LES BLESSES


Blessés en 1870 - Photographie artistique (Lyon)


Prisonniers français blessés (cliquez sur l'image pour agrandir)

 

Uniformes chamarrés, poses héroiques, souvenirs glorieux... certes.

Mais les photos traduisent aussi parfois les souffrances des hommes touchés dans leur chairs par la guerre.

Gueules cassées ou amputés, ces portraits offrent une autre vue, bien moins glorieuse, de la guerre.

Baptiste Brunon, amputé du bras gauche pendant le siège de Laghouat (1852).


Commandant de Boiscuillé (zouave pontifical)
Blessé à la bataille de Castelfidaro (1860)
Photo Gérard (Rennes)

Lieutenant Echemann (légion d'Antibes)
Blessé le 18/10/1867 à la prise de Nérola à la Légion d'Antibes (1867)
Photo Baudelaire (Strasbourg)
"coup de feu à l'épaule gauche avec fracture et trajet de la balle
par dessous l'omoplate jusqu'à la gouttière vertébrale"

Sous lieutenant Nicolas Furey (zouave pontifical)
Blessé à la bataille de Castelfidaro (1860)
Photo d'Allessandri (Rome)

Paul de Luynes de Cheuvreuse, duc de Chambres
Blessé à Coulmiers comme sous lieutenant du
33e régiment des mobiles de la Sarthe (9/11/1870)
Photo Furst (Nantes)


     

Le général Fevrier, blessé à Saint Privat (18/8/70)
par une balle entrée dans la partie postérieure
droite du cou et sortie à la joue en brisant l’os molaire,
alors qu'il était colonel du 77e RI.

 

Le général Mellinet, blessé au visage
lors de la bataille de Malakof
(prise de Sébastopol)

    


              

      

Le lieutenant Metge (94e RI)
amputé du bras

              

      

Le capitaine Philippe (31e RI)
Blessé à la face à Loigny (12/70)

Le capitaine Picot (26e RI), blessé
à l'oeil à la bataille de Ladonchamps (octobre 1870)


Capitaine non identifié
Photo Warner (Paris)

Commandant de Longuemar
Blessé d'un coup de feu à l'oeil
à la bataille de Borny (14/8/1870)
Photo Brion (Marseille)

Officier de cavalerie
Photo Bernoud (Lyon)

Lieutenant d'infanterie de Marine
Photo Rideau (Cherboug)

Chasseur à pied de la Garde Impériale (1870)

Colonel de Mobiles - 1870
Photo Gustave (La Mans)

Sergent de tirailleur algérien

Lieutenant indigère de tirailleurs algérien


   

Philippe Adolphe Joppé

Lors de la bataille de Rezonville, Joppé commande le 2e bataillon du 2e régiment des grenadiers de la Garde. Le texte suivant est tiré de l'ouvrage "Français et Allemands" de Dick de Lonlay :

Vers deux heures, Joppé reçoit un premier coup de feu qui lui coupe le biceps du bras droit. "Je ne sentais pas la souffrance racontait plus tard cet officier supérieur aussi modeste que brave ; je restai, je n'avais pas grand mérite".

Vers trois heures un coup de mitraille lui brise le cubitus du même bras, depuis le poignet jusqu'au coude, sans atteindre toutefois le radius. Joppé regarde alors derrière lui et aperçoit le général Le Poitevin de la Croix et son aide de camp qui viennent d'avoir leurs chevaux tués sous eux. Il lève son bras blessé et, sur un signe affirmatif du général, va remettre le commandement de son bataillon au capitaine Normand. Puis l'intrépide blessé gagne, seul et à pied, l'ambulance de Rezonville. Les médecins ne lui laissent pas ignorer qu'il devra subir l'amputation. Après un pansement sommaire, il est mis sur un cacolet et conduit à Gravelotte où vers cinq heures il est amputé du bras droit par le docteur Boulogne. Dans le trajet du champ de bataille vers l'ambulance volante de Rezonville, l'ordonnance du commandant fit remarquer à son officier que celui-ci était blessé au pied. le commandant, en effet, avait eu le troisième orteil coupé, mais jusque là, dans la chaleur du combat, il ne s'était pas aperçu de cette troisième blessure. 

Le commandant Joppé a été transporté sur un cacolet de l'ambulance volante de Rezonville à l'ambulance installée dans la maison de poste de Gravelotte, où il doit subit l'amputation du bras droit. Au moment où il descend de son cacolet pour entrer dans cette maison, une jambe avec sa botte et son pantalon bleu d'artilleur à double bande rouge passe devant ses yeux jetée par la fenêtre de la chambre, où les médecins taillent et charcutent. Le commandant entre dans cette pièce. Près du patient se tient un vieux grenadier chevronné, médaillé, le bras fracassé tenant à peine par quelques lambeaux de chair, et qui attend patiemment son tour d'amputation. Le chef de bataillon Joppé le reconnaît. C'est un grenadier de son régiment, nommé Jacquot, planton du lieutenant colonel de Maisonneuve. Les chirurgiens font remarquer à l'officier blessé que chacun passe à son tour ; mais Jacquot croit devoir insister pour que son supérieur passe avant lui et celui-ci accepte les honneurs du couteau.

Il est ici pris en photo comme lieutenant colonel. Il terminera sa carrière comme colonel, commandant en second le prytannée militaire de la Flêche.

Photo Franck (Paris)


Jean Côme Joseph Gazeilles

Né le 26/6/1844 à Argeles, il entre au service en 1861. Après une carrière de sous officier au 96e régiment d'infanterie, la guerre accélère sa promotion et il est nommé Sous lieutenant le 20/8/1870. Prisonnier en Allemagne après Sedan, il revient en France en janvier 1871 et est affecté au nouveau 26e bataillon de chasseurs. Il y est promu Lieutenant le 6/1/1871.

En mars 1871, le bataillon est engagé dans les opérations contre la commune de Paris et Gazeilles y sert comme officier à la 3e compagnie. Après avoir concouru à la prise des fortifications d'Issy, le 21 mai, le bataillon prend les portes d'Auteuil  de Saint Cloud et les bastions 61 à 67 de l'enceinte de Paris. Le lendemain, il progresse dans Paris, par les quais de l'industrie. Il a un sérieux engagement devant le pont des Invalides contre la barricade qui ferme le quai à la hauteur du jardin des Tuileries. Le 23 mai, la compagnie de Gazeilles reçoit ordre de garder le pont. Le 24 mai, le bataillon s'empare de la barricade du pont de la Concorde et s'apercevant de la progression de l'incendie des Tuileries vers le musée du Louvre, décide de s'en emparer. Après un engagement contre une barricade sur le Pont Neuf, la compagnie occupe le Louvre et s'active à arréter l'incendie afin de sauver les oeuvres. Le 25 mai, le bataillon reprend sa progression vers le quartier du Marais, occupe la rue des Francs Bourgeois et a un engagement sur la place Royale (des Vosges) occupée en force par les communards. Le soir la place et les rues qui en partent sont occupées et un poste est établi sur le boulevard Beaumarchais. Le bataillon campe la nuit dans le jardin de la place et sous ses arcades. Le 26 mai, la troupe est engagée contre les insurgés devant la barricade du boulevard Richard Lenoir et autour de la place de la Bastille qui est prise le soir. Dans la journée, le lieutenant Gazeilles est sérieusement blessé, il s'était fait remarquer "par son énergie et son sang froid". Cette blessure nécessite l'amputation de sa main gauche.

Après sa convalescence, Gazeilles revient au bataillon en aout 1871, mais, sérieusement handicappé par sa blessure, il ne peut obtenir de poste actif et il est nommé lieutenant d'habillement. Il passe au 18e BCP en 1872, puis au 15e bataillon peu de temps après.

Le 22/1/1878, il est promu Capitaine au 1er BCP à Verdun. Promu chevalier de la Légion d'Honneur le 7/7/1884, il quitte les chasseurs à pied et est nommé au 31e RI.

Chef de bataillon le 26/12/1893, il sert comme major au 123e RI. Il passe ensuite au service du recrutement où il termine sa carrière. Il est mort en mars 1905.

Photo Pierre (Longwy)

   


   

 

François Louis Cheylard

Fils d’instituteur, il est né le 7/12/1838 à Treignac (Correze). Engagé comme soldat au 35e RI le 17/7/1857, il est fait caporal le 30/4/1858. Lors de la campagne d’Italie, il est nommé sergent le 10/5/1859. Le 17/7/1861, il passe comme tirailleur au 2e régiment de tirailleurs algeriens et reprend ses galons de sergent en janvier de l’année suivante.

Le 8/1/1868, il est nommé Sous Lieutenant au 2e régiment de Zouaves. Le 6/8/1870, il est engagé à Froeschwiller oú le régiment est très sévèrement engagé, notamment lors de l’attaque de Worth par le 58e régiment prussien : « Déjà ils arrivent à moins de 200 mètres de la position quand subitement les zouaves se relèvent comme un seul homme à la voix de leurs officiers restés debouts à leur place de bataille. Ils mettent d’eux même la baïonnette au canon et poussant des cris de victoire, bondissent dans les vignes à la suite du général L’Herillier qui dirige la contre-attaque, le képi au bout de la canne. La soudaineté et l’impétuosité de l’attaque sont telles que tirailleurs et officiers ennemis se débarrassent de leurs armes et de leurs manteaux en sautoir pour pouvoir fuir plus vite. Les soutiens massés dans les vignes à peu de distance de Woerth ne font aucune résistance et les zouaves pénètrent pèle mêle dans le village. Ils y sont accueillis par une fusillade meurtrière partant des soupiraux des fenêtres et surtout des toitures où les défenseurs ont pratiqué des ouvertures. Le Sous-Lieutenant Cheylard tombe percé de sept blessures dans la grand rue. Sans soutien ni à droite ni à gauche, ni en arrière, les zouaves reculent lentement pour regagner les hauteurs. L’ascension des vignobles plantes sur un terrain en pente très raide et soutenus par des échalas s’opère difficilement ; épuisés par les efforts qu’ils viennent de faire les zouaves subissent les plus grandes pertes." (Historique du 2e zouave).
Les états de service de Cheylard détaillent ses blessures :

  • Séton à l’articulation humérus orbitale
  • Coup de feu à la main gauche ayant éraillé le pouce
  • Coup de feu à l’avant-bras gauche ayant nécessité l’amputation du membre au tiers supérieur
  • Contusion violent à l’abdomen par éclat d’obus
  • Eraillure à la phalange du medium de la main droite
  • Deux contusions à la cuisse droite par deux balles mortes

Fait Lieutenant le 15/12/1870, chevalier de la Légion d’Honneur le 8/8/1871 ("14 ans de service effectif, 12 campagnes, 6 blessures"), puis Capitaine le 2/5/1874, Cheylard poursuit sa carrière aux zouaves. Il partricipe notamment à la campagne de Tunise et à l’expédition contre Bou Amana. Au combat de Dejebel Amour le le 5/11/1881 il reçoit deux nouvelles blessures, mais cette fois moins graves qu'en 1870 (plaie contuse à la main droite par eclat de pierre et contusion à l’épaule gauche par éclat de pierre.)

Promu officier de la Légion d’Honneur le 7/2/1882, Cheylard finit sa carrière comme commandant du pénitentier militaire de Douéra de 1882 jusqu’à sa retraite en 1895. Il est mort en 1920.

Photo Devos (Marseille)

 


Auguste Défendant Colombani

Né le 2/1/1818 à Bastia, il est élève à Saint Cyr en 1837 et est nommé Sous Lieutenant le 1/10/1840 au 43e régiment de ligne. Nommé Lieutenant le 10/3/1844, il sert en Afrique entre octobre 1845 et fevrier 1850.

Promu Capitaine le 17/2/1850, il participe aux événement de 1851 en France. Le 24/1/1855, il est envoyé en Orient et participe au siège de Sébastopol. Il est blessé au bras gauche par un coup de feu dans la nuit du 23 au 24 avril 1855 et doit subir l'amputation du bras. Décoré de la Légion d'Honneur, et de la médaille britanique de Crimée, il revient en France le 1/7/1855.

Remis de sa blessure, il passe dans le corps de l'intendance militaire comme adjoint à l'intendance de 2e classe le 12/11/1856.

Promu adjoint de 1ere classe le 30/12/1858, puis sous intendant militaire de 2e classe le 5/7/1865. Il reçoit l'ordre du Medjidié (4e classe) le 13/2/1868.

Il participe au siège de Paris de l'hiver 1870 et est nommé officier de la Légion d'Honneur le 7/1/1871.

Il est mort le 18/6/1878.

Photo Rousseton et Appert (Paris)

     
 


 
     

Abel Nieger

Né le 24/8/1839 à Colmar. Saint Cyrien, il fait sa carrière militaire au 51e régiment d'infanterie. Nommé Lieutenant le 21/5/1859, il sert 3 ans au corps d'occupation de Rome (1860-1862)

Il fait campagne au Mexique entre 1862 et 1867, participant aux principaux événements de la campagne et sillonant tous le pays : campagne, puis siège de Puebla, lutte contre les partisans dans l'Etat de Guanajuato, expédition de Mazatlan, expédition de la Sonora et prise de Guaymas. C'est lors de la prise de ce port du Pacifique, dernier lieu par lequel Juarez conservait une liaison avec la Californie, que Niéger est cité le 10/5/1865. Il est fait chevalier de la Guadalupe.

Revenu en France, Niéger est nommé Chevalier de la Légion d'Honneur le 24/12/1869. En 1870, il fait campagne à l'armée du Rhin comme Capitaine adjudant major au 3e bataillon du 51e régiment d'infanterie. Il prend part aux opérations autour de Metz et se distingue lors de la bataille de Rezonville, devant le bois de Ognons : "Les obus pleuvaient littéralement sur le 51e dont les trois bataillons étaient couché par terre sur un terrain incliné. Le capitaine adjudant major Niéger du 3e bataillon, voyant les jeunes soldats manifester de l'inquiétude, se porta à cheval devant le front de son bataillon et sans s'inquiéter s'il servait de cible aux pointeurs et aux tirailleurs ennemis, alluma transquillement un cigare qu'il fuma jusqu'au bout, sans changer de place. Plusieurs officiers vinrent lui demander du feu et causer avec lui. Ce bel exemple rendit courage aux soldats qui reçurent dès lors, avec un calme imperturbable, la grêle de balles et d'obus qui ravagaient leur rangs." (Historique du 51e RI). Vers la fin de la bataille, il se distingue une nouvelle fois en participant à la charge de son bataillon qui contribue à sauver le drapeau du 3e régiment des grenadiers de la Garde. Le régiment se distingue de nouveau à Saint Privat puis à Noisseville où Niéger "se conduit en véritable héros pendant le retraite".

Prisonnier à la capitulation de Metz, Niéger retrouve son régiment pour participer aux opérations contre la Commune. Le 24/5/1871, il est grièvement blessé devant Montmartre d'un coup de feu au pied droit qui nécessite son amputation.

Cette blessure signe évidemment la fin de sa carrière militaire. Niéger est ainsi retraité le 16/6/1872, mais reçoit peu de temps avant cette date le grade de chef de bataillon, qu'il arbore sur la photo ci contre, son peid droit manquant discretement visible sur le cliché. Il reçoit alors la responsabilité d'une perception, puis la croix d'officier de la Légion d'Honneur en 1896.

Il est mort le 8/1/1905. C'est le père du futur général Niéger, grand Saharien.


Ovide Joseph Helleboid

Né le 7/2/1843 à Moulle (Pas de Calais), fils d'un brasseur, Ovide Helleboid est engagé volontaire en mars 1860 au 64e RI. Il y est promu sous officier en 1862.

Le 11/3/1868, il est nommé Sous Lieutenant au 73e régiment d'infanterie. A la déclaration de guerre, il en devient le porte drapeau. Poste vulnérable par excellence, cette position devait l'exposer aux coups de l'ennemi durant la terrible journée de Saint Privat.

Ainsi, le 18/8/1870, son régiment est en défense de la position d'Amanvilliers. En fin de journée, lors des premiers mouvements de retraite du 4e corps d'armée, il est une nouvelle fois engagé : "Sous un ouragan de mitraille, nos soldats, après une assez longue resistance, flèchissent un instant. A cette vue, le colonel Supervielle s'élance sur le drapeau du régiment, le saisit et, se jetant en avant, le plante fièrement sur un tertre, en criant à ses hommes de venir le défendre. Ce vaillant officier supérieur se désigne aux coups de l'ennemi et s'offre en holocauste à l'honneur du régiment. A ce moment un éclat d'obus le frappe aux deux jambes et le couche à terre grièvement blessé". C'est probablement à ce moment qu'Helleboid est aussi blessé : il reçoit un coup de feu à la main droite et un  autre qui lui fracture le bras droit.
Fait Lieutenant le 12/9/1870, il passe au 91e RI en novembre, puis il est nommé Capitaine le 9/1/1871, grade dans lequel il est ici photographié.
Durant la repression de la Commune, il est de nouveau blessé au cou le 25/5/1871, blessure qualifiée de légère sur ses états de service.

Après le second siège de Paris, il passe au 107e Régiment d'infanterie où il est fait chevalier de la Légion d'Honneur le 12/7/1879.

Nommé Chef de bataillon en juin 1883, il rejoint le 1er régiment de Zouaves et part faire campagne au Tonkin, il est mort le 20/1/1888 à Than Hoa d'un dysenterie aigüe après 8 jours de maladie.

 

Photo Bury (Lille)


   

Gustave Canu

Né le 5/5/1814, Canu est un ancien de l'école Polytechnique. Nommé au 7e régiment d'artillerie, il est détaché à l'école de Saumur en 1839. Promu Capitaine, il rejoint son régiment comme instructeur d'équitation.

Envoyé au corps expéditionnaire à Rome en 1849, il est blessé le 27 juin par un boulet et doit subir le même jour l'amputation du bras gauche. Il est aussi promu Chef d'escadrons.

En dépit de cette mutilation, il conserve une vigueur et une activité le faisant nommer Lieutenant Colonel en 1853, puis Colonel un an plus tard, à la suite de l'expédition de Kabylie. Il prend alors le commandement du 5e régiment d'artillerie à pied à grenoble.

Fait Général de Brigade en 1860, il commande l'artillerie de la Garde Impériale. Il en porte ici la tenue.

La guerre de 70 le voit Général de Division, à la tête de la réserve d'artillerie de l'armée du Rhin avec laquelle il assiste à tous les combats autour de Metz.

Après la guerre, il est fait Président du Comité d'artillerie (1874). Il réorganise alors l'artillerie, l'équipant d'une nouveau modèle (1877), et contribue activement à la mise en place du nouveau fusil Gras.

Mis au cadre de réserve en 1879, Grand croix de la Légion d'Honneur, il est mort à 89 ans.

Photo Trinquart (Paris)

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Les officiers tués en 1870