de cadavres, Espinasse s'écria "Mettons pied à terre, on ne tient pas ici". Tous deux donnent leurs chevaux aux cavaliers d'escorte et Espinasse s'avance alors l'épée haute aux cris de "En avant !" . C'est pendant ce léger temps d'arrêt que l'extrême tête de colonne dépassant son chef valeureux se précipita dans la ville. Voyant les ravages portés dans nos rangs par une vaste maison surmontée d'un pavillon qui prenait des commandements sur tout le reste, Espinasse en montrant la porte s'écria "Enfoncez moi ça !" mais les efforts de nos hommes furent impuissants. La porte était solide et fortement barricadée de l'intérieur. "Si nous ne pouvons entrer par la porte, pénétrons par la fenêtre !" s'écria le général, et du pommeau de son épée il frappa à une persienne du rez de chaussée : un coup de feu partit : "je suis mort !" cria-t-il en étendant les bras, puis ayant tourné sur lui même, il tomba à la renverse. Froidefond, son officier d'ordonnance eut le même sort : presque au même instant une balle l'atteignit au bas ventre. Il poussa un cri épouvantable et roula dans la poussière." (Souvenirs du capitaine Faivre, aide de camp du général de Castagny).

Photo Alophe (Paris)


Lors de l'expédition du Mexique (1862-1867)

Oswald Benigne de Montarby

Né le 13 juin 1828 à Dampierre (Haure Marne) dans une famille de tradition militaire, Oswald Bénigne de Montarby fait ses études au Prytanée Militaire de La Flèche. Il intègre en 1846 l'École spéciale militaire de Saint-Cyr, promotion d'Italie, à la sortie de laquelle il rejoint la cavalerie comme Sous-lieutenant au 2e régiment de dragons (le 28/5/1848).
Après avoir suivi les cours de l'école de Saumur (classé 19e sur 46 en 1850), il rejoint le 6e régiment de hussards. Il y est fait Lieutenant le 2/5/1853, puis Capitaine le 30/5/1857. Le 9/12/1859, il passe comme adjudant major au 1er régiment de chasseurs d'Afrique basé en Algérie. Il prend le commandement du 6e escadron le 12/10/1860.

En juillet 1862, il est envoyé au Mexique et débarque à Veracruz le 21 aout à la tête de son escadron de 176 chevaux. Il va alors s'y illustrer brillament.
A peine est il débarqué qu'il opère le 24 aout une reconnaissance vers Boca del Rio. Son escadron tombe sur une troupe de 400 cavaliers mexicains dont ils sont séparés par un cours d'eau. Le capitaine de Montarby, suivi de ses hommes, traverse alors la rivière à la nage et charge l'adversaire qui s'enfuit après quelques minutes de combat, abandonnant un grand nombre de blessés et de morts ainsi que 300 têtes de bétail qui sont d'un grand secours au ravitaillement de Vera Cruz. L'escadron fait ensuite le service d'escorte des convois dans la région de la Soledad dans les terres chaudes.
A l'arrivée des premiers renforts en décembre, l'armée décide d'occuper le plateau d'Anahuac. Envoyé en avant garde, l'escadron de Montarby atteient dans les rues de San Andrès un corps de cavalerie d'environ 500 hommes, en tue une vingtaine et poursuit les fuyards à un kilometre au delà de la ville. Pour cette action, de Montarby reçoit la croix de la Légion d'Honneur.
Le 5 mai 1863, lors du siège de Puebla, l’armée mexicaine tente une sortie, combinée avec un mouvement de Comonfort. Un corps de cavalerie évalué à un millier de chevaux, soutenu en arrière par des colonnes d’infanterie et d’artillerie, se présente tout à coup en avant du village de San Pablo del Monte. Le Général L’Hérillier dirige de ce côté une reconnaissance composée d’un escadron du 1er Régiment de Chasseurs d’Afrique et d’une section de grenadiers du 99ème de Ligne aux ordres du Commandant Aymard de Foucauld. Les Mexicains sont refoulés et poursuivis vigoureusement vers la ferme d’Acapulco où ils sont de nouveau chargés avec la même impétuosité. Là, le Commandant de Foucauld tombe percé d’un coup de lance et expire quelques instants après. Au même instant la garde mexicaine qui protège le porte étendard du 1er Régiment de Durango est assaillie par les cavaliers Bordes et Imbert, du 1er de chasseurs d’Afrique. Bordes abat le porte étendard et s’empare du trophée pendant qu’Imbert poursuit le porte étendard et lui enleve le baudrier de l’étendard qu’il porte sur lui. Le Capitaine de Montarby se met à la tête de l’escadron et continue la poursuite que de Foucauld avait commencée. Trois fois il rallie l’escadron, trois fois il charge l’ennemi. Au cours du combat, de Montarby est blessé au poignet d'un coup de sabre mais il s'écrit : « Au diable la patte nous avons l'étendard ! » et continue à attaquer ses adversaires de son bras valide jusqu'à la déroute de ces derniers, avant d'être une nouvelle fois blessé à la nuque. Nos troupes ramassent les blessés les armes et les prisonniers ramenant dans leurs camps comme trophées de leur victoire sur un ennemi vingt fois plus nombreux le magnifique étendard finement brodé des Lanciers de Durango, vingt et un prisonniers et une grande quantité de lances et de fusils. Ce fait d'armes vaut au régiment d'être décoré de la Légion d'honneur, fait alors unique dans la cavalerie.

Après cette bataille, le capitaine de Montarby est nommé Chef d'escadrons. Il parcourt plus de 400 lieues en deux mois et livre plusieurs affrontements. Le 11 janvier 1865, lors d'une expédition à los Veranos, le régiment se heurte une nouvelle fois aux Mexicains. Les Français remportent la victoire, mais le chef d'escadron de Montarby meurt frappé d'une balle dans la tête.

Photo Plasse et Oberty (Constantine)

   

   

 

Etienne Aristide Béguin

Né en 1837.

Après avoir fait l'école de Saint Cyr (promotion du Prince Impérial, 1855-1857), il suit les cours de l'école d'état major et en sort Lieutenant le 1/2/1860.

Il effectue son stage au 1er régiment des chasseurs d'Afrique et part avec le régiment au corps expéditionnaire du Mexique.

Peu après son arrivée au Mexique, il est  promu Capitaine, et affecté à l'état major du corps expéditionnaire. 

Lors du siège de Puebla, afin de mettre à distance les troupes mexicaines qui tentent de secourir les forces assiègées dans la ville, une partie de l'armée française sous le commandement de Bazaine (un bataillon des 3e zouaves, 51e RI et 81e RI, les tirailleurs algériens, la batterie d'artillerie de la Garde, deux escadrons du 3e chasseurs d'Afrique et le 12e chasseurs) est chargé d'attaquer l'ennemi. L'affrontement a lieu le 8/5/1863 devant le village de San Lorenzo. Les mexicains y sont culbutés et doivent retraiter, perdant 1200 tués et autant de blessés, abandonnant 8 pièces d'artillerie et laissant 3 drapeaux et d'importants ravitaillement aux mains des français. Les troupes françaises déplorent elles 30 tués et 120 blessés.

Parmis les tués figure le capitaine Béguin, frappé dès le début de l'action d'une balle au coeur, alors "qu'il se portait en avant avec intrépidité"..

 


Durant les opérations contre la Commune (printemps 1871)

Prosper Raoul Léopold Guerrier de Dumast

 

 

Fils d'un homme de lettre lorrain, il fait l'école de Saint Cyr entre 1855 et 1857 (promotion du Prince Impérial) et sort Sous lieutenant au 39e régiment d'infanterie. C'est dans ce grade qu'il se fait photographier dans l'uniforme d'officier de la période 1860-1868.

Son début de carrière est assez lent, puisqu'il ne passe Lieutenant qu'en janvier 1865.

Le 39e de ligne est en Algérie au début de la guerre de 1870 et il va contribuer à former le noyau des régiments mis sur pied pour former l'armée de la Loire. Guerrier de Dumast, alors Capitaine, s'y distingue et est nommé Chef de bataillon et officier de la légion d'honneur.

Lors des opérations contre la Commune de Paris, il est blessé le 4 avril 1871 à la prise de la redoute de Chatillon d'un eclat d'obus au ventre. Il meurt le 18 avril 1871.

    

       

Louis Camille Lemoing

Né à Bordeaux en 1828. Ce fils d'officier est orphelin et interne au college de la Flêche dès neuf ans. Il rejoint Saint Cyr en 1845 et est nommé Sous Lieutenant le 1/10/1847 au 26e RI.

Lieutenant le 23/5/1850. En 1853, il rejoint les chasseurs à pied au 14e bataillon en Algérie. Il est envoyé en Crimée en avril 1855 et participe à l'expédition de Kerch et celle de Kinburn.

Il est promu Capitaine au 17e BCP qu'il rejoint à Eupatoria. Revenu en France, il en devient adjudant major. Durant la campagne d'Italie, il se signale à Montebello en s'emparant du cimetierre. Il est fait chevalier de la Légion d'Honneur.

En 1869, il est promu Major du 13e RI à Romans. Il y est ici photographié dans la nouvelle tenue de l'infanterie (donnée en 1868), portant l'épaulette à grosses torsades sur l'épaule droite. Au déclanchement de la guerre, il reste au commandement du dépôt. Il est ensuite nommé chef de bataillon au 3e régiment de Zouaves, mais les désordres des armées de la République le font affecter à ces fonctions au 1er régiment des Zouaves de marche en formation à Antibes. Il rejoint alors l'armée de la Loire le 10/10/1870 après la bataille de Coulmiers.

Fait Lieutenant Colonel le 29/12/1870, il prend la tête d'un régiment de marche de tirailleurs algériens et fait la campagne de l'Est et la retraite en Suisse. Après la guerre, il est nommé à la tête du 91e régiment de marche qui est engagé contre la Commune de Paris. Le 20/5, alors qu'il est en poste devant le Point du Jour, il est blessé d'un biscaïen qui lui traverse la cuisse au dessus du genou. Amputé, il succombe à ses blessures juste après avoir été nomme Colonel.

Photo Augagneur et Grenier (Romans)

Marie Félicien René Martien Bernardy de Sigoyer

Né le 29/8/1824 à Valence, cet officier sorti du rang a servi en Algérie, en Crimée et en Italie et a été blessé à deux reprises.

Chef de bataillon à Thionville (photo ci contre), il a contribué à la défense de la Place lors du siège de 1870 et a de nouveau été blessé à deux reprises. Prisonnier, puis évadé, il est mis à la tête du 26e bataillon de chasseurs à pied en décembre 1870 et conduit cette troupe lors du second siège de Paris contre la Commune.

Là, il se distingue lors des opérations militaires, mais surtout le 24 mai, en contribuant, par son initiative, à sauver le musée du Louvre des flammes de l'incendie allumé par les insurgés.

Sa mort, deux jours plus tard, est relaté dans l'historique du 26e bataillon de chasseurs : "Le 26 mai, vers deux heures du matin le général Daguerre, commandant la brigade, fit appeler le commandant de Sigoyer, que l'on chercha vainement et que l'on ne put découvrir. On s'inquiéta, on fouilla les maisons voisines, on interrogea les soldats et les sentinelles. A minuit on avait vu le commandant se diriger seul vers la Bastille ; depuis lors il n'avait point reparu. A 9 heures, le corps du commandant de Sigoyer fut retrouvé près d'une maison incendiée entre le boulevard Beaumarchais et la rue Jean Beausire. Ce fut un cri de douleur parmi les hommes du bataillon qui adoraient leur commandant. Le commandant a dû être assassiné d'un coup de crosse de fusil, son cadavre est resté là même où il a été frappé ; les débris enflammés d'une maison l'ont couvert, lui ont carbonisé une partie du corps et l'ont mutilé de telle sorte que l'on a pu, jusqu'à un certain point, croire qu'un supplice atroce lui avait été infligé. Après avoir été tué, il fut dévalisé".

Photo Roth (Thionville)

   


Lors de la conquête coloniale sous la Troisième république

 

Pierre René Masson

Né le 13/12/1845 à Rambouillet, Masson est Saint Cyrien (1864-1868) et ancien de l'école d'état major, dont il est sorti en 1869 au 4e rang.

Stagiaire au 10e régiment de chasseurs, il fait la guerre de 1870 comme aide de camp du général Sanglé Ferrière. Il assisite aux batailles de Borny, Gravelotte et Saint Privat et est fait prisonnier à la capitulation de Metz.
Fait Capitaine en décembre 1870, il fait les opérations contre la Commune comme aide de camp du général Daguerre.

Il rejoint l'Algérie en 1874 en tant qu'aide de camp du général Carteret Trécourt et est blessé au combat d'El Amri le 12/4/1876 où il est décoré de la Légion d'Honneur.

Il est associé à la mission Flatters et en subit son terrible destin lors de l'attaque des Touaregs près du pays d'Aïr le 16 fevrier 1881 : "Abandonnés et trahis par les guides et par tous les indigènes qui se trouvaient auprès d'eux, le Colonel Flatters et le Capitaine Masson, un revolver à chaque main, font face à l'ennemi et vont même au devant de lui. [...] Le capitaine Masson qui avait mis pied à terre, n'a pu atteindre sa monture. Cerné, il se défendit vaillament, mais un coup de sabre lui fendit la tête, un deuxième lui coupa les jambes, et le fit tomber sous les coups de ses assasins " ("Les deux missions Flatters" H Brosselard)

Photo Geiser (Alger)

  

   

Marie Charles Adolphe Chapuis

Né le 8/10/1837 au Puy, il est Saint Cyrien et nommé Sous Lieutenant le 1/10/1856 au 77e régiment d'infanterie.

En Algérie du 25/4/1864 au 1/9/1867, il est promu Lieutenant le 12/8/1864

Capitaine le 17/7/1870, il est nommé adjudant major le 21/8/1870 et nommé officier d'ordonnace du général Vergé. Il est promu chevalier de la Légion d'Honneur le 19/8/1870, no3/10/1871

Il passe au 121e Régiment d'infanterie en 1879

Le 21/12/1883, il est nommé Chef de bataillon et passe au 111e régiment d'infanterie

Promu Lieutenant Colonel, il passe à la Légion étrangère.

Le 8/10/1884, jour de ses 47 ans, il est atteint "d'apoplexie cérébrale" en plein effort de combat lors de la bataille de Chu au Tonkin

Charles François Maurice Ollivier

Saint Cyrien de la promotion des drapeaux (1879-1881), il est nommé Sous Lieutenant le 1/10/1881 au 1er régiment de zouave, grade dans lequel il est photographié ci contre.

Après sa promotion comme Lieutenant, le 7/11/1885, il passe au 1er régiment étranger.

Il est tué le 3/9/1889 à Tuong Lam au Tonkin.

Ce combat est réputé comme étant la plus sanglante affaire des battues dans le nord de la plaine de Phu Lang Thuang en aout et septembre 1889 ("Opérations militaires au Tonkin", Emmanuel Chabrol).

"Pendant que le commandant Pretet fouillait le Boa Day à la tête d'une colonne qu'il commandait en personne, il avait envoyé dans la plaine le capitaine Pegna avec ordre de couper les vivres au pirate Luu Ky en faisant le vide autour de lui et en forcant les habitants à s'éloigner du Bao Day pour se rapprocher du Phu Lang Tuong. La colonne était forte de 78 légionnaires et de 114 tirailleurs tonkinois, formée en deux groupes mixtes. Le lieutenant Ollivier commandait le peloton de légionnaires du groupe commandé directement par Pegna. La colonne se mit en mouvement le 3 à 5 heures du matin, le groupe Pegna, suivi du convoi, se dirigeait sur la pagode de Thuong Lam. Le capitaine avait l'intention de visiter le village qui lui avait été signalé pour ses compromissions avec les pirates. Ne sachant pas trop ce qui l'attendait, il parqua dans la pagode située au bord de la route tous ses bagages, qu'il laissa à la garde d'une section du peloton Ollivier et se dirigea directement sur le village. A 6h15, l'avant garde (lieutenant Savy) atteignit la porte nord du village qui était fermée. A part ce faible indice, rien ne pouvait faire supposer que le village fut occupé. Le lieutenant sans prendre la peine de descendre de cheval s'approcha lui même de la porte qu'il heurta du manche de sa cravache pour la faire ouvrir. Ce fut le signal d'une fusillade subite et violente qui partit de tous les points de l'enceinte, coucha par terre Savy, son cheval et plusieurs hommes, tua le cheval du lieutenant Ollivier et blessa celui du capitaine. Le peloton Savy se déploya et occupa un pagodon qui se trouvait en face de la porte ; la section Ollivier se déploya en échelon, légèrement en arrière et à droite et prit pied dans un ilot boisé qui s'élevait au dessus de la rizèreA 7h15 Pegna ordonna à un peloton de faire un mouvement tournant et de gagner le flanc gauche de l'ennemi (la face occidentale du village) en même temps, il poussa toute la chaîne en avant jusqu'à la palissade extérieure séparée de la palissade intérieure par un fossé plein d'eau. Il y eut là un temps d'arrêt forcé pendant lequel le lieutenant Ollivier fut mortellement blessé. Le capitaine Pegna fit attaquer à coups de crosse la porte qui finit par s'effondrer et par livrer passage aux assaillants. Pendant ce temps le peloton qui avait fait mouvement tournant avait gagné sur la lisière ouest un point moins étroitement surveillé que les autres et pénétré dans le village sur le flanc et les derrières des chinois qui forcés en tête et surtout débordés sur leur gauche, abandonnèrent le terrain. La colonne regagna ensuite la pagode après avoir incendié le village. Les pertes française s'élevaient à 9 tués et 23 blessés."

  

    

     

Léon Aube

Né en 1866, c'est le fils de l'amiral Aube, ancien ministre de la Marine.

Entré au service en 1883, il est nommé Aspirant de 1ère classe en 1886, puis Enseigne de Vaisseau en 1888.

En 1893, il est envoyé au Soudan, comme commandant en second la chaloupe le Mage qui faisait partie de la flotille du Niger. Adjoint du lieutenant de vaisseaux Boiteux, commandant la flotille du Niger (canonnières Mage et Niger), Aube part avec son supérieur vers Tombouctou, ville mystérieuse qui hantait l'imagination des officiers coloniaux.

Arrivés à Kabara, port de Tombouctou, Boiteux descend avec 10 hommes vers le village, lorsqu'il est attaqué par des cavaliers touaregs. Avant qu'ils n'aient pu les atteindre, Aube dirige sur eux les petits canons de la flotille et les obus dispersent les Touaregs. Deux jours après, les deux officiers partent avec un détachement vers Tombouctou, où on ne peut acceder par eau qu'à l'époque de la grande crue du Niger. En route ils ne rencontrent qu'une troupe de Touaregs qui prend la fuite sans les attendre, laissant 2 morts sur le terrain. L'entrée à Tombouctou a lieu sans coup férir. Pendant que Boiteux reste à Tombouctou pour en en organiser l'occupation, Aube est envoyé dans les villages environnants dont les habitants, tremblant de peur devant les Touaregs, ont demandé à faire soumission à la France. C'est lors d'une de ces marches, le 28 décembre, que Aube est entouré près de Kabara par une colonne de cavaliers Touaregs qui voyant ce petit nombre d'hommes perdus dans la pleine, se rue sur eux et les ecrasent sous leur nombre. Aube, le second maître Ledantec et 18 laptots (marins recrutés sur place) sont massacrés.

Photo Petit (Paris)

 

Jean Joseph Fiegenschuh 

Né le 19/09/1869 à Strabourg. Engagé volontaire au 2e régiment étranger le 19/3/1887, il est promu sergent en 1891. Naturalisé français en 1893, il rejoint l'école militaire d'infanterie en avril 1894 et est nommé sous lieutenant le 1/04/1895 au 3e régiment d'infanterie de marine. En juin 1896, il est nommé au régiment des tirailleurs annamites.

Lieutenant le 1/04/1897. En avril 1898, il rejoint le 7e régiment d'infanterie de marine et y est nommé trésorier. En novémbre 1900, il passe au 13e régiment colonial à Madagascar et en 1902, rejoint les tirailleurs malgaches.

En juin 1903, il rejoint l'Afrique. Promu Capitaine le 12/10/1903. Il est nommé chevalier de la Légion d'Honneur le 29/12/1903. .En 1905 il est au 3e tirailleurs malgaches à Madagascar, puis revient en France en 1906, au 1er régiment colonial.

En 1909, il est au bataillon du Chari au Tchad et à la tête du cercle du Fitri. Le 1er juin 1909, à la tête d'une colonne de 180 tirailleurs et d'une section d'artillerie, il affronte 3000 ouadaïens et est blessé lors du combat. Cette victoire permet la capture d'Abéché.

Le 17 fevrier 1910, le ministere des colonies publie le message suivant :
"Le capitaine Fiegenschuh, commandant une compagnie de tirailleurs sénégalais, stationnée à Abécher, capitale du Ouadaï, depuis la prise de cette ville le 2 juin 1909, s'est posté vers le Massalit au début de janvier 1910, pour y effectuer une reconnaissance. Confiant dans une lettre qu'il avait reçue du sultan de cette région, Tagedin, il avait tout lieu de croire que cette reconnaissance s'effectuerait pacifiquement. Il était accompagné de 109 tirailleurs sénégalais et d'un certain nombre de partisans armés de fusils en encadrés par le lieutenant d'artillerie coloniale Delacommune, le lieutenant de cavalerie Vasseur, le sergent d'infanterie coloniale Béranger et le maréchal des logis Breuillac.
A trois jours de marche au sud est d'Abécher, sur l'oued Kadja, à la frontière nord ouest du Massalit, la colonne Fiegenschuh fut attaquée à l'improviste le 4 janvier 1910 à un point de passage très encaissé à Bir-Taouil, où elle s'était engagée sans méfiance. L'ennemi dissimulé dans les roches et les broussailles épineuses, décima la colonne sans qu'elle pût se défendre efficacement. Seuls 8 tirailleurs et quelques partisans s'échappèrent et purent rentrer à Abécher
."

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MER Dejoux

Né le 15/9/1867, c'est un saint cyrien de la promotion de Tombouctou (1887-1889)

Lieutenant, le 4/12/1891, il sert au 5e régiment colonial et est désigné pour servir au 13e régiment d'infanterie coloniale, mis sur pied pour l'expédition de Madagascar.

Après la victoire des troupes française et la prise de Tananarive, il reste au pays et participe aux opérations de pacification, affecté à une compagnie de tirailleurs malgaches.
Affecté dans la région du Ménabé, il participe à la repression de la révolte des Sakalaves de la province en 1897. Le 21 octobre 154 tirailleurs des 1e et 2nd régiments sont rassemblés. Le 26/10/1897, aux environs d'Ankalalobé, la troupe a un engagement avec des bandes résolues et les officiers et sous officiers français doivent payer de leur personne pour entrainer au feu les recrues hovas, certaines recemment enregimentées, auxquelles les Sakalaves inspirent une véritable terreur. C'est en entrainant ses troupes à l'assaut que Dejoux se fait bravement tuer.

Photo Ogerau (Paris)

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