Le bataillon des Chasseurs de la Garde

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Historique

 

Le bataillon des chasseurs à pied de la Garde  est créé en 1854. Le 20/3/1855 l'Empereur lui remet son drapeau  aux Tuileries. Envoyé en Crimée, il laisse la moitié de son effectif (dont son chef de corps, le commandant Cornulier Lucinière) lors de la prise du petit Redan qui contribue à la prise de Sébastopol. Voici les souvenirs du capitaine Pistoulay : "En avant ! Le bataillon s'ébranle en colonne par division et nous franchissons successivement au pas de course six parallèles en sautant par dessus les parapets, sous une grêle de balles et de mitraille. Le commandant, toujours en premier, ne souffrant jamais que personne ne le devance. Notre course avait été si rapide, qu'arrivés à la dernière parallèle, c'est-à-dire en face de la batterie noire, nous n'étions plus qu'un petit nombre. Le commandant franchit le dernier parapet ; nous le suivons et nous franchissons au pas de course les quatre-vingt metres qui nous séparent de l'ennemi. nombre d'hommes tombent avant d'arriver au but. Nous voici au fossé. Nous nous y précipitons, et nous aidons des mains, nous montons à l'assaut de la courtine, le commandant à droite et moi à gauche avec quelques hommes. Le premier, il est debout sur le parapet russe, l'ennemi est là à nos pieds, pouvant nous frapper de ses baïonnettes. Le commandant élève son épée de la main droite et montre l'ennemi de la main gauche. A peine avait il articulé "en av..." qu'il reçoit en même temps un biscaïen et une balle à bout portant et qu'il roule dans le fossé. Je lui pris la main, il était mort. Son épée, à laquelle un officier avait attaché un fragment de drapeau, fut placé sur le parapet comme signe de ralliement. Plusieurs fois les Russes firent des tentatives désespérées pour l'enlever, mais sans y réussir."

En 1859, le bataillon se couvre de gloire en Italie. A Magenta, il est en réserve du corps de Mac Mahon et prend la gare de Magenta. A Solférino le bataillon est engagé sur la route qui va de Castiglione à Solférino. Il prend une batterie d'artillerie autrichienne, ecrase sous son feu le 48e régiment autrichien et lui prend son drapeau. Cet exploit vaut à l'aigle du bataillon la croix de la Légion d'Honneur, première décoration de ce type de l'histoire de France. La cérémonie a lieu le 25/7/1859 à Milan sous la direction du Maréchal Regnalt StJean d'Angely, commandant la Garde Impériale. 

En 1870, il fait aussi honneur à son arme lors de la bataille de Rezonville et à Ladonchamps. Le bataillon disparaît le 28 octobre 1870, jour de la capitulation de Metz.

François Antoine Schultz

 

Né le 25/3/1831 à Strasbourg, Schultz a servi comme chasseur, puis comme sous officier au 4e bataillon de chasseurs. Il a été promu chevalier de la Légion d'Honneur le 18/7/1855 en Crimée. Passé au bataillon des chasseurs de la Garde, il y est sergent fourrier en 1859 lors de la campagne d'Italie et est blessé lors de la bataille de Solférino.

Sa belle conduite lui vaut d'être nommé Sous lieutenant le 11/6/1859. Il est nommé porte drapeau du bataillon, poste envié et honoré. Sur la photo, il porte aussi la médaille d'Italie et la médaille de Crimée.

Il ne figure plus dans l'annuaire militaire de 1865. Il est mort en septembre 1889.

 

Photo Honoré (Paris)

 


   

Jules de Monard

Né le 5/3/1838 à Autun, Jules de Monard fait l'école de Saint Cyr entre 1857 et 1859 (promotion de l'Indoustan). Il sort Sous lieutenant dans l'infanterie en octobre 1859 et est nommé au 8e bataillon de chasseurs à pied.

Lieutenant en janvier 1865, il passe au bataillon de chasseurs de la Garde. C'est dans ce grade qu'il est ici photographié par Prévot.

Durant la guerre de 1870, de Monard contribuer aux plus belles pages de gloire du bataillon des chasseurs de la Garde.
Il est une première fois blessé en aout à la bataille de Rezonville : "Le bataillon de chasseurs de la Garde, accablé par les feux de l'ennemi, est obligé de se porter à 300 metres en arrière. Quelques chasseurs, commandés par le lieutenant de Monard, n'ont pas été prévenus de ce mouvement de retraite ; ils ne sont bientôt plus qu'à un cinquantaine de metres de l'ennemi, dont le feu décime à l'improviste de groupe de héros. Un officier prussien s'approche du lieutenant de Monard et presque à bout portant lui tire un coup de revolver dans la poitrine. Le brave lieutenant chancelle et tombe sous le choc. C'est le salut, car à cet instant même, une grêle de balles, partis des rangs des chasseurs, s'abat sur les prussiens qui s'apprétaient à emmener M. de Monard prisonnier - La Garde Cpt Richard".

Il est de nouveau deux fois blessé durant le siège de Metz, notamment le 7/10/1870 et pour ses actions, il est successivement promu dans l'ordre de la Légion d'Honneur, d'abord chevalier (1870), puis officier (1871), ainsi qu'au grade de Capitaine le 11/10/1870, quelques jours avant la reddition de la Place.

Après la guerre, il passe au 30e bataillon de chasseurs, puis est nommé Chef de bataillon en 1877. Il fait une brillante carrière sous la Troisième République qui est détaillée dans la page spéciale qui lui est consacrée.

Photo Prevot (Paris)


 

Paul Tristan Ramakers

Né à Ajaccio le 21/10/1829.

Il est blessé lors de l'assaut de Malakof

Lieutenant le 27/1858. Il est nommé chevalier de la Légion d'Honneur le 14/5/1861.

Promu Capitaine le 17/7/1867, il est nommé au 37e régiment d'infanterie peu avant la guerre de 70.

Durant la guerre de 1870, il est nommé chef de bataillon de l'armée auxiliaire et est nommé major du camp des alpines. Après la guerre, il rejoint le 84e régiment d'infanterie.                                       

Il est retraité à Nice en juillet 1873 et y est mort le 30/5/1912.

Photo Prevot (Paris)

 

     


    

Augustin Marie Maurice de Labarrière

Saint Cyrien de la promotion d'Isly (1843-1845), de Labarrière est nommé Sous Lieutenant le 1/10/1845 au 22e régiment d'infanterie.

Il rejoint rapidement l'arme des chasseurs à pied dans laquelle il va faire la suite de sa carrière et est promu Lieutenant le 13/2/1851, au 8e bataillon de chasseurs.

Capitaine le 3/11/1855, il sert au 7e bataillon de chasseurs, puis retourne au 8e bataillon en 1858.  Il fait la campagne d'Italie au bataillon qui est engagé à Magenta et qui figure parmis les premières troupes de la ligne à traverser le Ponte Nuovo après la Garde Impériale et attaque la redoute autrichienne bâtie après le pont de chemin de fer. Labarrière est fait chevalier de la Légion d'Honneur après la campagne et un an plus tard, il est nommé au bataillon des chasseurs de la Garde. Il est ici photographié par Prévot, dans une pose assez traditionelles, mais qui fait bien apparaître les détails de son uniforme.

Après 7 ans dans la Garde, Labarrière est promu Chef de bataillon le 6/11/1867, au 30e régiment d'infanterie. Il prend ensuite la tête du 20e bataillon de chasseurs le 16/3/1869.

C'est à la tête de cette troupe qu'il est tué à la bataille de Borny en aout 1870.

Photo Prévot (Paris)


Ernest Ferdinand Marie Gandin



Né le 8/12/1832 à Pontivy, fils d’un professeur du collège royal, il est Saint Cyrien.

Il est nommé Sous Lieutenant le 1/10/1852 au 5e régiment d’infanterie légère. Un an plus tard, il est muté au 1er bataillon de chasseurs à pied et rejoint l’Algérie en février 1854. Cette affectation en Afrique ne dure pas, puisqu’il quitte l’Algérie le 25/3/1854 pour l’Orient.

Débarqué à Gallipoli le 5/4/1854, il fait la campagne de Varna, puis débarque en Crimée et combat sur l’Alma. Promu Lieutenant le 24/3/1855, il se distingue le 8/9/1855 à l’assaut de la tour de Malakov oú son bataillon, engagé en second ligne, contribue à défendre la position contre les furieuses contre attaques des Russes. Durant la bataille, Gandin est blessé d’un coup de sabre à la paume de la main gauche et d’une contusion à la jambe droite.

Nommé chevalier de la Légion d’Honneur le 14/9/1855, il rejoint la Garde Impériale, au bataillon de chasseurs le 3/10/1855. Il revient en France le 26/12/1855, décoré de la médaille de Crimée et de l’Ordre de Sainte Anne de Russie (reçue le 19/12/1855).
Il participe ensuite à la guerre d’Italie dont il revient avec la médaille commémorative.

Promu Capitaine le 30/8/1859, il est ici photographié en grande tenue.
Durant la guerre de 1870, il est engagé avec son bataillon lors des combats de Gravelotte et de Saint Privat. Pour ses participation, il est promu Chef de bataillon le 11/9/1870, au 23e régiment d’infanterie avec qui il finit la guerre. Il est nommé officier de la Légion d'Honneur le 19/11/1871

Mis en non activité par retrait d’emploi le 14/10/1880, il est mort le 13/9/1887.

  


    

Auguste Marc Desplagne

Né le 8/4/1836 à Bablins (Isère). Saint Cyrien de la promotion du Prince Impérial (1855-1857), il est nommé Sous Lieutenant le 1/10/1857 au 8e bataillon de chasseurs à pied. Durant la campagne d'Italie, le bataillon est engagé à Magenta devant le Ponte Vecchio et y perd 156 chasseurs. 

Revenu sans un égratignure, mais avec la médaille d'Italie, Desplagne passe au bataillon des chasseurs à pied de la Garde en 1860. Néanmoins, son passage dans la Garde est de courte durée et le 31/12/1863, il est nommé Lieutenant et passe au 13e bataillon de chasseurs. Il nous laisse cependant deux belles photographies, toutes deux dans une pose décontractée, peu courant pour l'époque.

Le 15/10/1869, Desplagne est nommé Capitaine et rejoint le 6e bataillon de chasseurs, en garnison à Rome, comme instructeur de tir. Le bataillon revient en France en cours de guerre de 1870, et fait la bataille de Sedan avant de devoir capituler. Après la guerre, Desplagne passe au 10e bataillon de chasseurs. Il est nommé chevalier de la Légion d’Honneur le 3/8/1875

En novembre 1880, il est promu Chef de bataillon au 19e régiment d’infanterie. Le 3/3/1882, il est nommé au commandement du bureau de recrutement de Langres et quitte le service actf

Il est mort le 8/1/1918

      

 


    

Louis Marie Gustave Arthur Barbeyrac de Saint Maurice

Saint Cyrien de la promotion du Prince Impérial, Louis Barbeyrac est nommé Sous Lieutenant le 1/10/1857 au 8e bataillon de chasseurs avec lequel il fait la campagne d'Italie et se distingue à Magenta.

Il rejoint ensuite le bataillon des chasseurs à pied de la Garde Impériale, dont il porte ici la tenue en 1863.

Promu Lieutenant le 12/8/1864, il passe au 16e bataillon de chasseurs. Lors de la guerre de 1870, il sert au 12e bataillon, peu après avoir été nommé Capitaine.

Le 16 aout à Gravelotte, le 12e bataillon est fortement engagé sur le front du 2e corps d'armée et notamment devant le village de Vionville dont il s'empare un instant, mais qu'il est forcé d'abandonner devant la supériorité de l'adversaire :
"Le général Bataille, en voyant le 12e bataillon exécuter, de position en position, ses feux à volonté, ne peut s'empêcher d'applaudir. Cette lutte glorieuse coûta au bataillon 5 officiers tués, 6 blessés et 226 chasseurs tués, blessés ou disparus" (historique du bataillon).

Barbeyrac de Saint Maurice figure parmi les tués.

Photo Prévot (Paris)


Perrine Cros

Jeune bretonne, montée à Paris pour y exercer la profession de lingère, Perrine rencontre Jean Ferdinand Cros, chasseur à pied de la Garde Impériale, qu'elle épouse. Elle suit alors son mari comme cantinière du bataillon.

Le 24/6/1859 à Solférino elle est blessé d'une balle et amputée du petit doigt alors qu'elle pansait un blessé.

"Mme Cros avait pris, outre son tonnelet d'eau de vie reglementaire, un bidon plein d'eau fraiche, de la charpie et des bandes de toile. La vaillante petite cantinière allait faire la soeur de charité. Elle se met dans les rangs de nos chasseurs, exposée comme eux aux balles autrichiennes, et sans prêter attention aux dangers qui la menacent. Son premier pansement est pour un Cent Garde blessé auprès de l'Empereur. Un peu plus loin, elle rencontre un chasseur de son bataillon qui, le flanc traversé d'une balle, souffre horriblement et lui demand à boire. Perrine s'agenouille auprès du blessé et tandis qu'elle lui soutient la tête d'une main, de l'autre elle lui fait boire un peu d'eau de vie. Mais à ce moment même une balle autrichienne, une de ces folles perdues du champ de bataille, fracasse le petit doigt de la cantinière, brise son verre et atteint en pleine figure le malheureux chasseur qui expire entre les bras de l'héroïque Perrine. Souffrant beaucoup de sa blessure, s'éloignant à regrets du champ de bataille, elle se dirige vers l'ambulance pour se faire panser.
Chemin faisant, elle rencontre un tirailleur nommé Riche, qui avait les deux cuisses blessées d'un coup de feu. Blessée elle même, elle ne peut le soulever, mais elle se penche vers lui ; il entoure de ses deux bras le cou de cette femme courageuse qui le traine ainsi jusqu'à l'ambulance où l'on panse leurs blessures. Le lendemain, Mme Cros souffrant beaucoup rencontre le chirurgien des Cents Gardes qui examine son doigt et lui dit qu'il faut en faire l'amputation.
Eh bien, faites-la tout de suite, répondit Mme Cros en tendant la main. Et l'amputation se fit sans qu'elle pousse un seul cri. Les bagues qu'elle portait à l'annulaire ont préservé ce doigt qui eut été amputé comme l'autre sans cela. Ces bagues brisées par la balle ont été présentées à l'Empereur qui les a remplacées par la médaille militaire. (Richard, "La Garde")."   

 Elle est décorée de la médaille militaire le 25/6/1859, la légende, erronnée, indiquant que ce fut la première femme à reçevoir cette décoration.

Retirée à Millau, elle meurt le 18/3/1923 à 91 ans.

Photo Cremière et Hanfsteangl (Paris)

   

Les chefs de corps du bataillon des Chasseurs de la Garde

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