Joseph VINCENDON, né le 8/10/1833 à Brezin (Isère)

Photo Le Blondel (Lille)
Photo Dufour (Dijon)
Photo Dufour (Dijon)

 

Fils d'un cultivateur, Joseph Vincendon s'engage à 19 ans comme soldat au 2e régiment de Zouaves le 13/4/1852. Alors qu'il est caporal, il se distingue pour la première fois lors de la prise de Laghouat en décembre 1852. Chargé de construire le bûcher dont la mise à feu signalera aux troupes le début de l'assaut. L'historique du régiment relate qu'il "succédait à deux zouaves qui venaient d'être tués en essayant d'accomplir la même mission ". Il fait partie des hommes cités lors de l'assaut : "Le caporal Vincendon et le porte-sac Arnaud se sont distingués à la batterie en remplaçant deux blessés et en construisant à leur place un bûcher sur le point le plus élevé des attaques". Il devient sergent en 1853. Il est une nouvelle fois cité lors de l'expédition des babors. Après ces débuts en Afrique, il part pour la campagne de Crimée (1854-1856) et est blessé lors de la bataille de l'Alma d'un coup de feu au mollet gauche (1ere blessure). Le 24 fevrier 1855, lors de l'attaque des ouvrages blancs, il est blessé une seconde fois d'un coup de baïonnette à la cuisse.

Nommé Sous lieutenant en 1855, il reçoit un troisième blessure (coup de feu à la poitrine lors de l'attaque du mamelon vert) le 7/6/55. Il retourne en Afrique de 1856 à 1859.

Nommé Lieutenant en 1856, il est cité à l'ordre de l'armée comme s'étant particulièrement distingué lors de l'expédition de Kabylie et s'être, le 24/6/57, à Icheriden, précipité avec quelques hommes dans les retanchements ennemis. Durant l'assaut, la troupe est d'abord bloquée par le resistance imprévue des Kabyles. "Tous à coup apparaît sur la gauche le 2e régiment étranger qui menace la droite des retranchements ennemis. La vue de ce renfort rend aux zouaves un nouveau courage. Le porte drapeau Vignau qui marche en tête d'une compagne, le lieutenant Vincendon et le sous lieutenant Cramperet sur ruent sur les barricades, tandis que derrière ces officiers, le flot montant des zouaves s'engouffre dans les ouvertures qui se produisent à travers les rangs ennemis" (Historique du 2e Zouaves). Vincendon est cité lors du combat ("s'est précipité le premier le 24 juin avec quelques soldats seulement, dans les retranchements ennemis") et y gagne le grade de Capitaine, alors qu'il n'a que 23 ans. il est aussi fait chevalier de la légion d'honneur et 5e classe de l'ordre du Medjidié.

Il effectue la campagne d'Italie entre avril et aout 1859 et le 4/6/59 à Magenta, il est blessé d'un coup de feu au bras droit, ainsi que d'un coup de sabre à la cuisse gauche (4e et 5e blessures). Il est cité dans l'historique du 2e zouaves pour avoir à Magenta le premier repéré l'avancée de la colonne autrichienne qui masquée par les bois, menace la position tenue par le régiment : "Au moment où les Autrichiens, toujours masqués par les arbres, ne sont plus qu'à 300 metres des zouaves, le capitaine Vincendon du 1er bataillon, qui a pu voir du point où il se trouvait le mouvement de l'ennemi, arrive au galop à la tuilerie pour prévenir le général de division qui s'y tient avec le général de Castagny et le colonel Tixier, qu'une colonne ennemie se prolonge sur son flanc droit". Il recoit la médaille d'Italie et est nommé officier de la Légion d'Honneur. Il retourne en Afrique entre 1859 et 1862. Il est cité en octobre 1859  pendant l'expédition du Maroc.
Il part au Mexique en 1862 et le 5 mai 1862, lors du premier assaut de Puébla, il reçoit deux coups de feu à la cuisse droite et au pied gauche (6e et 7e blessures). Il revient décoré de la médaille du Mexique et officier de l'Ordre de Notre Dame de la Guadalupe.

Il est nommé Chef de bataillon au 100e RI (1862), puis en 1864, il prend le commandement du 8e bataillon de chasseurs à pied.

Nommé Lieutenant Colonel en 1867 au 39e RI, il est décoré de de l'ordre de St Stanislas de Russie. Promu Colonel du même régiment en 1870, il est à 37 ans, le plus jeune de l'armée.
Durant la guerre, il est blessé pour la 8e fois à la main gauche, par un éclat d'obus (à Rezonville le 16/8/70) et se distingue lors de la défense du village de Saint Privat deux jours plus tard. Prisonnier à la capitulation de Metz, il revient en France en avril 71 à la tête du 4e RI pour participer au siège contre Paris. Il est nommé commandeur de la Légion d'Honneur en 1871.

Général de brigade en septembre 1875, il commande la 4e brigade, puis en 1877, la cavalerie du 8e corps d'armée. En 1881, il part en Tunisie commander la brigade de renfort. A son retour en France, il prend le commandement de la 58e brigade. Il reçoit l'appui politique de Wilson (gendre du Pdt Grévy, compromis dans l'affaire des fiches) pour passer divisionnaire.

Général de division en 1884, il commande la 33e DI entre 1884 et 1898, date de son passage en reserve. Il est nommé Grand Officier de la Légion d'Honneur en 1889, puis Grand Croix le 10/7/1896, remis des mains du Président felix Faure, couronnement d'une carrière exceptionelle. Cependant ses dernières années ne semblent pas à la hauteur de sa brillance au feu, comme en témoigne certaines notations reçues : "Caractère passionné, se mèle de ce qui ne le regarde pas. Grand versatilité dans l'appréciation des hommes et entraine chez ses subordonné de la défiance et du malaise (notes de 1892)".

Il décède en 1909.

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